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L’Orphée de Gluck et de Vesselina Kasarova

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Christoph Willibald Gluck (1714-1787) : Orphée et Eurydice (Version française arrangée par Hector Berlioz). Mise en scène  : Nigel Lowery. Chorégraphie : Amir Hosseinpur. Costumes  : Nigel Lowery. Lumières : Pat Collins. Dramaturgie : Peter Heilker. Avec : Vesselina Kasarova, Orphée ; Rosemary Joshua, Eurydice ; Deborah York, L’Amour. Chœur et Orchestre de l’Opéra d’Etat de Munich, direction : Ivor Bolton. Réalisation : Felix Breisach. 1 DVD Farao Classics D 108 045, code barre 4 025438080451. Filmé à l’Opéra de Munich, en 2003. Sous-titrage en anglais, allemand, français, Japonais. 16/9, son PCM Stéréo, DTS 5. 0. Zone All. Notice trilingue (anglais-allemand-français). Durée : 104’

 

Voici l’édition DVD d’un spectacle munichois déjà chroniqué sur ResMusica lors du Festival de Munich 2005. Le présent DVD (dont les menus sont en allemand et anglais seulement) reprend la distribution initiale et néanmoins prestigieuse avec dans le rôle-titre, dont la prestation constitue, et de loin, l’intérêt majeur de cette édition.

Précisons que les Bavarois ont retenu la version française revue par Berlioz, et non la version originale en italien créée à Vienne ou celle française créée à Paris en 1774. Il y quelques différences significatives entre ces versions, dont la plus importante est la présence d’un assez long ballet ajouté à la fin de l’opéra, reprenant toute l’histoire qui vient de nous être contée. Aujourd’hui, on peut légitimement trouver très superflu cet ajout, qui dramatiquement n’apporte rien, mais il fut réalisé à l’époque pour l’Opéra de Paris et sa troupe de danseurs, alors aussi célèbres si ce n’est plus que les chanteurs de l’Opéra. La mise en scène va comme de coutume actualiser non le texte mais le contexte, les Nymphes et Pasteurs du premier chœur sont ainsi remplacés par des personnages en frac, tout comme Orphée, portant étuis ou instruments de musiques, comme s’ils étaient tous membres d’un orchestre symphonique moderne, accompagnant l’un des leurs dans sa douleur. Pourquoi pas, cela donne d’ailleurs une certaine sobriété à la mise en scène où un violon remplace la lyre d’Orphée (sauf dans le ballet récapitulatif final, qui reprend l’imagerie traditionnel du mythe, avec la fameuse lyre). On aurait quand même aimé trouver dans le livret la clé expliquant la symbolique de l’orchestre d’autant que les membres de ce même orchestre sont expédiés aux enfers au début de l’acte II, et qu’on ne peut alors s’empêcher de se demander ce qu’ils ont bien pu faire pour mériter un tel sort. On n’ose imaginer qu’il s’agit encore une fois d’un choix gratuit de mise en scène destiné à faire neuf, mais sa justification nous a échappés. Ce qui n’empêche pas la scène en question d’être plutôt spectaculaire et réussie, limite gore, mais ce n’est nullement déplacé au cœur des enfers. Notons que la question « mais pourquoi donc ? » nous a quelques autres fois traversé l’esprit, comme lors de la bien curieuse apparition d’un gros nounours blanc. Mais qu’en dehors de ces quelques points d’interrogation, nous ne pouvons que reprendre les qualificatifs « sobre et de bon goût » donnés à cette mise en scène dans la critique du spectacle de 2005.

Des quatre principaux protagonistes vocaux de cet opéra, les deux rôles-titres et l’Amour, tous trois chantés par des femmes, et un chœur très présent tout au long de l’ouvrage, nous placerons Orphée puis les chœurs au plus haut niveau de réussite. Bien sûr, chanter en français pour des Allemands n’est sans doute pas ce qu’il y a de plus facile, mais le Chœur de L’Opéra de Munich s’en est fort bien sorti, et pour l’aspect musical, ils sont plutôt bons. Évidemment l’attraction de cette représentation est la prestation de en Orphée, et même si, à quelques moments et avec la contre-aide de la caméra, elle ne peut s’empêcher d’une attitude empreinte de féminité, elle incarne un remarquable Orphée, assez poignant, très constant du début à la fin, dramatiquement crédible, triomphant dans les morceaux de bravoure du rôle (dont fin de l’acte I), mais sachant rester sensible quand il le faut. L’Eurydice de est plus classique, le chant est beau, mais l’incarnation manque peut-être d’un peu d’ambigüité. Quant à , son Amour est dramatiquement sans reproche, mais vocalement parfois en difficulté, avec la langue (ce qui est le plus ou moins cas de tous les protagonistes), mais aussi en intonation et tenue de souffle. Petite déception donc.

L’orchestre du Staatsoper était particulièrement en forme ce soir-là, et il valait mieux, car la musique de Gluck le réclame et la prise de son très proche des instrumentistes n’aurait pas pardonné l’approximatif. dirige assez vivement, mais un peu uniformément. Est-ce Gluck ou Haendel ? Parfois on hésite. L’ouverture du I pose d’emblée la question, qui restera en suspens jusqu’à la fin, avec une direction vigoureuse mais peu nuancée qui accrochera sans doute celui qui écoute cette musique pour la première fois, mais qui risque de laisser un peu sur sa faim celui qui attend un discours d’approfondissement à la variété expressive plus étendue.

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Christoph Willibald Gluck (1714-1787) : Orphée et Eurydice (Version française arrangée par Hector Berlioz). Mise en scène  : Nigel Lowery. Chorégraphie : Amir Hosseinpur. Costumes  : Nigel Lowery. Lumières : Pat Collins. Dramaturgie : Peter Heilker. Avec : Vesselina Kasarova, Orphée ; Rosemary Joshua, Eurydice ; Deborah York, L’Amour. Chœur et Orchestre de l’Opéra d’Etat de Munich, direction : Ivor Bolton. Réalisation : Felix Breisach. 1 DVD Farao Classics D 108 045, code barre 4 025438080451. Filmé à l’Opéra de Munich, en 2003. Sous-titrage en anglais, allemand, français, Japonais. 16/9, son PCM Stéréo, DTS 5. 0. Zone All. Notice trilingue (anglais-allemand-français). Durée : 104’

 
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