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L’Arpeggiata, Teatro d’amore… du bonheur à l’état pur !

Concerts, La Scène, Musique d'ensemble

Metz. Arsenal. 07-X-2009. Pièces vocales et instrumentales de Claudio Monteverdi (1567-1643), Barbara Strozzi (1619-1677), Giovanni Antonio Pandolfi Mealli (dates inconnues), Tarquinio Merula (1594 ou 1595-1665), Giovanni Legrenzi (1626-1690), Domenico Maria Melli (dates inconnues), Andrea Falconieri (1585 ou 1586-1656), Domenico Mazzochi (1592-1665), Luigi Pozzi (dates inconnues), Lorenzo Allegri (1567-1648). Avec : Nuria Rial, soprano ; Philippe Jaroussky, contre-ténor. L’Arpeggiata, direction : Christina Pluhar

Entièrement consacré à l’Italie de la première moitié du dix-septième siècle, la soirée offerte par l’ensemble , placé sous la direction de , aura enchanté le public par la vivacité et la diversité des pièces interprétées. Autant dans les rythmes dansés que dans les pièces plus mélancoliques (divin «Se dolce è il tormento» de Monterverdi), le public aura goûté la force littéralement envoutante d’une musique souvent extrêmement simple dans sa facture, mais fine et subtile dans la palette d’émotions et d’affects qu’elle parvient à susciter. Grâce à des interprètes tous talentueux, le moment de grâce aura duré tout le long d’un concert donné sans entracte.

Si on a pu, de par le passé, regretter dans le même programme quelques excès interprétatifs de l’ensemble et de sa directrice – le «Ohime, ch’io cado», dans sa version jazzy, est presque devenu un classique du genre… –, le parti pris de cette soirée, filmée par la chaîne Mezzo, privilégie la plus grande sobriété musicale. Et c’est sans doute tant mieux, car à un tel niveau d’accomplissement artistique, point n’est besoin de cultiver l’effet facile pour conquérir et séduire l’auditeur.

Même si tous les instrumentistes mériteraient d’être nommés, nous nous contenterons de mentionner la maîtresse d’œuvre , autant à l’aise au théorbe qu’à la harpe baroque, ainsi que Margit Überllacker et Doron Sherwin, qui font tous deux merveille au psaltérion et au cornet bouquin respectivement. Les timbres de et se marient idéalement et illuminent leurs duos, parmi lesquels le sublime «Pur ti miro» sur lequel se clôt Le Couronnement de Poppée. Jaroussky surclasse néanmoins quelque peu sa partenaire en virtuosité et en luminosité, et on reste bouche bée devant tant de maîtrise vocale et musicale. Qu’un chanteur encore si jeune ait pu atteindre un tel niveau d’excellence en une dizaine d’années de carrière tient véritablement du prodige…

Crédit photographique : Christina Pluhar © Marco Borggreve

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