La Scène, Opéra, Opéras

Lohengrin entre kitsch et trash

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Luxembourg. Grand-Théâtre. 11-XI-2009. Richard Wagner (1813-1883) : Lohengrin, opéra en trois actes sur un livret du compositeur. Mise en scène : Michael Sturm. Décors et costumes : Stefan Rieckhoff. Avec : Christof Fischesser, le roi Henri ; Peter Seiffert, Lohengrin ; Petra Maria Schnitzer, Elsa de Brabant ; Olafur Sigurdason, Friedrich de Telramund ; Michaela Schuster, Ortrud ; Stefan Röttig : le Hérault. Chœur du Staatstheater de la Sarre (chef de chœur : Jaume Miranda). Orchestre du théâtre d’État de la Sarre, direction : Constantin Trinks.

Le spectacle proposé au Grand-Théâtre de Luxembourg est la reprise d’une production venue de l’Opéra d’Etat de la Sarre, et déjà présentée à Sarrebruck lors de la précédente saison. On y retrouve donc l’intéressante mise en scène de Michael Sturm, laquelle se déploie dans un décor unique réduit à quelques accessoires. Ces derniers sont situés dans un espace clos délimité par trois murs recouverts d’un horrible papier peint délavé, à peine égayé par de redoutables appliques électriques sorties tout droit des années 1950. De cette vision sinistre et blafarde émergent quelques objets délicieusement kitch, à l’image de ces ailes de cygne (ou d’ange ?) disposées ici et là, et qui semblent évoquer un paradis perdu auquel certains personnages, comme la naïve Elsa, continuent de croire. On n’est pas prêt d’oublier ce ravissant nain de jardin et son arrosoir, tous deux intégralement peints en blanc, dérisoires cadeaux de mariage offerts au début du troisième acte à l’un des couples les plus improbables du théâtre lyrique…

La mise en scène, relativement habile, parvient néanmoins à rendre crédible, en grande partie grâce à de magnifiques éclairages, les mouvements de chacun des personnages – dont les motivations sont toujours clairement suggérées – et elle ne freine en rien la compréhension des différents sens de l’œuvre. Il est vrai également qu’elle est servie par quelques bons acteurs, comme par exemple le couple Ortrud/Telramund, particulièrement convaincant sur le plan scénique et dramatique.

Musicalement, le plateau est plutôt de bonne qualité et semble montrer un retour en force des voix wagnériennes, même si certains chanteurs compensent par la force et la puissance la pauvreté harmonique de leur voix. Tel est le cas par exemple de l’Ortrud de , vipérine à souhait et toujours remarquablement expressive – vocalement et scéniquement –, mais à l’instrument assez terne ; Ulafur Sigurdason a lui aussi quelques beaux moments en Telramund, mais sa prestation est moins subtile vocalement. Christof Fishesser, en roi Henri, est bien mieux chantant. Dans le rôle de la blonde Elsa, fait valoir une assez jolie voix, capable de jolies demi-teintes dans le médium mais frappée d’un vibrato assez appuyé pour une partie essentiellement lyrique, et plutôt avare en pianissimi dans l’aigu. Malgré un fâcheux accident en fin de parcours, est tout simplement extraordinaire en Lohengrin, auquel il donne puissance, subtilité et suavité. On rêve de l’entendre en Tristan, rôle qu’il interprète assez souvent depuis quelques années.

Particulièrement bien préparé, le chœur du théâtre de la Sarre rend tout à fait justice à cette magnifique partition, dirigée avec verve par . L’orchestre d’État de la Sarre, aux cuivres particulièrement brillants, a lui aussi fait grande impression.

Crédit photographique : © Björn Hickmann

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Luxembourg. Grand-Théâtre. 11-XI-2009. Richard Wagner (1813-1883) : Lohengrin, opéra en trois actes sur un livret du compositeur. Mise en scène : Michael Sturm. Décors et costumes : Stefan Rieckhoff. Avec : Christof Fischesser, le roi Henri ; Peter Seiffert, Lohengrin ; Petra Maria Schnitzer, Elsa de Brabant ; Olafur Sigurdason, Friedrich de Telramund ; Michaela Schuster, Ortrud ; Stefan Röttig : le Hérault. Chœur du Staatstheater de la Sarre (chef de chœur : Jaume Miranda). Orchestre du théâtre d’État de la Sarre, direction : Constantin Trinks.

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