Concerts, La Scène, Musique d'ensemble

Des Hongrois quelque peu frustrants

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Paris. Cité de la Musique. 19-XI-2009. Péter Eötvös (né en 1944) : Séquences du vent ; György Kurtág (né en 1926) : Quatre caprices op. 9 ; Márton Illés (né en 1975) : Torso III ; György Ligeti (1923-2006) : Concerto pour violon et orchestre. Natalia Zagorinskaya, soprano ; Diego Tosi, violon ; Ensemble intercontemporain, direction : Susanna Mälkki

Cycle Identités Hongroises

Quatre compositeurs hongrois contemporains, dont trois encore en vie, pour cette soirée à la Cité de la Musique, dans le cadre du cycle Identités Hongroises : deux œuvres pour ensemble, et deux pour ensemble et soliste. Le premier morceau présenté, Séquences du vent, de , ne met pas spécialement dans de bonnes conditions pour la suite du concert. En effet, la plus grande partie du morceau, constituée de longues notes tenues par les vents (durant souvent plusieurs secondes) accompagnées de coups hasardeux de percussions, eut un effet soporifique assez efficace. Apparemment, a pensé, en composant ce morceau, que quelques « trouvailles » originales – comme utiliser le souffle d’un hautboïste pour imiter le bruit du vent – suffiraient à lui donner consistance et crédibilité, et ce fut une grossière erreur : au final, cela donne une pièce à la fois erratique, prévisible et sans aucune structure. Un bel exemple, si tout du moins on en avait besoin, du fait qu’empiler des notes et des sons ne fait pas forcément de la musique. Après cette épreuve suivait une œuvre pour soprano et ensemble de , légère, inventive et amusante, qui changeait agréablement les idées. Malheureusement, la chanteuse, , tout en étant à l’aise et puissante dans les aigus, était assez peu audible dans les graves, ce qui posa quelques problèmes, car toute la tessiture de la soprano était utilisée, et souvent par de grands intervalles, à la façon de Berg.

En deuxième partie de concert, l’ nous proposait une pièce de . Le caractère très nerveux, presque épileptique, de la première partie de l’œuvre, comportant de courts systèmes (quelques notes) répétés à l’envi, n’était pas sans rappeler Varèse. Et soudainement, le caractère de la pièce change, la machine-orchestre se met à rouiller, et des silences s’installent, de plus en plus longs. Une grande maîtrise technique de ces silences de la part du compositeur, et une tension maintenue à son paroxysme jusqu’au bout par font de cette pièce une intéressante et belle réussite. Enfin, pour finir, le Concerto pour violon et orchestre du compositeur probablement le plus connu de la soirée, , dans lequel le très bon violoniste mit bien en valeur les passages réussis du morceau : le deuxième mouvement avec ses ocarinas désaccordés par rapport au reste de l’orchestre, amenant des sonorités étranges, ainsi que le fougueux troisième mouvement ; les trois autres mouvements suscitant un bien moindre intérêt.

Tout cela pour donner un concert qui eut un côté frustrant, car s’il arrive parfois d’assister à des interprétations médiocres de belle musique, il est plus rare de voir de très bons musiciens comme ceux de l’ ne pouvant mettre à profit leur talent du fait de compositions ne leur permettant pas toujours de s’exprimer pleinement.

Crédit photographique : © DR

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Paris. Cité de la Musique. 19-XI-2009. Péter Eötvös (né en 1944) : Séquences du vent ; György Kurtág (né en 1926) : Quatre caprices op. 9 ; Márton Illés (né en 1975) : Torso III ; György Ligeti (1923-2006) : Concerto pour violon et orchestre. Natalia Zagorinskaya, soprano ; Diego Tosi, violon ; Ensemble intercontemporain, direction : Susanna Mälkki

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