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Dijon, Auditorium, 10-XII-2009. Georg Friedrich Haendel (1685-1759) : The Messiah. Camilla Tilling, soprano, Matthew White, alto, John Tessier, ténor, Christopher Purves, basse. Orchestre et chœur du Concert d’Astrée, direction : Paul Agnew

Le Messie

Hallelujah ! Hallelujah ! Hallelujah ! Chaque partie du «tube» de l’Avent mérite bien ce cri de joie car, après une interprétation réussie de la Résurrection de Haendel la saison dernière, et les quatre solistes nous ont réservé cette fois des sensations musicales exaltantes. Il est vrai que l’œuvre choisie est toujours plébiscitée par le public, mais elle a tellement été exécutée par toutes sortes de groupes, amateurs ou professionnels, que sa connaissance par le spectateur rend celui-ci exigeant.

Privés de leur chef habituel, Emmanuelle Haïm, remplacée ce soir par , l’orchestre et le chœur ont réagi avec bonheur à la direction souple et maîtrisée de ce dernier. Ce chanteur domine de toute évidence la partition et imprime à chacune des trois parties le sens qui lui convient : douce exaltation pour la première, relatant l’annonce faite aux bergers et la naissance du Christ ; compassion dans la seconde, qui évoque la mort rédemptrice du Sauveur ; et confiance et apaisement dans la foi en la résurrection pour la partie finale.

Le chœur révèle tous ces aspects sentimentaux avec maestria, que cela soit pour exprimer la joie dansante dans le premier chœur And the Glory of the Lord ou même dans la douleur concentrée de Since by man came Death ; pour décrire des sortes de phylactères musicaux dans les vocalises de For unto us ou de His Yoke is easy, ou encore pour développer la fugue classique And with His Stripes. L’écriture ressort ainsi d’une façon limpide, et les vocalises sont nettes, comme si elles étaient exécutées par un seul. O ye Gates offre un bel exemple d’équilibre des pupitres aigus ; l’Amen final nous emmène enfin par vagues vers la clarté des derniers accords.

C’est un vrai plaisir d’écouter, mais aussi d’observer cet orchestre, car non seulement on peut lui accorder les mêmes compliments que ceux que l’on fait au chœur, mais on remarque un engagement plein de bonheur sur des visages radieux. Saluons la performance des musiciens qui assurent le continuo sans faillir de A à Z, mais aussi celle des deux trompettistes dont la sonorité mœlleuse va de pair avec une grande justesse.

Les quatre solistes sont remarquablement expressifs et rendent très vivant un texte qui est fort opportunément traduit sur le prompteur. était un ange lumineux dans la Résurrection ; dans Rejoice greatly, elle nous ravit par la clarté de ses vocalises et, par sa voix mozartienne, elle sait nous émouvoir dans How beautiful are the feet. Le canadien privilégie la diction ; avec simplicité il met en valeur son sens du phrasé dans le grand air He was despised, et il sait opposer dans le style même du chant la partie rapide et la partie lente. semble vivre littéralement ce qu’il interprète ; on le sent dès le premier air de la partition et il apporte une grande intensité dramatique au long passage qu’il interprète au milieu de la seconde partie. , qui joue le rôle guerrier que Haendel donne à la voix de basse dans cette œuvre, met en valeur les contrastes de Thus said the Lord of Hosts, et il dialogue avec aisance avec la trompette dans le grand air The Trumpet shall sound.

L’engagement de tous permet une lecture pleine de clarté du style concertant, qui privilégie un dialogue constant entre voix et instruments. Cet oratorio pourrait apparaître comme une mosaïque de pièces successives ; l’interprétation du Concert d’Astrée en souligne au contraire la grande cohérence et sait l’animer de bout en bout suivant un rythme toujours approprié.

Crédit photographique : © IMG artists

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Dijon, Auditorium, 10-XII-2009. Georg Friedrich Haendel (1685-1759) : The Messiah. Camilla Tilling, soprano, Matthew White, alto, John Tessier, ténor, Christopher Purves, basse. Orchestre et chœur du Concert d’Astrée, direction : Paul Agnew

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