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Paris. Palais Garnier. 12-II-2010. Gabriel Fauré (1845-1924) : Mandoline op. 58/1 ; En sourdine op. 58/2 ; Green op. 58/3 ; Notre amour op. 23/2 ; Fleur jetée op. 39/2 ; Spleen op. 51/3 ; Madrigal de Shylock op. 57/2 ; Aubade op. 6/1 ; Le papillon et la fleur op. 1/1. Maurice Ravel (1875-1937) : Histoires naturelles. Robert Schumann (1810-1856) : Dichterliebe op. 48. Simon Keenlyside, baryton ; Malcolm Martineau, piano

Wozzeck à Bastille en avril 2008 puis au TCE en septembre 2009, se livre assez régulièrement à l’exercice du récital avec piano comme en témoigne son dernier album chez Sony Classical. Doté d’une voix chaude et puissante, dont il use à merveille les diverses nuances, on le sent tout de même moins à l’aise qu’à l’opéra, un peu à l’étroit. Réfréner ses élans dramatiques, se résoudre à ne pas quitter le creux du piano semblent ainsi lui coûter beaucoup ; c’est que le récital n’est pas la scène, et une mélodie ou un lied ne sont pas des airs. Pourtant, il faut les animer, les incarner ; c’est sans doute là l’une des grandes difficultés de ces répertoires.

Le programme, lesté par les Histoires naturelles autant que les Dichterliebe, proposait d’abord une sélection de mélodies de Fauré, choisies parmi les plus justement connues ou les bluettes les plus inconsistantes, comme Le papillon et la fleur, curieuse œuvre juvénile sur un poème de Victor Hugo dont on se dit qu’il aurait pu tout aussi bien éviter de le composer. En comparaison, ces œuvres de Fauré semblent de bien peu de poids face aux monuments à venir. Il est donc heureux qu’elles aient ouvert le programme ; le contraire eut été cruel pour ce grand compositeur.

Que ce soit en français ou en allemand, la diction du baryton est parfaite, n’étaient certains passages des Fauré justement, légèrement mâchouillés. De ce point de vue, les Histoires naturelles sont un enjeu redoutable et se traduisent par une réussite incontestable : non seulement tout est audible, mais l’interprétation, tour à tour drôle, tendre et mélancolique, sert idéalement ce petit bijou d’humour et de grâce. Comme de juste, l’audience jubile, rit ou retient son souffle.

trouve un soutien de poids et de qualité en la personne de , excellent pianiste qui sait créer l’atmosphère propice au développement du chant, sans jamais le couvrir, ce qui convient à merveille dans les Fauré et les Schumann – moins bien dans les Ravel, la partie de piano accusant une autonomie telle que l’assujettir si complètement revient à la bâillonner. Le piano reprend des couleurs dans les postludes ménagés par Schumann, de très beaux moments de musique qui nous révèlent un peu plus la finesse du jeu de .

Un très beau concert, et le public ne s’y est pas trompé, ayant chaudement applaudi les interprètes. Ceux-ci ne se sont d’ailleurs pas trop fait prier pour donner en bis des Schubert et un Brahms moins connus, mais interprétés avec autant de fougue et de justesse que le reste du programme.

Chronique de ce même concert à Genève.

Crédit photographique : Simon Keenlyside © Uwe Arens

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Paris. Palais Garnier. 12-II-2010. Gabriel Fauré (1845-1924) : Mandoline op. 58/1 ; En sourdine op. 58/2 ; Green op. 58/3 ; Notre amour op. 23/2 ; Fleur jetée op. 39/2 ; Spleen op. 51/3 ; Madrigal de Shylock op. 57/2 ; Aubade op. 6/1 ; Le papillon et la fleur op. 1/1. Maurice Ravel (1875-1937) : Histoires naturelles. Robert Schumann (1810-1856) : Dichterliebe op. 48. Simon Keenlyside, baryton ; Malcolm Martineau, piano

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