Concerts, La Scène, Musique symphonique

Orchestre et piano : un beau mariage

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Dijon. Auditorium. 24-III-2010. Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : L’Enlèvement au sérail K. 384, ouverture ; Ludwig van Beethoven (1770-1827), Concerto pour piano n° 3 en ut mineur op. 37 ; Johannes Brahms (1833-1897), Sérénade n° 1 en ré majeur op. 11. Frédéric Vaysse-Knitter, piano. Orchestre Dijon Bourgogne, direction : Jean-François Verdier

Contrairement au concert de la veille où l’auditorium de Dijon accueillait Krystian Zimerman salle comble, le concert de l’ n’a pas fait déplacer les foules. Seul le parterre clairsemé était occupé. Et pourtant…

D’entrée de jeu, l’orchestre Dijon-Bourgogne présente une version dynamique et enlevée de l’ouverture de L’Enlèvement au Sérail sous la baguette énergique et précise de . L’atmosphère qui se dégage est réellement plaisante. Ensuite arrive le soliste de la soirée : le pianiste Frédéric Vaysse-Knitter, brillant disciple de Krystian Zimerman. Et ce, en même temps qu’une vingtaine de retardataires, les annonces du concert ayant prêté à confusion pour le lieu du spectacle. Une fois tout le monde installé, les premières notes beethovéniennes s’élèvent. Là encore, l’orchestre impose une atmosphère dynamique, même si l’on peut regretter quelques phrasés aux appuis un peu trop marqués et de manière systématique. L’ensemble est assez homogène malgré quelques départs légèrement décalés, des attaques peu précises dans certains débuts de phrases et un pupitre de cordes graves pas assez étoffé. Mais bon. Le pianiste, lui, affirme une fibre beethovénienne indéniable. L’articulation précise, la sensibilité avérée dans la conduite des phrases, la pensée de la macroforme, tout prêtait à séduire, même si l’équilibre avec l’orchestre n’était pas toujours respecté, le piano étant parfois un peu couvert. Mais l’ensemble sonnait et réussit à convaincre malgré ces petites imperfections. Le public conquis rappela le pianiste qui donna en bis la 1ère Ballade de Chopin, avec toujours ce toucher délicat et mesuré. On peut cependant regretter un peu trop de liberté et une connaissance à revoir du rubato chopinien qui donna parfois une impression un peu maniérée à cette pièce débordant de technicité et de sensibilité. L’aspect bel canto en revanche est parfaitement maîtrisé.

En seconde partie, la Sérénade n° 1 en ré majeur de Brahms séduit grâce à sa diversité d’atmosphères. L’orchestre se montre investi et répond aux demandes du chef. Là encore, l’ensemble sonne bien, même si l’on pouvait espérer une impression plus lyrique, avec des cordes à la sonorité plus ronde, un peu plus de pathos. Mais même si la version semble un peu sage, elle réussit tout de même à interpeler.

Pari réussi pour une soirée agréable, avec un pianiste et un orchestre très prometteurs…

Crédit photographique : © DR

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Dijon. Auditorium. 24-III-2010. Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : L’Enlèvement au sérail K. 384, ouverture ; Ludwig van Beethoven (1770-1827), Concerto pour piano n° 3 en ut mineur op. 37 ; Johannes Brahms (1833-1897), Sérénade n° 1 en ré majeur op. 11. Frédéric Vaysse-Knitter, piano. Orchestre Dijon Bourgogne, direction : Jean-François Verdier

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