Fin de partie

Concerts, La Scène, Musique symphonique

Avignon. Opéra-théâtre. 02-IV-2010. György Ligeti (1923-2006) : Ramifications pour orchestre à cordes ; Concerto pour violoncelle. Joseph Haydn (1732-1809) : Concerto pour violoncelle et orchestre n°1 en ut majeur Hob. VIIb : 1. Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Symphonie n°8 en fa majeur op. 93. Marc Coppey, violoncelle. Orchestre Lyrique de Région Avignon Provence, direction : Jonathan Schiffman

Orchestre d’Avignon-Provence

«Qu’un mi devienne un fa, chez Haydn ou Beethoven, cela n’a rien d’exceptionnel. Mais quand, chez Ligeti, le mi a été tenu, pianissimo, pendant plus de deux minutes puis se transforme peu à peu en fa, c’est un événement !».

a voulu, une fois de plus, faire découvrir au public, toujours plus nombreux, un compositeur du XXe siècle, compositeur auquel Stanley Kubrick, depuis 2001, l’Odyssée de l’espace, empruntait les œuvres pour ses films. De fait, ce concerto a permis d’apprécier, plutôt qu’une mélodie évidemment absente, toutes les couleurs de la musique, son expressivité, frôlant souvent le silence, ses images, sa dynamique, sa suggestivité, «comme un nuage qui s’étire et se transforme, devenant toujours autre», avait expliqué le chef, sur la scène comme dans la brève conférence qui avait précédé la soirée, démarche qu’il a instaurée il y a quelques mois avec le soutien de l’association Défense et rayonnement de l’Olrap.

Les Ramifications de Ligeti, en début de concert, avaient obtenu un succès d’estime pour la majorité de la salle, d’intérêt pour beaucoup, d’enthousiasme pour quelques-uns. , dans le concerto de Haydn et dans le concerto de Ligeti, tous deux bien différents mais également délicats, s’est révélé un très grand soliste, un archet léger et puissant, une sensibilité retenue, menant avec l’orchestre un dialogue riche et intense. La Symphonie n°8 de Beethoven a confirmé l’excellence de l’orchestre. Excellence aussi d’un chef qui s’est donné totalement, avec chaque fibre de son être.

Deux éléments auraient dû pourtant nous alerter : le concert avait commencé avec dix minutes de retard. Du jamais vu ! Et nous avions remarqué aussi, in petto, que avait une direction inhabituelle, plus intense, plus grandiose, comme dans une étreinte ultime, désespérée, avec la musique.

Le public applaudissait à tout rompre, clamait, pour certains, sa satisfaction. Sur scène, pas de bis, mais des saluts, répétés, par pupitres, puis tutti, puis solistes, puis re-pupitres, puis re-tutti. Et enfin, la nouvelle : le chef a annoncé, tenant un papier à la main, qu’il risquait d’être remercié. Stupeur et consternation, chez tous, musiciens et public. Fin de la représentation. Il n’y a plus rien à dire. Le rideau tombe.

Crédit photographique : Jonathan Schiffman © Guy Vivien

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