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Un Rigoletto ni bossu, ni grotesque à Montréal

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Montréal, Salle Wilfrid-Pelletier de La Place des Arts. 25-IX-2010. Giuseppe Verdi (1813-1901) : Rigoletto, mélodrame en 3 actes sur un livret de Francesco Maria Piave. Mise en scène : François Racine ; Décors et costumes : Carl Toms ; Éclairages : Anne-Catherine Simard-Deraspe ; Avec : Anthony Michaels-Moore, Rigoletto ; David Pomeroy, Duc de Mantoue ; Sarah Coburn, Gilda ; Ernesto Morillo, Sparafucile ; Lauren Segal, Maddalena ; Aidan Ferguson, Giovanna ; Alexandre Sylvestre, Comte Monterone ; Pierre Rancourt, Marullo ; Aaron Ferguson, Borsa ; Philip Kalmanovitch, Comte Ceprano ; Chantale Nurse, Comtesse Ceprano ; Isaiah Bell, Huissier ; Suzanne Rigden, Page. Chœur de l’Opéra de Montréal (chef de chœur : Claude Webster), Orchestre Métropolitain, direction : Tyrone Paterson

L’Opéra de Montréal ouvre sa 31ième saison sur une très bonne note. Il est vrai qu’en misant sur l’un des chefs-d’œuvre de Verdi, la Maison minimisait les risques d’un échec. D’autant plus que cette production de facture classique, n’a rien pour déplaire au public. Les décors et les costumes chatoyants de Carl Toms, nous ramènent à l’époque du drame, l’illustrent magistralement. Les éclairages d’Anne-Catherine Simard-Deraspe cisèlent chaque tableau de ses ombres et lumières et contribuent à mettre de l’avant, la mise en scène intelligente de François Racine. D’une lecture linéaire, la direction d’acteurs peut paraître convenue, mais le résultat est d’une redoutable efficacité. Une véritable réussite, presque parfaite, si ce n’est les faiblesses du ténor , qui a du mal à trouver ses marques au premier acte, souvent inégal, esquivant les passages difficiles, évitant les aigus, tout en donnant l’impression de les faire.

L’attention est portée sur le rôle-titre du baryton . D’une prestance époustouflante, sa voix sombre sied au personnage et son jeu, jamais trop appuyé donne de la profondeur à ce bouffon de cour, qui couve sa fille comme un avare cache son or. Ni bossu, ni grotesque, c’est la face cachée d’un père intransigeant que le metteur en scène a voulu mettre au premier plan. Un père surprotecteur, présageant de la pire catastrophe. En voulant se jouer du pouvoir, il se fait jouer par lui, veut se faire justice mais sa vengeance se retourne contre lui, le dépossède de ce qu’il a de plus cher. Rien n’est plus tragique que ce bouffon honni de tous. C’est une perspective nouvelle d’aborder le personnage sans tomber sous l’angle caricatural traditionnel de la bosse et du grotesque.

La soprano est une Gilda idéale, voix claire, avec des aigus percutants, ayant la beauté et le physique du personnage. Très crédible scéniquement, fragile dans sa ténacité de défier son père, elle en possède toutes les qualités requises. Idem pour la mezzo-soprano , une Maddelena racée, aux graves profonds, sensuelle mais sans jamais verser dans la vulgarité. Elle est très convaincante scéniquement, tout comme son frère et complice Sparafucile, la basse profonde Ernesto Murillo.

Le reste de la distribution est exemplaire, citons en Comte Monterone, , Marullo, , la servante Giovanna, Philip Kalmanovitch, en Comte Ceprano et enfin Chantale Nurse, la Comtesse Ceprano.

Les chœurs de l’Opéra de Montréal, sous la gouverne de sont excellents. On aurait pu s’attendre à plus d’acuité de la part de l’ de Montréal dirigé par la baguette bien routinière, de Tyrone Paterson.

Crédit photographique : (Rigoletto), (Gilda) © Yves Renaud

 

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Montréal, Salle Wilfrid-Pelletier de La Place des Arts. 25-IX-2010. Giuseppe Verdi (1813-1901) : Rigoletto, mélodrame en 3 actes sur un livret de Francesco Maria Piave. Mise en scène : François Racine ; Décors et costumes : Carl Toms ; Éclairages : Anne-Catherine Simard-Deraspe ; Avec : Anthony Michaels-Moore, Rigoletto ; David Pomeroy, Duc de Mantoue ; Sarah Coburn, Gilda ; Ernesto Morillo, Sparafucile ; Lauren Segal, Maddalena ; Aidan Ferguson, Giovanna ; Alexandre Sylvestre, Comte Monterone ; Pierre Rancourt, Marullo ; Aaron Ferguson, Borsa ; Philip Kalmanovitch, Comte Ceprano ; Chantale Nurse, Comtesse Ceprano ; Isaiah Bell, Huissier ; Suzanne Rigden, Page. Chœur de l’Opéra de Montréal (chef de chœur : Claude Webster), Orchestre Métropolitain, direction : Tyrone Paterson

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