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Le Palais : une fausse bonne idée ?

La Scène, Opéra, Opéras

Avignon. Palais des Papes, salle du Grand Tinel. 01-X-2010. Luigi Cherubini (1760-1842) : Grandes figures mythologiques : Clytemnestre, Circé, Médée ; Pimmalione.

Karine Deshayes, mezzo-soprano, Ludivine Gombert et Caroline Mutel, soprani, Nora Gubisch, mezzo-soprano.

Chœur de l’Opéra-Théâtre d’Avignon et des Pays de Vaucluse (chef de chœur : Aurore Marchand). Ensemble lnstrumental les Nouveaux Caractères, direction et pianoforte : Sébastien d’Hérin

Festival de Musique ancienne : Héros et héroïnes

Une fausse bonne idée que d’ouvrir le 11e Festival de Musique ancienne, et la saison musicale avignonnaise, par une soirée dans le Grand Tinel du Palais des Papes (le plus grand palais gothique d’Europe), immense salle à manger d’apparat pour la papauté d’il y a sept siècles ? On y avait déjà déploré, le 11 décembre 2009, une température glaciale et une acoustique déplorable, qui avaient empêché de goûter pleinement l’étourdissant Pavel Sporcl avec son violon bleu…

Même reproche pour cette soirée-ci (hors la température, très douce) : les volumes exceptionnels de la salle dispersent toujours le son, le font voler en éclats, et les artistes ont besoin d’apprivoiser le lieu pour mesurer avec justesse leur propre présence. Ainsi Caroline Mutel en ouverture a-t-elle dû moduler sa voix pour la «rassembler», la projeter avec précision vers le public : pari pleinement réussi, car la clarté et la souplesse du phrasé, le timbre assuré, la diction d’une élégante et naturelle précision, ont donné de Clytemnestre puis de la jeune Circé fille de Créon une interprétation très juste. a pour sa part habité tout l’espace par la puissance généreuse de sa voix, capable des émotions les plus fortes comme des inflexions les plus délicates. Ludivine Gombert, la «locale de l’étape», toute timide en apparence mais à la détermination souriante, ne démérite pas aux côtés de ces jeunes aînées ; sa voix s’assouplit peu à peu, s’arrondit de concert en récital, et se trouve désormais en bonne… voie pour aborder avec solidité un répertoire plus large. Il n’y a guère que qui se soit quelque peu démarquée de la sobriété de ses consœurs, en choisissant de forcer inutilement son jeu dramatique.

Si le chœur a parfois été un peu… puissant, compte tenu de la configuration particulière du lieu, les musiciens, eux, se sont totalement et immédiatement insérés dans l’écrin du Palais ; vigoureusement dirigé par , l’ensemble instrumental les Nouveaux Caractères, créé en 2003 par le couple d’Hérin-Mutel, donne à la musique baroque une grande classe et une fine sensibilité.

Crédit photographique: photo © Vincent Jacques

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