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Retour aux sources pour Christian Thielemann

Concerts, La Scène, Musique symphonique

Munich, Philharmonie. 17-X-2010. Gustav Mahler (1860-1911) : Symphonie n°8 en mi bémol majeur dite « des mille ». Ricarda Merbeth, Soprano I / Magna Peccatrix ; Manuela Uhl, Soprano II / Una pœnitentium ; Lioba Braun, Alto II / Mulier samaritana ; Birgit Remmert, Alto II / Maria Aegyptiaca ; Sibylla Rubens, Mater gloriosa ; Burckhard Fritz, Ténor / Doctor Marianus ; Roman Trekel, Baryton / Pater Ecstaticus ; Albert Dohmen, Basse / Pater Profundus ; Chœur philharmonique de Munich (chef de chœur : Andreas Herrmann) ; Wiener Singverein (chef de chœur : Johannes Prinz) ; Tölzer Knabenchor (chef de chœur : Gerhard Schmidt-Gaden, Ralf Ludewig) ; Orchestre Philharmonique de Munich ; direction : Christian Thielemann

Que d’anniversaires ! On savait que 2010 et 2011 marquaient les 150 ans de la naissance et les 100 ans de la mort de  ; les concerts de prestige où dirigeait sa Symphonie n°8 marquaient cependant aussi les 100 ans de la création de cette œuvre, par le même orchestre, mais pas dans le même lieu : l’immense salle qui l’a accueillie existe toujours à l’ouest du centre-ville de Munich, mais elle est occupée par les métros et trams historiques du Deutsches Museum. C’est donc finalement la salle habituelle de l’orchestre qui accueille l’effectif impressionnant de l’œuvre, et, il faut le dire, cette salle qui fête quant à elle ses vingt-cinq ans est le principal personnage du concert, avant même le chef ou les solistes. Située dans un vaste complexe culturel comparable au Barbican de Londres, elle a fait l’objet des critiques les plus acerbes dès son inauguration, et une œuvre aussi complexe que celle donnée ce soir rend les choses plus compliquées encore. À défaut de toujours les entendre, il suffisait de regarder les solistes pour lire sur leurs visages les efforts inhumains que cette salle leur impose, bien souvent en vain : la polyphonie chargée de la première partie se fond ainsi en un impressionnant bloc sonore où on peine à distinguer des détails.

Il est difficile, dans ces conditions, d’évaluer les prestations des autres protagonistes. a-t-il vraiment fait tout ce qui était possible pour contrebalancer ces problèmes acoustiques ? Dans les rares passages purement orchestraux de la partition, on retrouve le son dense, épais et sombre, mais en même temps très lié, qui le caractérise ; ce qui fait de lui un grand brucknérien est peut-être moins adapté chez Mahler, où le jeu des motifs justifierait un peu plus de souplesse. Surtout, une telle sonorité ne facilite pas le travail des solistes, ce qui est d’autant plus regrettable que la distribution est difficilement égalable : même la défection d’ ne parvient pas à décevoir quand sa remplaçante est , qui parvient dans la seconde partie à émouvoir avec la lumière de son timbre. La distribution masculine est cependant sans doute encore plus convaincante : si Burckhard Fritz doit lutter avec sa belle voix, Albrecht Dohmen et surtout parviennent à faire entendre dans l’océan mahlérien cet art du lied qui est toujours présent dans sa musique vocale.

Crédit photographique : Christian Thielemann © Münchner Philharmoniker

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