Mot-clef : Manuela Uhl

Le metteur en scène David Bösch, entre noirceur et lumière

Le metteur en scène David Bösch, entre noirceur et lumière

Depuis ses débuts à l'opéra en 2009, les mises en scène du jeune artiste allemand David Bösch sont souvent qualifiées de « déroutantes » ou « énigmatiques », mais elles sont surtout résolument modernes. Autour des œuvres de Korngold récemment présentées à l'Opéra des Flandres et au Semperoper de Dresde, le metteur en scène installe sa vision, entre noirceur et lumière. « Avoir la possibilité de traiter coup sur coup deux pièces d’un même compositeur est particulièrement intéressant. » ResMusica : ...
la ville morte

La Ville Morte mise en scène par David Bösch à Dresde

Après Le Miracle d’Héliane à l’Opéra des Flandres, David Bösch s’attaque au chef-d’œuvre lyrique de Korngold, La Ville Morte, au Semperoper de Dresde. Sa mise en scène moderne et littérale cherche à maintenir l'action entre réel et onirisme, tandis qu’en fosse le chef Dmitri Jurowski emmène la partition vers un vérisme puccinien, personnalisé sur scène par le ténor Burkhard Fritz et la soprano Manuela Uhl. D’une époque viennoise parmi les plus ...
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Luxembourg : inceste et abus sexuel avec la Salomé de Claus Guth

Si le parti-pris du metteur en scène allemand Claus Guth paraît manifeste, son spectacle n’en reste pas moins défaillant en termes de lisibilité. Brillante prestation orchestrale, en revanche, pour un plateau vocal encore perfectible. Coproduite avec le Deutsche Oper de Berlin, où elle fut donnée en janvier dernier, la mise en scène par Claus Guth de l’opéra de Strauss tente visiblement de développer, peut-être jusqu’à l’extrême, les thèmes de l’inceste et de ...
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Gustavo n’a toujours peur de rien

Gustavo Dudamel aime les défis spectaculaires. Il a ainsi initié et assuré, la saison dernière, une intégrale des Symphonies de Mahler, à la tête de ses deux orchestres  étasunien et vénézuélien.  Le clou du spectacle était inévitablement la Symphonie n°8 de Mahler. Associant, dans une avalanche de bons sentiments, la fougue des jeunes instrumentistes latinos, à la rigueur cool des musiciens du Los Angeles Phil, cette interprétation avait été diffusée, ...
Le Colonel Chabert, impardonnable oubli

Le Colonel Chabert, impardonnable oubli

Qui a vu le film Le Colonel Chabert de Yves Angelo avec un Gérard Depardieu bouleversant, un diabolique Fabrice Lucchini, une magnifique Fanny Ardant et un génial Claude Rich pouvait, dans l’aventure de ce colonel qu’on croyait mort et qui revient au pays pour retrouver son honneur perdu, y voir le parfait argument pour un opéra. Si le cinéma et le théâtre se sont emparés de ce tragique récit, le ...
Retour aux sources

Retour aux sources pour Christian Thielemann

Que d’anniversaires ! On savait que 2010 et 2011 marquaient les 150 ans de la naissance et les 100 ans de la mort de Gustav Mahler ; les concerts de prestige où Christian Thielemann dirigeait sa Symphonie n°8 marquaient cependant aussi les 100 ans de la création de cette œuvre, par le même orchestre, mais pas dans le même lieu : l’immense salle qui l’a accueillie existe toujours à l’ouest du centre-ville de ...
Un compositeur retrouvé

Hermann Wolfgang von Waltershausen, un compositeur retrouvé

Oberst Chabert Parfum d’inconnu au Deutsche Oper avec cet Oberst Chabert, opéra de 1912 signé d’un compositeur dont nous n’avions pas entendu une note, Hermann Wolfgang von Waltershausen. On savait que la respectable maison berlinoise avait connu jusque-là quelques déboires dans son cycle dédié aux raretés du répertoire. Cela explique sans doute l’abandon de la mise en scène (qui, à l’origine, devait être signée du réalisateur de cinéma canadien Atom Egoyan) ...
La folie des Atrides

Cassandra / Elektra, la folie des Atrides

Nous connaissons l’infortune de Vittorio Gnecchi, compositeur de Cassandra, tragédie lyrique créée à Bologne en 1905 sous la baguette d’Arturo Toscanini. Après qu’un musicologue italien eut souligné des rapprochements thématiques entre cet ouvrage et Elektra, créée quatre ans plus tard, la polémique s’engagea et Gnecchi se retrouva lui-même accusé de plagiat malgré l’antériorité de son opéra… De telles accusations ne sont plus de mise, mais il faut saluer l’initiative du ...
Le génie n’a pas germé dans Germania

Le génie n’a pas germé dans Germania

Festival de Radio-France et Montpellier 2007 Prenez une citation du Freischütz de Weber, beaucoup de morceaux de Wagner, une facilité mélodique digne de Puccini (le génie en moins), quelques sanglots véristes et une lointaine vocalité verdienne. Mélangez vigoureusement le tout avec un livret inepte où on chante l’amour pour la patrie la main sur le cœur, agrémenté d’une histoire de fesses qui finit (forcément) mal, vous obtiendrez Germania d’Alberto Franchetti. Une ...
Salomés en regard

Salomés en regard

Richard Strauss et Antoine Mariotte Deux Salomés aujourd’hui se regardent. Il y a un siècle, c’était leurs compositeurs : Richard Strauss voit d’un mauvais œil le jeune Antoine Mariotte, à qui il reproche d’avoir eu lui aussi quelque velléité de porter la pièce d’Oscar Wilde à l’opéra. Injustement oubliée, « sa » Salomé, que l’Opéra de Montpellier a donnée en version de concert dans le cadre du Festival de Radio-France en 2004 (lire la ...
Alfanothérapie de choc : Cyrano de Bergerac

Alfanothérapie de choc : Cyrano de Bergerac

Cyrano de Bergerac (1936) est indéniablement « supérieur » à Risurrezione, comme si le compositeur, à titre délibéré, s’était définitivement affranchi du courant vériste pour peaufiner son esthétique. A l’instar de Giordano lequel renouvelle radicalement son langage, achevant sa carrière lyrique en 1929 par le très déconcertant Il Re, il se révèle sensible aux innovations de l’École de Vienne. Chez Franco Alfano, le protagoniste principal est l’orchestre. Translucide, fascinant, immatériel, immergé souvent ...