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La Bohème à Charleroi, traditionnelle mais non sans intérêt

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Charleroi, Palais des Beaux Arts. 04-XII-2010. Giacomo Puccini (1858-1924) : La Bohème, opéra en quatre actes sur un livret de Luigi Illica et Giuseppe Giacosa. Mise en scène : Jean-Louis Pichon. Décors : Alexandre Heyraud. Costumes : Frédéric Pineau. Lumières : Michel Theuil. Avec Elena Monti, Mimi ; Laura Giordano, Musetta ; Arturo Chacón-Cruz, Rodolfo ; Mario Cassi, Marcello ; Federico Sacchi, Colline ; Laurent Kubla, Schaunard ; Jacques Calatyud, Benoit/Alcindoro ; Pietro Picone, Parpignol. Orchestre, Chœur et Maîtrise de l’Opera Royal de Wallonie(chefs de choeur : Marcel Seminara et Jean-Claude Van Rode), direction : Paolo Arrivabeni

La politique de programmation de nos maisons d’opéra peut parfois prêter à sourire… En effet, La Bohème n’a pas été jouée à Liège depuis 2002. Si on peut se féliciter qu’un théâtre de province ait su patienter huit années sans programmer la meilleure « assurance-remplissage » lyrique, les mélomanes cherchent encore en vain la pertinence dans la programmation de cette production lorsqu’on constate que l’opéra de Liège propose son spectacle un mois avant que le La Monnaie n’en propose également une nouvelle production. Le fait que la Monnaie ait également joué pour la dernière fois cet ouvrage en… 2002 constitue la chute de cette histoire forcément belge.

La coproduction qui nous occupe liait la maison liégeoise, l’opéra de Monte-Carlo actuellement dirigé par et l’opéra de Saint Etienne dont l’ancien directeur général signait la mise en scène de ce spectacle. Avec le décorateur Alexandre Heyraud, il a imaginé un décor unique situant l’ensemble de l’intrigue sur les toits de Paris. Assez statique, la mise en scène fonctionne néanmoins assez bien dans ce dispositif sobrement animé par les lumières de Michel Theuil.

On connaît les limitations artistiques dont souffre temporairement l’Opéra de Liège étant donné son déménagement sous chapiteau pendant la rénovation du Théâtre Royal. Sur ces faits, le spectateur peut accepter de se voir présenter un spectacle limité dans la mobilité d’éléments de décor par exemple, mais dans le cas présent, nous regrettons surtout l’économie de moyens exprimée dans l’exécution du décor et l’absence totale de fantaisie dont souffre l’acte II. La mise en évidence d’une silhouette de la Basilique du Sacré Cœur de Montmartre constitue ainsi le seul agrément visuel du second tableau auquel nous sommes contraints d’ajouter les costumes de aux couleurs criardes. De bien maigres efforts pour traduire la joie et l’ivresse du quartier latin… Fort heureusement, le metteur en scène a réalisé un travail efficace avec les chanteurs dont la qualité du jeu à su éclipser rapidement l’aridité du décor. Vocalement, le couple principal a emporté un large succès.  incarne un Rodolfo convaincant, à la voix chaude même si parfois quelque peu serrée. Sa partenaire compose une Mimi toute en retenue. Son timbre vocal est agréable mais la chanteuse manque parfois de puissance. Les rôles secondaires sont dominés par le Shaunard de Laurent Kubla et l’excellente Musetta interprétée par Laura Gioradano. Les chœurs livrent pour leur part une prestation honorable à l’exception d’une passagère désynchronisation avec l’orchestre dans le second tableau. La maîtrise est satisfaisante, difficile à rassembler dans la scène de la vente de jouets de Parpignol mais elle achève néanmoins l’acte avec brio. Enfin notre impression positive sur ce spectacle a été emportée par la qualité de l’orchestre dirigé par . Depuis sa nomination à la tête de l’orchestre en novembre 2007, le chef d’orchestre a en effet fait progresser son ensemble dont la précision à fait mouche sur l’ensemble de la soirée. Les cordes de l’orchestre sont galbées et généreuses, les bois véloces et précis. Si les cuivres peuvent encore gagner en clarté et impact, nous avons pris un réel plaisir à redécouvrir cet orchestre en dehors de sa passoire acoustique que constitue le chapiteau liégeois pompeusement baptisé Palais-Opéra…

Crédit photographique : © ORW

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Charleroi, Palais des Beaux Arts. 04-XII-2010. Giacomo Puccini (1858-1924) : La Bohème, opéra en quatre actes sur un livret de Luigi Illica et Giuseppe Giacosa. Mise en scène : Jean-Louis Pichon. Décors : Alexandre Heyraud. Costumes : Frédéric Pineau. Lumières : Michel Theuil. Avec Elena Monti, Mimi ; Laura Giordano, Musetta ; Arturo Chacón-Cruz, Rodolfo ; Mario Cassi, Marcello ; Federico Sacchi, Colline ; Laurent Kubla, Schaunard ; Jacques Calatyud, Benoit/Alcindoro ; Pietro Picone, Parpignol. Orchestre, Chœur et Maîtrise de l’Opera Royal de Wallonie(chefs de choeur : Marcel Seminara et Jean-Claude Van Rode), direction : Paolo Arrivabeni

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