Hänsel und Gretel, conte sans poésie à Berne

La Scène, Opéra, Opéras

Berne. Stadttheater. 04-XII-2010. Engelbert Humperdinck (1854-1921) Hänsel und Gretel, opéra en trois actes sur un livret d’Adelheid Wette. Mise en scène : Dale Duesing. Décors : Boris Kudlička. Costumes : Kaspar Glarner. Lumières : Karl Morawec. Avec Lien Haegeman, Hänsel ; Hélène Le Corre, Gretel ; Kristian Paul, Le Père ; Claudia Grundmann, Gertrud (la Mère) ; Fabrice Dalis, La Sorcière Grignotte ; Anett Rest, Le Marchand de sable ; Nina Jaksic, La Fée Rosée. Berner Symphonieorchester. Maîtrise de l’Ecole de Musique Köniz. Direction musicale : Dorian Keilhack

Avec Hänsel und Gretel, l’intrigue proposée par les frères Grimm est un conte. Et comme tous les contes, il cache sa poésie, ses mystères, ses rêves, ses peurs, ses angoisses. C’est ce que semble avoir oublié le metteur en scène américain Dale Duesing. Sa mise en scène se borne à raconter l’histoire en gommant toute la rêverie du conte. Si les premières scènes de la famille des enfants dans l’intérieur de l’appartement de leurs parents encadrent bien l’intrigue, dès que le rêve doit prendre le dessus, dès que le conte s’enflamme, les scènes de Dale Duesing perdent de leur intensité. Ainsi lorsque les deux enfants s’endorment dans la nuit profonde de la forêt, les anges chargés de les garder sont des écoliers qui se limitent à rester en rond autour des héros tout en mangeant des «têtes de choco». C’est alors l’étrange sensation de s’ennuyer. On ne rêve pas. On n’a pas peur. L’enchantement du conte n’est pas au rendez-vous.

Sur le plateau, même si la soprano (Gretel) surjoue ses scènes, plus excitée qu’enfantine, elle est vocalement à l’aise même si le registre grave de sa voix tend à s’effacer. Pour ses débuts sur la scène bernoise, la mezzo Lien Haegeman (Hänsel) surprend agréablement tant vocalement que théâtralement. Sans jamais forcer le trait, elle campe son personnage avec une belle présence. Sans être une grande voix, elle est naturelle, homogène, colorée sans effets exagérés. Une simplicité vocale rare. Un possible cadeau d’une des master classes suivies avec  ? Si (Le Père) affiche une belle autorité vocale, Claudia Grundmann (Gertrud, la Mère) souffre d’une désagréable ampleur du vibrato apportant des stridences du registre aigu. Si les autres protagonistes féminines sont assez pâles, la prestation du ténor maison est à souligner. Non tant vocalement, car il ne possède malheureusement plus son instrument, mais théâtralement. Dans des habits de ménagère, il compose le personnage de la sorcière avec un talent de comédien mettant un peu de la fantaisie qui manque terriblement à cette production.

La véritable poésie de l’œuvre vient de la fosse où le chef dirige un tout miel et tout lyrique dans une musique qu’il façonne de maintes et maintes nuances.

Crédit photographique : (La Sorcière), (Gretel) © Annette Boutellier

Banniere-ClefsResmu-ok

Mots-clefs de cet article
Reproduire cet article : Vous avez aimé cet article ? N’hésitez pas à le faire savoir sur votre site, votre blog, etc. ! Le site de ResMusica est protégé par la propriété intellectuelle, mais vous pouvez reproduire de courtes citations de cet article, à condition de faire un lien vers cette page. Pour toute demande de reproduction du texte, écrivez-nous en citant la source que vous voulez reproduire ainsi que le site sur lequel il sera éventuellement autorisé à être reproduit.