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Casse-Noisette, un conte comme un autre

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Baden-Baden. Festspielhaus. 26-XII-2010 (matinée/soirée). Piotr Illitch Tchaïkovski (1840-1893) : Casse-Noisette, ballet en trois actes. Chorégraphie : Wassili Wainonen. Décors et costumes : Simon Virsaladze. Avec (matinée/ soirée) : Alina Somova/ Olesya Novikova, Mascha ; Denis Matvienko/ Leonid Sarafanov, le Prince ; Yuri Smekalov, Drosselmeier ; et le Corps de Ballet du Théâtre Mariinsky de Saint-Pétersbourg. Orchestre du Théâtre Mariinsky de Saint-Pétersbourg, direction : Alexei Repnikov.

Il faut inévitablement un Casse-Noisette pour Noël… Mais quelle version retenir? Quand il subsiste des embryons de chorégraphie de Petipa, comme pour le Lac, ou la Bayadère, il y a un consensus autour des ballets. En revanche, pour ce ballet que l’on a trop vite fait de mettre dans la hotte du Père Noël, le conservatisme s’oppose au néo-réalisme. Le Mariinsky reprend donc pour la ville balnéaire de Baden-Baden la version de 1934, chorégraphié par Wainonen. Le découpage en revanche est sensiblement le même que dans la majeure partie des autres versions. Il reste juste à s’accorder pour le rôle de Mascha (est-elle aussi la princesse, également la fée qui danse la si célèbre variation du dernier acte?). Ceci posé, il restera surtout dans l’esprit que le conte reste un prétexte aux tableaux oniriques où la fantasmagorie discute avec le désir. Terreur et effroi du sapin qui grandit, prêt à avaler la petite Mascha, magique rencontre avec le salvateur prince, réassurance du monde chaud et sucré des parents et de la nourrice, les ingrédients pour se laisser prendre quand on n’est plus enfant restent intacts et opèrent malgré tout leur captivante attraction. On se plaît à se laisser absorber par une histoire tendre et mielleuse, et la critique devient plus difficile. Mlle Somova, d’un intérêt toujours très relatif, a pour elle l’heur d’un visage poupin. On lui préfère la subtile et discrète lumière de Mlle Novikova. D’une grande douceur, sa danse est d’un grand respect de la tradition, avec une capacité à l’émerveillement réservé et franc. La figure du Prince est toute trouvée avec un à l’écoute de sa tendre Princesse, mais le partenariat est en revanche plus difficile, et de nombreux risques de chute sont évités de justesse. Denis Matvienko est d’une justesse technique à toute épreuve, mais en revanche, il est plutôt desservi en étant apparié avec Mlle Somova, n’en ayant ni la taille ni la niaiserie.

La valse des flocons est desservie par un corps de ballet très juste, qui trouve un épanouissement dans les sauts (une série de grands jetés notamment où toutes les danseuses volent dans les airs au même instant), et également dans des bras mœlleux. Les danses de caractère sont marquées par un Islom Baimuradov dans la danse chinoise qui possède une petite batterie étincelante. De même, la poupée mécanique du premier acte, la virtuose Yulia Kasenkova, et le Maure Alexei Timofeyev n’appellent aucune réserve.

Tout comme pour la Belle au Bois Dormant, les costumes sont plutôt simples, monochromes et par trop uniformes. Clinquants parfois ( le platine du Menuet, le lamé de la danse des parents), informes (les grands parents ont des costumes plutôt dépareillés), ils ne sont pas évidemment le sujet du ballet, mais n’ils n’invitent pas à la rêverie. Mais c’est par ce rappel que la danse est avant tout une présence des danseurs sur le plateau, au-delà même de la conjonction de pas répétés ou variés, que l’esprit s’accorde, le temps de la narration d’un conte de Noël, une évasion salutaire.

Crédits photographiques : © Festspielhaus Baden-Baden et V. Baranovsky

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Baden-Baden. Festspielhaus. 26-XII-2010 (matinée/soirée). Piotr Illitch Tchaïkovski (1840-1893) : Casse-Noisette, ballet en trois actes. Chorégraphie : Wassili Wainonen. Décors et costumes : Simon Virsaladze. Avec (matinée/ soirée) : Alina Somova/ Olesya Novikova, Mascha ; Denis Matvienko/ Leonid Sarafanov, le Prince ; Yuri Smekalov, Drosselmeier ; et le Corps de Ballet du Théâtre Mariinsky de Saint-Pétersbourg. Orchestre du Théâtre Mariinsky de Saint-Pétersbourg, direction : Alexei Repnikov.

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