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Dijon, Auditorium, 22-I-2011. Régis Campo (né en 1968)  : Lumen II pour deux hautbois, deux cors et cordes, dédié à Nicolas Campogrande. Frank Martin (1890-1974) : Concerto pour violon et orchestre. Gustav Mahler (1860-1911) : Kindertotenlieder. Franz Schubert (1797-1828)  : Symphonie n°5 en si bémol majeur D. 485. Régis Pasquier, violon ; Clémentine Margaine, mezzo-soprano. Orchestre Dijon Bourgogne ; direction musicale : Pascal Verrot

Cette soirée offre suffisamment d’émotions contrastées pour que n’importe quel auditeur y trouve son miel. L’orchestre Dijon-Bourgogne, sous la baguette efficace de son directeur musical , s’adapte d’ailleurs fort bien aux climats que demandent ces partitions de styles et d’époques si divers.

Lumen II est une œuvre sans prétention qui utilise avec habileté les possibilités des cordes dans l’aigu pour évoquer le titre : on pense alors à des pages de Ligeti ou de Penderecki. sait aussi doser avec justesse les «relances d’intérêt» qu’offrent les surgissements des graves : bref cette pièce courte dédiée à Nicolas Campogrande, le quasi-homologue du compositeur, est une bonne mise en bouche pour la suite.

Le Concerto pour violon de Franck Martin présente toutes les caractéristiques du concerto d’école en trois mouvements : le premier avec sa cadence qui accumule les périls pour l’interprète, le second avec son lyrisme de rigueur, et le troisième avec sa virtuosité endiablée. Il y a bien sûr des moments prenants dans cette œuvre qui semble un peu longue, mais tout le métier de ne réussit pas à nous faire entrer dans le monde habituellement foisonnant du compositeur.

Après l’entracte la lumière disparait, et place aux ombres mortifères : la partition somptueuse de Mahler déploie ses charmes vénéneux, auxquels nous succombons sans retenue. La jeune mezzo prometteuse , dans sa robe bleu nuit que rehausse sa chevelure à la Gustav Klimt, nous guide dans le monde sombre de la complaisance dans la mort. Sa voix au timbre chaleureux sait trouver le legato nécessaire pour amplifier le sens du texte de Rückert, et ses graves puissants accentuent la sombre beauté de la partition. Les nombreux soli fort réussis des vents dialoguent avec beaucoup de naturel avec cette jeune diva.

La symphonie si mozartienne de Schubert ramène le sentiment de la grâce en première ligne et nous fait oublier les ombres de la mort. Là, l’orchestre Dijon-Bourgogne peut montrer toute l’efficacité du travail effectué par son chef attitré : l’équilibre sonore entre les pupitres est acquis, l’écriture est mise en valeur avec légèreté, la vivacité est au rendez-vous, et le charme de l’évidence opère.

Si ce concert si varié nous paraît finalement bien équilibré, c’est parce qu’il est construit comme une symphonie classique ; le premier et le quatrième morceau sont écrits dans un esprit dynamique, le concerto de violon en serait le scherzo et les Kindertotenlieder formeraient l’andante à la manière d’un quintette de Schubert.

Crédit photographique : © Fred Boucher & Gérard Perron

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Dijon, Auditorium, 22-I-2011. Régis Campo (né en 1968)  : Lumen II pour deux hautbois, deux cors et cordes, dédié à Nicolas Campogrande. Frank Martin (1890-1974) : Concerto pour violon et orchestre. Gustav Mahler (1860-1911) : Kindertotenlieder. Franz Schubert (1797-1828)  : Symphonie n°5 en si bémol majeur D. 485. Régis Pasquier, violon ; Clémentine Margaine, mezzo-soprano. Orchestre Dijon Bourgogne ; direction musicale : Pascal Verrot

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