Françoise Lasserre s’essaie à la Passion selon Saint-Matthieu

Concerts, La Scène, Musique d'ensemble

Lyon. Chapelle de La Trinité. 2-IV-2011. Jan Kobow, ténor ; Christian Immler, basse ; Céline Scheen, soprano ; Cécile Kempenaers, soprano ; Damien Guillon, alto ; Paulin Bündgen, alto ; Emiliano Gonzalez Toro, ténor ; Johannes Weiss, ténor ; Benoît Arnould, basse ; Philippe Roche, basse. Akadêmia ; direction : Françoise Lasserre.

XXVIIIe Festival de Musique Baroque de Lyon

Créée en 1729 mais plusieurs fois remaniée jusqu’aux alentours de 1740, la Passion selon Saint-Matthieu fait partie des grands monuments de la musique sacrée, voire de la musique tout court. Elle est chantée pratiquement de bout en bout et ses 2800 mesures permettent aux huit solistes et aux deux chœurs, accompagnés par un double orchestre, d’offrir leurs talents au public, toujours nombreux pour écouter ce chef d’œuvre de Bach.

Ce fut encore le cas lors du concert donné à Lyon par l’ensemble dirigé par .

Les dialogues du triple chœur d’entrée sont vivants et la pulsation est dynamique. La première intervention de , l’évangéliste, est un peu légère. Heureusement, Jésus – – répond magnifiquement, d’une voix au timbre parfait. Le premier récitatif de l’alto, fait de compassion et de larmes, met en valeur la sensibilité et l’expressivité de . Et le dialogue évangéliste – Jésus se poursuit. a, toujours, du mal à passer la rampe (vocale…). Après le récitatif «Wiewohl mein Herz» joliment chanté par la soprano , les deux chœurs excellent dans l’aria «So ist mein Jesus nun gefangen».

La seconde partie permet au public d’apprécier les interventions des autres solistes : la basse (lyonnaise) dans l’aria «Gebt mir meinen Jesum wiede» ; le Pilate chanté par puis dans l’aria «Komm, süßes Kreuz, so will ich sagen» accompagné au luth ; le beau et déchirant récitatif «Erbarm’es Gott !» de . Le chœur final «Wir setzen uns mit Tränen nieder», chanté un peu trop fort, manque de sensibilité. Le texte «repose en paix» suggérerait plutôt sérénité, intériorité et recueillement.

Akademia grandit d’année en année. Ses interprétations, au disque et en concert, de Schütz, Monteverdi et autres compositeurs du XVIIe siècle, sont et ont été remarquées et appréciées. Bach, c’est autre chose. Et la «patte» de n’est pas encore marquée sur ce répertoire. Quant à Jan Kobow, c’est LA déception : peu de puissance, des erreurs, peu de musicalité… Méforme, fatigue passagère ?… Le rôle de l’évangéliste est tellement important, emblématique, qu’il ne souffre pas de faiblesses. Quant on a entendu et vu Kurt Equiluz, la comparaison est rude pour les plus jeunes !

Reste, cependant un concert intéressant, avec de bons «seconds rôles», des chœurs et orchestres de qualité et une (petite) originalité : ce luth accompagnant la basse .

Crédit photographique : © F. V. – Les Grands Concerts

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