Festival Mozart à Paris : un Enlèvement au sérail mitigé

Festivals, La Scène, Opéra

Paris. Théâtre des Champs-Élysées. 20-VI-2011. Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Die Entführung aus dem Serail Singspiel en trois actes sur un livret de Gottlieb Stephanie Jr. d’après Bretzner. Version de concert. Eva Mei, Konstanze ; Wesley Rogers, Belmonte ; Kurt Rydl, Osmin ; François Piolino, Pedrillo ; Hendrickje Van Kerckhove, Blonde ; Chorus Musicus Köln ; Das Neue Orchester, direction : Christoph Spering.

Les occasions d’écouter à Paris ces dernières années L’Enlèvement au sérail étant des plus rares, on se réjouissait de la programmation du Singspiel de Mozart (1782, Vienne) par le Théâtre des Champs-Élysées, fut-ce-t-il en version de concert. Cet opéra s’inscrivait dans le cadre d’un Festival Mozart, proposé par la salle parisienne au mois du juin (sous la direction artistique de ), et qui est amené à se reproduire dans les saisons futures. Malheureusement, le concert ne fut pas à la hauteur des espérances. La faute en revient notamment au choix de présenter l’œuvre, certes surtitrée en français, mais sans les dialogues parlés : exit donc le personnage du pacha Selim, et la continuité, le sens de la dramaturgie. L’opéra se résume, excepté quelques rares interventions parlées (en français, en anglais ou en allemand…), à une succession d’airs, duos, ensembles, comme on enfile un collier de perles.

À la tête de son ensemble , ici une bonne trentaine de musiciens, , dans des tempos allants, assure plus qu’il n’enchante. La formation pêche par manque de précision, de finesse, les cordes ayant par ailleurs souvent une sonorité bien aigre, sèche. Du côté de la distribution vocale, le vétéran campe un Osmin très crédible scéniquement, mais il déçoit vocalement en particulier du fait d’un vibrato à couper au couteau. Le ténor Wesley Rogers tient le rôle Belmonte avec beaucoup d’autorité mais le sens du phrasé, la musicalité est encore perfectible. Konstanze était quant à elle tenue par , un rôle qu’elle a chanté sur toutes les scènes lyriques depuis ses débuts à l’Opéra de Vienne en 1990. Malgré un timbre pas des plus séduisants, une prononciation allemande laissant à désirer, elle reste impressionnante de facilité, y compris de le périlleux « Martern  aller Arten ». Le couple comique de domestiques, Pedrillo et Blonde, interprété respectivement par et la charmante  , fonctionne relativement bien, malgré la modestie des voix.

À l’issue de ce concert, on espère ne pas devoir patienter des années pour réentendre cette fameuse œuvre de Mozart sur une grande scène parisienne, et pourquoi pas dans une version scénique ? (pour rappel, la dernière production à l’Opéra de Paris remonte à 1984…).

Crédit photographique : © DR

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