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Verbier. Eglise. 16-VII-2011. Leoš Janáček : (1854-1928) : Dans les brumes ; Franz Schubert (1797-1828) : Sonate pour piano n°18 en Sol majeur, D 894 ; Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Sonate pour piano n°32 en ut mineur, Op.111. Lars Vogt, piano. Heitor Villa-Lobos (1887-1959) : Impressions de sérénades, La Petite boîte à musique cassée, Valse de la douleur ; Enrique Granados (1867-1916) : Goyescas, suite pour piano. Jorge Luis Prats, piano. 17-VII-2011. Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Quatuor pour hautbois en Fa majeur K 370, Trois airs arrangés pour violon et hautbois ; Camille Saint-Saëns (1835-1921) : Sonate n°1 pour violon et piano en ré mineur, Op.75. Lisa Batiashvili, violon ; Lawrence Power, alto ; Maximilian Hornung, violoncelle ; François Leleux, hautbois ; Julien Quentin, piano. 18-VII-2011. Giuseppe Tartini (1692-1770) : Sonate pour violon et piano en sol mineur « Sonate des trilles du diable » ; César Franck (1822-1890) : Sonate pour violon et piano en La majeur. Ray Chen, violon ; Julien Quentin, piano.

Le c’est également une profusion de récitals par des stars et des jeunes pousses prometteuses.

Il revenait au pianiste allemand d’inaugurer la série des concerts matinaux. Intellectuel brillant et musicien cultivé, Vogt place d’emblée la barre très haut avec une lecture éthérée du cycle Dans les Brumes de : son piano évocateur mais aussi vaporeux glisse sur ces pièces dont la beauté intrigante ne cesse de fasciner. La suite du récital fut malheureusement inférieure à nos attentes. Dans la Sonate n°18 de Schubert et dans l’intimidante Sonate opus 111 de Beethoven, on reste admiratif de la maitrise intellectuelle et stylistique du musicien, de sa rigueur de construction, mais il manque le petit  plus et l’ivresse des sommets pour nous transporter.

Pas de déception mais un enchantement total avec l’heure de musique concoctée par à travers des œuvres de Villa-Lobos et Granados. Révélation tardive après des années de cantonnement sur son île de Cuba, Prats possède assurément l’art des plus grands. La hauteur de l’inspiration, les variations des couleurs et du toucher font de ces pièces des grands moments de musique. Fuyant une évocation de carte postale ou un folklore de pacotille, l’artiste révèle des drames intimes cachés derrière chaque note. Cette vision culmine dans des Goyescas de Granados, traitées en saynètes intimes et tragiques, mais avec la classe latine et l’élégance du toucher. Le public ne se trompe pas et acclame ce géant du piano, qui récompense l’audience de quelques bis latinos dont les Six danses cubaines d’Ignacio Cervantès  et une Mazurka d’Ernesto Lecuona.

Le lendemain, une équipe de fidèles du festival montait sur scène pour un concert de musique de chambre. En ouverture, , Lawrence Power, Maximilian Hornung et s’attaquaient au Quatuor pour hautbois et cordes de Mozart. Bien évidemment, c’est , le « Dieu » actuel du hautbois qui se met en valeur. En dépit de l’humidité ambiante (la hantise des hautboïstes), il parvient à tirer de son instrument les plus élégants phrasés et les plus infimes nuances. Le commentateur sera plus réservé sur l’arrangement de trois airs de la Flûte enchantée de Mozart pour violon et hautbois, exercice un peu vain et déséquilibré (la partie de hautbois tire la couverture à elle au détriment du violon, limité à un rôle de faire-valoir). La violoniste, rejointe, par le pianiste , revenait sur scène pour la superbe Sonate pour violon n°1 de Camille Saint-Saens. On ne dira jamais assez à quel point Lisa Batiashvilli est une musicienne exceptionnelle dotée d’un son d’une finesse et d’une beauté plastique dont on peine à trouver des équivalents chez ses condisciples. Sa lecture de cette pièce est un sans-faute stylistique et elle livre une prestation techniquement impeccable et exemplaire. Peut -être intimidé par une telle partenaire scénique, le pianiste , fait bonne figure mais reste un peu en retrait.

Lauréat du concours Reine Elisabeth de Belgique, session de violon 2009, le jeune Ray Chen, amorce une belle carrière. Loin du jeune virtuose froid et mécanique, genre « bête à concours », le jeune homme témoigne déjà d’une sensibilité de bon aloi. Il peut aussi s’appuyer sur une technique infaillible et une sonorité phonogénique qui « casse la baraque ». Si sa Sonate des trilles du diable de Tartini est bien cernée, c’est avec une lecture engagée et sublime de la Sonate de Franck qu’il emporte l’adhésion du public. Le jeune artiste trouve d’emblée le ton juste, en tirant la partition vers une esthétique claire et limpide qui tourne le dos au romantisme. On est déjà presque chez Debussy et Ravel, monde suggéré par l’infatigable Julien Quentin, plus à son aise que la veille. Âgé seulement de 22 ans, Ray Chen, qui prend tout de même des risques juvéniles dans ses tempi assez rapides, semble sans limites techniques et offre une grande variété de couleurs. Il s’impose naturellement comme un des noms à suivre.

Crédits photographiques : Prats © Aline Paley; Batiashvili et Quentin © Nicolas Brodard; Chen © Aline Paley

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Verbier. Eglise. 16-VII-2011. Leoš Janáček : (1854-1928) : Dans les brumes ; Franz Schubert (1797-1828) : Sonate pour piano n°18 en Sol majeur, D 894 ; Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Sonate pour piano n°32 en ut mineur, Op.111. Lars Vogt, piano. Heitor Villa-Lobos (1887-1959) : Impressions de sérénades, La Petite boîte à musique cassée, Valse de la douleur ; Enrique Granados (1867-1916) : Goyescas, suite pour piano. Jorge Luis Prats, piano. 17-VII-2011. Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Quatuor pour hautbois en Fa majeur K 370, Trois airs arrangés pour violon et hautbois ; Camille Saint-Saëns (1835-1921) : Sonate n°1 pour violon et piano en ré mineur, Op.75. Lisa Batiashvili, violon ; Lawrence Power, alto ; Maximilian Hornung, violoncelle ; François Leleux, hautbois ; Julien Quentin, piano. 18-VII-2011. Giuseppe Tartini (1692-1770) : Sonate pour violon et piano en sol mineur « Sonate des trilles du diable » ; César Franck (1822-1890) : Sonate pour violon et piano en La majeur. Ray Chen, violon ; Julien Quentin, piano.

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