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Montreux. Auditorium Stravinski. 15-09-2011. Sergeï Prokofiev (1891-1953) :
Symphonie No. 1 en ré majeur, op. 25 « Classical ». Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Concerto pour piano et orchestre No. 20 en ré mineur KV 466. Sergueï Rachmaninov (1873-1943) : Symphonie No. 2 en mi mineur op. 27. David Fray (piano). Royal Philharmonic Orchestra, direction : Jonathan Darlington

Salle quasiment comble pour le second des quatre concerts du de Londres en résidence au festival du Septembre Musical. Avec à sa tête, le bouillonnant et charismatique   arrive sur scène au pas de course, mettant d’emblée un parfum de sympathie sur le concert de cette soirée.

Avec la Symphonie No. 1 de Prokofiev, en favorise l’aspect ludique et enjoué. Incitant le découpage des pupitres, il livre des contrastes musicaux intéressants sans toutefois entrer dans l’esprit folklorique russe. On entre plus dans un « remake » de Pierre et le Loup que dans une réelle symphonie. Reste que l’orchestre prend un plaisir évident à jouer cette musique ne ménageant pas la légèreté de leurs interventions. Dans un auditorium dont l’acoustique a été sensiblement améliorée, plus d’échos intempestifs, plus de sections de bois inaudibles, l’auditoire perçoit enfin la qualité des plans musicaux de l’orchestre. Avec une excellente note pour les violoncelles et les bois, alors qu’on aurait aimé des violons un peu plus incisifs et précis.

Auréolé d’une déjà fameuse réputation, se taillant un succès phénoménal à chacun de ses concerts, la venue du jeune pianiste était très attendue. Après avoir brillamment enregistré la musique de Bach, avait récemment sorti un album des concertos Nos. 22 et 25 de Mozart. Pour son concert montreusien, il s’attaque à un autre monument concertant de Mozart avec le fameux Concerto pour piano et orchestre No. 20 KV 466, l’un des plus populaire du catalogue mozartien. Après les premières mesures orchestrales, que Jonathan Darlington imprime d’une gravité profonde et insolite (on croit entendre l’ouverture de Don Giovanni), les premières notes de frappent par la clarté du discours pianistique. Le climat semble mener l’auditoire vers une interprétation très différente de celles qu’on entend habituellement. Malheureusement, dès que le soliste se mêle à l’orchestre, l’articulation devient moins clairement perceptible. A l’évidence, manque de la puissance nécessaire à imposer son piano à l’orchestre. Sa main gauche disparaît dans la masse orchestrale. Quand il attaque la sublime Romance, on retrouve brièvement la délicatesse du toucher du pianiste français. Mais là encore, si la musique est belle, peut-être parce entonné sur un tempo un peu
trop rapide, l’émotion de la cantilène mozartienne n’est pas au rendez-vous. Au dernier mouvement, on se retrouve dans les mêmes problèmes de volume de son du piano qu’au début de l’interprétation. Si David Fray a toutes les armes pianistiques pour exprimer la légèreté chez Mozart, il n’a pas la force physique qui lui permettrait d’offrir un piano dominant.

Pourtant, l’image scénique de David Fray charme le public qui, de ses applaudissements nourris, réclame un bis. C’est alors, qu’assis en toute décontraction, le dos appuyé à sa chaise (son attitude physique au piano pendant son interprétation du concerto de Mozart, courbé, le visage planté sur son clavier, n’est pas sans rappeler celle d’un Glenn Gould), les bras tendus, il entonne une romance (Schumann ?). Laissant ses mains plonger sur le clavier, il réussit en quelques minutes à envoûter son auditoire grâce à l’expression de ses indéniables qualités de délicatesse, de toucher et d’intensité artistique.

En deuxième partie de ce concert, le Royal Philarmonic Orchestra, au grand complet s’attaque à la très longue Symphonie No. 2 de Rachmaninov. Œuvre moins populaire que ses concertos pour piano et orchestre, cette symphonie décrite souvent comme un océan sonore trouve ici sa confirmation avec un Jonathan Darlington ne ménageant pas son ensemble pour tenter d’en faire apprécier toutes les couleurs orchestrales. Quatre mouvements qu’il dirige avec un orchestre constamment sollicité dans le volume de son.
Souvent bruyant, il laisse peu de place à une réelle articulation musicale. Sans fil conducteur, on se perd dans des « patch » sonores que la longueur de l’œuvre rendent finalement lassant.

Crédit photographique : © Yunus Durukan

 

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