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L’Orchestre Philharmonique du Luxembourg fait l’ouverture du Festival de Besançon

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Besançon, Kursaal. 17-IX-2011. Michael Jarrell (né en 1958) : …le ciel, tout à l’heure encore si limpide, soudain se trouble horriblement… Béla Bartók (1881-1945) : Concerto pour violon et orchestre n°2. Robert Schumann (1810-1856) : Symphonie n°3 en mi bémol majeur dite « Rhénane ». Thomas Zehetmair, violon; Orchestre Philharmonique du Luxembourg ; direction : Sir Andrew Davis

L’effervescence est toujours à son comble à Besançon lorsqu’au Festival de musique, dynamisé par son jeune directeur artistique David Olivera, s’agrège, tous les deux ans, le Concours International de jeunes chefs d’orchestre. Vingt candidats sélectionnés dans le monde entier étaient retenus pour cette 52ème édition que présidera Sir Andrew Davies, « artiste associé » du Festival et actuel directeur musical de l’Opéra de Chicago.

Après une ouverture en plein air, dans les kiosques à musique pour les fanfares, et sur la Place de la Révolution le vendredi soir où quelques quatre mille personnes étaient venues écouter Shéhérazade de Rimski-Korsakov, on retrouvait l’ sous la baguette d’Andrew Davies le lendemain, au Théâtre musical, pour une soirée d’orchestre tout aussi exaltante qui mettait à l’honneur : compositeur en résidence depuis deux ans, il venait présenter au public franc-comtois une de ses dernières pièces pour orchestre avant de livrer aux trois lauréats du concours de direction …ombres…, l’oeuvre commandée par le Festival qui sera donnée en création mondiale le soir de la Finale.

La pièce d’orchestre à l’affiche de ce soir, …le ciel, tout à l’heure encore si limpide, soudain se trouble horriblement… emprunte son titre au De natura rerum du philosophe latin Lucrèce. Jarrell tente ici de traduire en musique certains bouleversements émotionnels intérieurs; il nous confie qu’il pensait alors à une de ses amies qui venait de perdre subitement son enfant. Débutée dans son plein éclat – des fulgurances assez nouvelles chez Jarrell – l’écriture orchestrale superbement colorée se fige au tiers de l’heure dans un temps qui vacille et des sonorités qui se fragilisent; le raffinement d’un travail sur la transparence du tissu sonore dans un espace harmonique toujours très chatoyant est ici fort bien rendu par l’orchestre du Luxembourg malgré le geste un rien tendu d’Andrew Davies.

Le Concerto pour violon n°2 de Bartók, pièce d’envergure – près de quarante minutes –  rarement programmée terminait la première partie du concert ; Bartók l’écrit de 1936 à 1938 pour son ami Zoltán Szekely, empruntant là les voies aventureuses voire déroutantes de la variation où la dissonance est érigée au rang du timbre. Au côté de Sire Andrew Davies, c’est le violoniste autrichien , jouant ce soir son Stradivarius de 1730, qui relevait le défi, dispensant une énergie et une sonorité éblouissantes – le mouvement lent est admirable – à la faveur d’une technique d’archet éminemment libre sinon toujours contrôlée. L’orchestre, les cuivres notamment, irréprochables, assument une partie concertante des plus exigeantes sous la baguette très investie de leur chef.

On ne l’attendait pas forcément mais c’est la Symphonie « Rhénane » de Schumann qui terminait la soirée. Si les trois premiers mouvements sonnent de manière assez conventionnelle sans la ferveur attendue, l’apparition soudaine de la cathédrale de Cologne – Feierlich – fait décoller l’interprétation et nous gratifie d’un merveilleux Finale transcendé par les sonorités d’un orchestre dont on ne peut que louer les qualités et les ressources face à l’exigence d’un tel programme.

Crédit photographique : © DR

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Besançon, Kursaal. 17-IX-2011. Michael Jarrell (né en 1958) : …le ciel, tout à l’heure encore si limpide, soudain se trouble horriblement… Béla Bartók (1881-1945) : Concerto pour violon et orchestre n°2. Robert Schumann (1810-1856) : Symphonie n°3 en mi bémol majeur dite « Rhénane ». Thomas Zehetmair, violon; Orchestre Philharmonique du Luxembourg ; direction : Sir Andrew Davis

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