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George Gershwin (1898-1937) : Rhapsody in Blue. Maurice Ravel (1875-1937) : Rapsodie espagnole. Ferruccio Busoni (1866-1924) : Concerto pur violon et orchestre op.35a. Luigi Cherubini (1760-1842) : Anacréon, ouverture. Paul Hindemith (1685-1759) : Concerto pour piano. Harald Genzmer (1909-2007) : Concerto pour flûte et orchestre de chambre. Aaron Copland (1900-1990) : Appalachian Spring. Heinz Tiessen (1887-1971) : Hamlet Suite op.30 ; Salambo Suite op.34a ; Symphonie n°2 op.17. Reinhard Schwarz-Schilling (1904-1985) : Introduction et fugue pour orchestra à cordes. Gerhard Puchelt, piano. Siegfried Borries, violon. Gustav Scheck, flûte. Orchestre Philharmonique de Berlin, RIAS-Symphonie-Orchester, Rundfunk-Sinfonieorchester Berlin : Sergiu Celibidache, direction. 3 CD Audite 21.406, code barre 4022143214065. Enregistrés par la RIAS Berlin entre 1948 et 1957 à Berlin. Notice bilingue (allemand, anglais). Durée : 3h36’15’’

 

Audite poursuit avec cette série la publication d’enregistrements effectués par  RIAS Berlin au sortir de la seconde guerre mondiale, ce qui nous donne l’occasion d’entendre un chef alors trentenaire dans des œuvres quelque peu exotiques pour qui ne connaitrait que le Celibidache démiurge des années 80 où son répertoire s’était sérieusement recentré.

Comme de coutume avec cet éditeur, l’utilisation des enregistrements originaux de la radio berlinoise a fait l’objet d’un travail méticuleux et la qualité sonore est une fois de plus au rendez-vous. Le livret commence d’ailleurs par un avertissement au lecteur le prévenant qu’il risque d’entendre quelques grondements des moteurs à pistons des nombreux avions qui sillonnaient le ciel de Berlin, en particulier pendant la période du blocus de la ville et du fameux pont aérien mis en place pour ravitailler Berlin ouest. Et c’est aussi à cela qu’on reconnaît la qualité de ces disques, on entend effectivement très bien ces bruits annexes (et quelques autres dus aux micros peu directionnels de l’époque), mais on y entend encore mieux le son de l’orchestre, avec tous ses timbres, sa couleur, sa dynamique parfaitement respectée, sans le filtrage destructeur utilisés par certains autres éditeurs.

Les deux principales curiosités de cet album qui attiseront sûrement l’oreille de tous les fans du chef sont les deux œuvres américaines réunies ici : la Rhapsody in Blue de Gershwin et Appalachian Spring de Copland. Si on peut dire que le style n’y est pas spécialement idiomatique (qu’on n’y attende aucun swing à la Bernstein, les orchestre berlinois, il est vrai, n’ayant pas vraiment l’habitude de ces œuvres), l’exercice y est plus d’une fois intéressant à entendre, car pris très sérieusement, avec des accents quasi brahmsiens dans la Rhapsody, une ampleur de ton presque « trop », une couleur orchestrale un peu noire mais qui sait faire preuve d’éclat dans le Copland. Même si ces versions peuvent paraitre « too much », on y prend un plaisir malicieux à les entendre ainsi jouées à nulle autre pareille.

La partie allemande de cet album vaut par la rareté du répertoire avec des œuvres de Heinz Tiessen, par ailleurs professeur du jeune Celibidache, de Reinhard Schwarz-Schilling et de Harald Genzmer, en plus du concerto pour piano de Hindemith. Toutes de style post straussien et très allemand, ces œuvres ne sont pas désagréables à entendre car, en général fort bien troussées. On pourra être plus impressionné par les deux suites dramatiques de Tiessen, très expressives et plus immédiatement captivantes avec un orchestre rugissant. Ce concert Tiessen du 7 octobre 1957 était en fait le « farewell konzert » de chef roumain à Berlin, où il tint un rôle important comme chef du Philharmonique de Berlin à partir de 1946, reformant l’orchestre après la guerre en attendant le retour de Furtwängler. Comme on le sait, l’orchestre lui préféra Karajan à la mort de Furtwängler, marquant la fin de sa collaboration avec les Berliner Philharmoniker et peu après son départ de Berlin. Ce concert n’est d’ailleurs pas donné avec le Philharmonique mais avec le Radio-Symphonie-Orchester. Enfin le Ravel de Celibidache est mieux connue car le compositeur français l’accompagna presque toute sa vie. On en a ici une version de « jeune homme » de la Rapsodie espagnole, plus vive et spontanée que les témoignages tardifs, ce qui en fait tout l’intérêt.

Ce nouvel album Audite, encore une fois limité aux enregistrements RIAS Berlin, amène par construction des couplages différents des éditions précédentes, avec son lot d’inévitables  doublons. Néanmoins la qualité de restitution optimale de ce nouvel album justifie ces doublons, et qui s’intéresse à ce chef ou à ce répertoire devra acquérir ce nouveau coffret.

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George Gershwin (1898-1937) : Rhapsody in Blue. Maurice Ravel (1875-1937) : Rapsodie espagnole. Ferruccio Busoni (1866-1924) : Concerto pur violon et orchestre op.35a. Luigi Cherubini (1760-1842) : Anacréon, ouverture. Paul Hindemith (1685-1759) : Concerto pour piano. Harald Genzmer (1909-2007) : Concerto pour flûte et orchestre de chambre. Aaron Copland (1900-1990) : Appalachian Spring. Heinz Tiessen (1887-1971) : Hamlet Suite op.30 ; Salambo Suite op.34a ; Symphonie n°2 op.17. Reinhard Schwarz-Schilling (1904-1985) : Introduction et fugue pour orchestra à cordes. Gerhard Puchelt, piano. Siegfried Borries, violon. Gustav Scheck, flûte. Orchestre Philharmonique de Berlin, RIAS-Symphonie-Orchester, Rundfunk-Sinfonieorchester Berlin : Sergiu Celibidache, direction. 3 CD Audite 21.406, code barre 4022143214065. Enregistrés par la RIAS Berlin entre 1948 et 1957 à Berlin. Notice bilingue (allemand, anglais). Durée : 3h36’15’’

 
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