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Paris, Amphithéâtre de la Cité de la musique. 25-X-2011. Paul Hindemith (1895-1963) : Quatuor à cordes en fa mineur op. 10 ; Arnold Schoenberg (1874-1951) : Pierrot lunaire op. 21. Quatuor Pražák : Pavel Hůla et Vlastimil Holek, violon ; Josef Klusoň, alto ; Michal Kaňka, violoncelle ; Alda Caiello, soprano ; Václav Kunt, flûte ; Milan Polak, clarinette ; Jaromír Klepáč, piano ; Pavel Hůla, direction.

L’exposition de la Cité de la Musique montre un Klee musicien averti, dépassant la frontière de la peinture. Le cycle de concerts permet d’approfondir cette correspondance : sait-on d’ailleurs que Hindemith dessinait et que Schoenberg peignait ?

Le Quatuor en fa mineur de Hindemith date de 1920. Le l’empoigne avec sa générosité coutumière. A l’écoute de ces élans débridés, de ces interventions solistes fougueuses et de ce violoncelle grondant, on distingue bien les séquences, mais on perd les détails d’une matière trop intensément tirée vers une modernité assez indéfinie. Or, ici, Hindemith ne cherche pas à rompre définitivement avec la tradition : toujours attentif aux éléments formels, il poursuit dans la voie ouverte par Brahms vers l’éclatement de la tonalité classique. Même dans le second mouvement, le plus naturellement chantant, la photographie semble à trop gros grain pour être vraiment suggestive.

, spécialiste de la musique du XXe siècle, a la lourde tâche d’incarner la figure nostalgique et exaspérée de Pierrot lunaire. Visiblement rompue à la technique du sprechgesang, elle use d’une voix agréable, qui peut se faire percutante, mais aussi douce et grave. Elle choisit d’ailleurs fréquemment de descendre dans le bas de la tessiture, afin de donner plus de sensualité à ses inflexions. Les dernières vignettes, par exemple, ont bien la poésie exquise d’un « vieux parfum vaporisé ». Toutes ne sont hélas pas aussi profondément senties. L’interprétation paraît alors plus confuse, hésitant entre premier degré et ironie maniérée, alors que la direction posée de Pavel Hůla vise plutôt à une certaine abstraction du propos, ce qui n’est pas illogique dans le contexte d’un rapprochement avec Paul Klee. Mais la principale cause de déception est l’imparfaite prononciation du texte. Les instrumentistes montrant chacun des qualités indiscutables, l’interprétation demeure cependant cohérente et appréciable, d’autant que l’occasion n’est pas si fréquente d’entendre en concert l’une des œuvres les plus importantes de l’histoire de la musique.

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Paris, Amphithéâtre de la Cité de la musique. 25-X-2011. Paul Hindemith (1895-1963) : Quatuor à cordes en fa mineur op. 10 ; Arnold Schoenberg (1874-1951) : Pierrot lunaire op. 21. Quatuor Pražák : Pavel Hůla et Vlastimil Holek, violon ; Josef Klusoň, alto ; Michal Kaňka, violoncelle ; Alda Caiello, soprano ; Václav Kunt, flûte ; Milan Polak, clarinette ; Jaromír Klepáč, piano ; Pavel Hůla, direction.

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