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Debussy et les nordiques : la Finlande

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A l’exception de l’Islande qui restera à l’écart de l’influence française, la musique de Claude Debussy s’est progressivement déplacée vers les pays du nord de l’Europe. Avancée lente et modeste si on la compare à celle des compositeurs germaniques et slaves, mais réelle. Bien des apports esthétiques de Claude Debussy ont infiltré la musique européenne au point de les intégrer si intimement qu’il devient difficile de les dépister avec précision. Pour accéder au dossier complet : Debussy et les nordiques

 

L’Etape finlandaise de l’œuvre de Debussy est particulièrement copieuse. Dès les premières auditions locales des œuvres du maître français, les compositeurs réagirent avec un grand enthousiasme. La première partie de cette étude sur Debussy et la Finlande nous emmène à travers la découverte du compositeur et surtout à l’étude des liens entre Debussy et Sibelius.

Pour la première exécution d’une musique de Debussy en Finlande on retrouve le Quatuor de Bruxelles avec le Quatuor à cordes en sol mineur. Le concert se déroule à Helsinki le 6 février 1907 dans la salle des fêtes de l’Université. Cette formation avait donné le Quatuor à cordes en Suède, au Danemark, en Norvège, en Allemagne et en Italie. Les réactions critiques engagées après l’exécution de l’œuvre  furent diverses autant dans la presse d’expression suédoise (plutôt réservée) que finnoise. Les rédacteurs trouvèrent parfois cette musique « ultramoderne », très « individualiste », voire « décadente », tandis que d’autres lui reconnaissaient de grandes qualités techniques et expressives. D’autres encore en remarquèrent l’originalité, voire une certaine étrangeté.

L’œuvre plut globalement au compositeur et pianiste qui par ailleurs accompagnera souvent des chanteuses dans des airs de Debussy.

La Finlande allait rapidement ménager à Debussy un accueil plus soutenu que ses voisines nordiques. Cette orientation allait favoriser la diffusion de sa musique et par ricochet plus ou moins influencer les compositeurs de ce pays. Avant la mort de Debussy qui surviendra en 1918 on a dénombré pour la seule ville d’Helsinki trente-neuf concerts incluant des musiques du maître de l’impressionnisme français. La grande majorité des interprètes furent  des Finlandais. Quatorze ans plus tard soixante-quinze concerts supplémentaires vinrent enrichir ce palmarès honorable, comme le rappelle justement Helena Tyrväinen dans son études :  Les origines de la réception de Debussy en Finlande parue dans les  Cahiers Debussy, op. cit.p. 6.

Néanmoins quelques musiciens français défendirent l’œuvre de Debussy. On songe en particulier à Edouard Risler (1909), Rhené-Baton (1925) et (1931). De février 1907 à la fin de la saison 1931-1932, 87 concerts dans la seule ville d’Helsinki revenaient à un chef ou un soliste finlandais et  une trentaine à des interprètes français. Cependant, durant cette période d’environ un quart de siècle,  la Société philharmonique d’Helsinki (qui deviendra l’Orchestre philharmonique) ne proposa que rarement la musique orchestrale de Debussy. Sibelius, en 1905, avait conseillé à son ami et défenseur le chef d’orchestre d’inclure les Nocturnes au répertoire de son orchestre. Sans succès. On a avancé comme explication la modestie de l’orchestre, notamment le compositeur dans une lettre de janvier 1913 écrite de Paris à dans laquelle il nota que cet orchestre ne comptait pas assez de bassons.

La première musique orchestrale de Debussy présentée au public d’Helsinki fut le Prélude à l’après-midi d’un faune sous la direction de   (Orchestre philharmonique d’Helsinki) le 16 mars 1908. Une autre exécution sous la direction du chef finlandais Georg Schnéevoigt face à l’Orchestre de Riga (dont il était le fondateur) fut proposée le 2 mars 1912 toujours dans la capitale. Le même chef revient le 7 novembre 1918 cette fois à la tête de l’Orchestre philharmonique d’Helsinki. Quelques années plus tard, le 2 mars 1922, la même phalange joue l’œuvre sous la direction de Leo Funtek, un chef finlandais renommé aujourd’hui oublié. Le Français Rhené-Baton en visite à Helsinki dirigea l’orchestre de la ville le 23 mars 1925. Le Prélude fut exécuté dans le cadre d’un programme de danse le 10 février 1928…

La presse du pays accueillit (1908) avec intérêt cette unique musique orchestrale la considérant d’emblée comme un chef-d’œuvre. « Peinture musicale mystérieuse et très poétique », avance le critique Karl Fredrik Wasenius (qui signe ses comptes-rendus Bis), un autre dans Nya Pressen trouva l’orchestration « rayonnante » et même « géniale ». Merikanto loua aussi cette partition tandis que Heikki Klemetti se montra un peu plus réservé dans Säveletär : musique « trop raffinée », une « gourmandise trop sucrée ».

La délicieuse Petite Suite avec son orchestration réalisée par Henri Busser fut proposée au public de la Société philharmonique le 7 décembre 1907 sous la baguette de Robert Kajanus.

Les critiques semblent ne pas avoir perçu la participation de Busser et louèrent la délicatesse de l’orchestration attribuée à Debussy lui-même ainsi que le souligna encore vantant « son orchestre…  à la fois brillant et élégant ». Il ajoute en 1908, et c’est important pour apprécier l’impact de cette musique en Finlande : « Le style debussyste a apparemment influencé quelques-uns de nos compositeurs, en particulier Palmgren ».

Ce même public, avec ces même musiciens, a l’occasion de découvrir le 14 novembre 1912 le troisième volet, Dialogue du vent et de la mer, de la fameuse Mer de Debussy. Il faudra quand même attendre l’année 1925 (19 mars) pour que soit interprétée l’intégrale de La Mer à Helsinki, l’Orchestre d’Helsinki étant cette fois placé sous la direction de Toivo Haapanen, vingt ans après la création parisienne assurée par Camille Chevillard.

Après cette création, un critique nommé Evert Katila, indique combien les titres des mouvements et la musique elle-même reposaient sur une sorte de  description qui n’était cependant pas de la musique à programme. « Cohérence dans le traitement des motifs », « sentiment de la nature devenu musique grâce à l’imagination créatrice du compositeur », « sensations musicales nées des mystères de la nature »

Rondes de printemps, dernière section des Images pour orchestre, achevée par André Caplet (1909), apparue sous l’autorité de Georg Schnéevoigt le 13 janvier 1916. Intéressé, Kajanus s’emparera de cette partition l’interprétant  deux fois, en 1924 (17 janvier) et 1931 (12 février). L’accueil de la presse fut réservé même après la très bonne prestation de 1931.

Fêtes fut dirigé par Schnéevoigt le 8 février 1927. Toujours dans la capitale finlandaise, le chef de l’Orchestre de la Société des concerts de Stockholm,  le Tchèque , invité, donna là Nuages et Fêtes le 10 mars 1932 à la tête de l’Orchestre philharmonique d’Helsinki. La musique orchestrale de Debussy au cours de cette période apparut donc en quelques occasions mais sans doute insuffisamment pour s’imposer de manière intense et indiscutable. Fêtes n’interloqua pas particulièrement la presse qui reprit les qualificatifs habituels. En 1927, Katila loua « l’impressionnisme de Debussy »,  Klemetti avança « les timbres géniaux et colorés » et Ekman en indiqua « la douceur du clair-obscur ». On reconnaît que la prestation de Talich souleva un franc enthousiasme.

D’une manière récurrente l’art de Debussy fut comparé à la musique germanique souvent louée par son épaisseur, son sens du développement, son orchestration puissante, sa science du motif, son attachement à la tonalité, sa fidélité au déroulé d’une histoire…

Qu’en fut-il des autres registres debussystes ? Le Quatuor de Bruxelles en 1907 présenta le Quatuor à cordes lequel fut repris à plusieurs reprises par des professeurs du Conservatoire d’Helsinki, notamment en 1914 (2 février), 1920 (12 mars) et 1928 (20 avril). Parmi les interprètes de ce quatuor on peut relever des noms qui comptèrent dans la vie musicale finlandaise : Leo Funtek, , Arvo Hannikainen, Ossian Fohström… Le Quatuor Glazounov le joua à son tour le 17 mars 1930.

La Sonate pour flûte, alto et harpe, composée en  1915 et créée en privé l’année suivante à Paris, connut sa première finlandaise (Helsinki)  en 1929 (18 novembre) avec Michele Orlando, Arvo Hannikainen et Väinö Hannikainen dans le cadre du Conservatoire de la ville.

Le fameux au violon, secondé par Tasso Janopoulo au piano, proposa le 7 novembre 1931 la Sonate pour violon et piano que le Français élabora en 1916-1917 peu de temps avant son décès et créa à Paris le 5 mai 1917 avec l’aide de au violon.

Les pièces pour piano constituent une importante partie de la production de Debussy. Certaines apparurent au public d’Helsinki à partir de 1909. La première proposition vint d’Edouard Risler (16 mars 1909) avec La Soirée dans Grenade. Il fut suivi par le passage d’autres pianistes étrangers et par deux musiciens finlandais de grande qualité, Sigrid Schnéevoigt et Ilmari Hannikainen, qui jouèrent son piano respectivement le 13 octobre  1911 (Arabesque ; La Fille aux cheveux de lin ; La Soirée dans Grenade) et le 3 novembre 1914 (Reflets dans l’eau). Au Conservatoire d’Helsinki des pièces de Debussy apparurent pour la première fois le 29 mai 1912. Väinö Raitio interpréta la Première Arabesque.

Les œuvres pour piano de Debussy furent  plus fréquemment inscrites aux programmes des pianistes finlandais à partir des années 1920. Pour autant ce dernier était-il devenu un compositeur à la mode ? Pas certain ! Mais son catalogue pénétrait progressivement le monde musical finlandais. Il est un autre domaine où Debussy fut également et peut-être davantage apprécié à cette époque, c’est celui de la chanson pour voix soliste et piano, très important pan de sa production. En effet, près de la moitié (40%, soit 49 partitions sur 114, pour reprendre une fois de plus les précieuses informations fournies par la musicologue finlandaise Helena Tyrvainen) des programmations incluant de la musique de Debussy revinrent au chant.

La première chanteuse finlandaise à défendre ce répertoire inconnu dans le pays de Sibelius fut Alma Silventoinen, qui accompagnée de son futur mari, , chanta Les Cloches et L’Ombre des arbres (31 octobre 1912).

Silventoinen et Kuula lors d’un séjour d’études parisien en 1909-1910 s’étaient rapprochés de cette musique. Ce contact fit de Toivo Kuula le premier compositeur finlandais à se prendre de passion pour l’esthétique debussyste.

Alma Silventoinen, l’année précédente (20 septembre 1911), en compagnie du célèbre pianiste et compositeur Oskar Merikanto, avait chanté deux Ariettes oubliées. D’autres cantatrices s’y exercèrent. On signalera simplement et Hagelstam, Agnes Poschner, Aina Mannerheim, Aino Ackté, , Alexandra Ahnger, Maikki Järnefelt, Jenny Spennert, Helge Lindberg… Plusieurs de leurs récitals bénéficièrent des acclamations publiques à l’écoute des chansons de Debussy.

L’opéra Pelléas et Melisande ne fut monté sur scène en Finlande qu’en 1958, l’œuvre ayant eu à pâtir d’une mauvaise réputation et du conservatisme de la direction du théâtre.

La Radio finlandaise donna à sept reprises Arabesque, à quatre reprises des extraits de L’Enfant prodigue, une fois la Petite Suite… au cours des années 1927-1929.

 

et (1865-1957)

Le Français et le Finlandais , nés respectivement en 1862 et 1865, se sont rencontrés pour la première le 27 février 1909 lors d’un Concert Promenade donné au Queen’s Hall de Londres. On y joua les Nocturnes du Français. Fut-ce un choc ou une révélation ? Sans doute !  A cette occasion il entra aussi en contact avec Schönberg.

Jean Sibelius se rendit à plusieurs reprises en Angleterre où sa musique bénéficiait d’un accueil très confortable et encourageant. Il avait dirigé sa propre musique en ce lieu peu de temps auparavant. Ce soir-là Debussy tenait la baguette de direction. Il présenta deux œuvres majeures sorties de son esprit fécond, à savoir les Nocturnes et le Prélude à l’après-midi d’un faune. Après le concert les deux musiciens firent connaissance. Sibelius en fait mention dans son journal et dans une lettre adressée à sa femme Aïno. « Hier, je suis allé entendre Debussy et ai fait sa connaissance ». A l’image de nombreux nordiques il trouve cette musique « intéressante » tout en ajoutant « mais je trouve qu’il n’en est qu’à ses débuts : il croit en toutes sortes de choses sans importance. Un rapport étroit s’est immédiatement établi entre nous. »

(cité par Erik Tawaststjerna dans sa grande biographie de Sibelius et par Helena Tyrväinen dans sa remarquable étude pour les Cahiers Debussy).

Il nota encore dans son journal : « Rencontré Debussy. Intéressant. Compliments… Il m’a bombardé de compliments ‘en français’. Il en pleuvait littéralement. » Sibelius avait découvert les Trois Nocturnes à Berlin quatre ans plus tôt.

Sibelius assure avoir reçu des félicitations de la part de Debussy. Peut-être ce dernier faisait-il référence à l’exécution du Cygne de Tuonela à Paris sous la baguette de Camille Chevillard en 1905. La Mer avait été créée très peu de temps avant, le 15 octobre 1905, sous la direction du même chef.

Sibelius rapporta encore : « Les Anglais sont tous en extase». A partir de cette rencontre, et en dépit d’avis parfois contradictoires, la musique de Debussy marqua les pensées  et réflexions de son collègue nordique qui n’hésita pas à en étudier certaines partitions (juin 1910). Il découvrit son Quatuor à cordes (composé en 1893) en octobre 1910 seulement tandis que lui-même avait déjà élaboré le sien, le Quatuor à cordes en ré mineur dit « Voces intimae », op. 56, l’année précédente (1909). Sibelius déclara que Debussy était un compositeur à la fois de « petit format » et « raffiné ». En une autre occasion, à Oslo, en 1910,  il s’exclama : « Quel effet cet art français ne produit-il pas sur les sens. En musique, Debussy ! » Après avoir entendu en janvier 1914 deux pièces pour piano du Français, il s’agissait de La Fille aux cheveux de lin et de L’Isle joyeuse, il nota dans son journal (à la date du 27 janvier 1914) sur l’évolution de la musique en Europe : « Il est certain que quelque chose de grand est en train de se frayer une voie. »

Il écrit encore : « … les nouvelles mélodies de Debussy et ses Nocturnes pour orchestre… tout cela m’a confirmé dans le chemin que j’ai suivi, que je poursuis et que je continuerai à poursuivre. »

Sibelius fut-il influencé par le piano de Debussy ? Il ne le semble pas. A ces yeux cet instrument n’était pas intéressant et seul Chopin lui semblait être le compositeur le plus exceptionnel tout en admettant que deux autres compositeurs, Schumann et Debussy, avaient noué des liens privilégiés avec lui, ainsi qu’il le confia un jour dans les années 1930.

Après avoir dirigé en première allemande à Berlin, le 1er décembre 1904, deux œuvres orchestrales de Debussy, Nuages et Fêtes, en montra les partitions à son ami Sibelius qui ne cacha pas son intérêt comme le prouve son courrier daté du 21 janvier 1905 au chef Robert Kajanus. « Jette un œil  sur les Nocturnes de Debussy, je pense que tu les trouveras dignes d’être exécutés. »

Le relativement modeste orchestre de Kajanus à Helsinki rend sans doute compte du fait qu’il ne les programma point. Il faudra attendre, comme indiqué supra 1932, pour que Vaclav Talich à la tête de la Société des concerts de Stockholm défende cette œuvre  dans la capitale finlandaise. Signalons qu’à la même époque Sibelius s’était également investi dans l’étude de la Symphonie n° 5 de Gustav Mahler dont la marche funèbre initiale l’avait fortement impressionné.

Sibelius composa une musique de scène opus 46 d’après la pièce de Maeterlinck dont Debussy a tiré son fameux opéra, Pelléas et Mélisande. La  première eut lieu au Théâtre suédois le 17 mars 1905 et enregistra un beau succès populaire. Elle fut donnée une quinzaine de fois en cette même année. Ce travail de Sibelius vient sept ans après la composition orchestrale de Gabriel Fauré (1898) et trois ans après la création parisienne de l’opéra éponyme de Debussy à l’Opéra-Comique de Paris (30 avril 1902). Y a-t-il des liens esthétiques entre les partitions du Français et du Finlandais ? Rappelons que Schoenberg composa également une précieuse partition pour orchestre portant le même titre composée en 1902-1903 et créée sous sa direction à Vienne en janvier 1905.

Dans la section Au bord de la mer (n° 2a dans la suite d’orchestre réalisée par Sibelius lui-même), un Adagio en ré mineur, on a pu déceler avec  le spécialiste Tawaststjerna, « le premier authentique exemple de peinture impressionniste chez Sibelius ». L’écoute confirme cette assertion sans pour autant retirer quoi que ce soit au langage si idiomatique de Jean Sibelius. Pour le reste Sibelius, à l’image de ses confrères, participait à une sorte de fièvre Maeterlinck dont il ressort un certain nombre de points similaires dans sa mise en musique par des créateurs aux qualités fort différentes.

La Symphonie n° 3 de Sibelius fut souvent critiquée par les professionnels à l’époque de sa création et un peu plus tard, la presse russe par certaines plumes qui avancèrent que le musicien avait été en quelque sorte contaminé par les musiques « décadentes » de Debussy, Elgar et Strauss. Lors de son séjour londonien où l’on présenta la Symphonie n° 3 le 28 février 1908 avec plus de succès qu’en Russie, Sibelius signala qu’il avait entendu le lendemain  le Magnificat de Bach mais aussi La Demoiselle élue de Debussy et la Symphonie n° 9 de Beethoven

Le poème symphonique Chevauchée nocturne et Lever de soleil, op. 55 (1907), affiche quant à lui une manière assez personnelle de traduire en musique des images impressionnistes sans s’y perdre ni renoncer à une véritable originalité. Comme quoi l’esthétique impressionniste peut aussi revêtir un habit très distinct de celui confectionné par Debussy.

Dans l’Allegro molto vivace de la Symphonie n° 4 en la mineur (op. 63, créée à Helsinki en avril 1911 sous la baguette du compositeur)  se trouve un passage rappelant le Debussy de De l’aube à midi sur la mer ainsi que le rappelle justement  Marc Vignal dans sa récente monographie.

Sibelius assista à un récital de piano donné par le suisse Rudolph Ganz (1877-1972) qui joua entre autres L’Isle joyeuse et La Fille aux cheveux de lin.

Sa pièce pour piano Eglogue, op. 74 n° 1, datée du 9 février  1914, porte des traces de la musique de Debussy.

Lors de son voyage aux Etats-Unis en 1914 on donna le poème symphonique  Les Océanides qui évoqua à certains  (dont le critique Olin Downes) le style de Debussy dans son évocation de cet élément. Une des trois versions qu’il en réalisa est considérée comme plus impressionniste et partant debussyste. La structure sonore faite de couches successives superposées avançant en presque toute indépendance constitue un caractère proche de la manière du Français.

Certains commentateurs ont déclaré que Tapiola, le dernier poème symphonique de Sibelius (1926),  représentait la contrepartie de La Mer de Debussy, le premier étant à la forêt ce que le second était à la mer.

Dans la Symphonie n° 6  de 1923 il est une section de l’Allegro molto qui rappelle également le Debussy du Dialogue du vent et de la mer ; autre analogie ou rapprochement dans La tempête avec Le Chêne (Ariel) joue de la flûte par rapport aux Feuilles mortes.

Crédits photographiques : Akseli Gallen-Kallela, le Lac Keiteile/Robert Kajanus/Vaclav Talich/Ferrucio Busoni/Claude Debussy

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A l’exception de l’Islande qui restera à l’écart de l’influence française, la musique de Claude Debussy s’est progressivement déplacée vers les pays du nord de l’Europe. Avancée lente et modeste si on la compare à celle des compositeurs germaniques et slaves, mais réelle. Bien des apports esthétiques de Claude Debussy ont infiltré la musique européenne au point de les intégrer si intimement qu’il devient difficile de les dépister avec précision. Pour accéder au dossier complet : Debussy et les nordiques

 
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