Debussy et les nordiques : la Finlande (suite)

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A l’exception de l’Islande qui restera à l’écart de l’influence française, la musique de Claude Debussy s’est progressivement déplacée vers les pays du nord de l’Europe. Avancée lente et modeste si on la compare à celle des compositeurs germaniques et slaves, mais réelle. Bien des apports esthétiques de Claude Debussy ont infiltré la musique européenne au point de les intégrer si intimement qu’il devient difficile de les dépister avec précision. Pour accéder au dossier complet : Debussy et les nordiques

 

Les musiciens finlandais subirent d’abord l’influence de la Suède, elle-même fortement imprégnée de culture germanique, avec la nuance d’un accueil favorable au chant français sous les règnes de Bernadotte et Gustav III. Cela n’alla pas sans déteindre sur la petite Finlande coincée politiquement entre son ancien maître suédois à l’ouest et la menace slave à l’est, la Russie, dont elle partagea néanmoins des éléments artistiques et littéraires. Vers la fin du XIXe siècle un certain nombre de musiciens finlandais s’ouvrirent sur l’extérieur et montrèrent un intérêt croissant pour la France.

Des Finlandais cultivés avaient eu l’occasion de découvrir l’existence de Debussy dans le magazine Euterpe en 1901 et 1902. La revue annonçait le travail de préparation de l’opéra Pelléas et Mélisande et ensuite de son échec parisien retentissant le 30 avril 1902. Tout cela restait très théorique tout comme la mention de Debussy faite par Martin Wegelius dans son Histoire de la musique occidentale. Il avance : « Les courants impressionnistes modernes sont représentés par Gustave Charpentier… et par dont le Pelléas et Mélisande est une œuvre très riche en atmosphère et hautement intéressante, quoique harmonisée de manière curieuse sur le texte original (non versifié) de Maeterlinck. » [les citations proviennent du texte de Helena Tirvainen].

Contrairement à une idée fort répandue, la vie musicale à Helsinki était loin d’être inexistante. Bien sûr, l’éloignement géographique de ce centre artistique, le barrage évident et redoutable de la langue, les difficultés de liberté politique relative à l’encombrant et menaçant voisin russe, ne contribuaient pas à la diffusion de cette activité vers les plus fameux centres artistiques de l’Europe centrale et de l’ouest.

Le conservatoire de la ville ne s’intéressa guère à la musique de Debussy au plan pédagogique en dehors d’un certain nombre de pièces données en public par les élèves de l’établissement. Rappelons que certains chorégraphes finlandais, parfois après un passage par Paris, ont choisi des musiques de Debussy à partir de la fin des années 1920.

Donc, au cours du premier tiers du 20e siècle le monde musical finlandais reçut avec parcimonie et discrétion un certain nombre d’informations concernant la musique française en général et celle de Debussy en particulier. Le compositeur qui vécut en France dans les années 1910 et 1920 lui consacra plusieurs textes. Peu à peu les compositeurs nationaux entendaient parler davantage de ce maître souvent désigné comme « le chef de la jeune musique française ». Généralement en termes plutôt positifs. « Talent le plus prometteur », pour certains. C’est sa musique pour orchestre, bien plus que les petites pièces pour piano ou les chansons, qui provoqua les commentaires les plus fournis et détaillés. Ces critiques marquèrent plus ou moins les lecteurs- compositeurs qui de toute façon ne pouvaient bientôt plus ignorer l’existence de ce maître français à la réputation internationale galopante. Des études plus substantielles (revues, journaux) venaient compléter l’information le concernant. Sa disparition en 1918 provoqua quelques commentaires nécrologiques et un article de Leevi Madatoja. Ainsi que le souligne opportunément Tyrvainen dans sa remarquable étude sus-citée les adjectifs habituellement accolés à la musique de Debussy appartiennent au registre de la « peinture musicale », de la « description », de la « couleur instrumentale », du « clair-obscur ». Ces traits avancés positivement au début des présentations se revêtirent d’une connotation plutôt négative au cours des années vingt. La musique basée sur un certain flou lui fut davantage reprochée.
C’est le célèbre pédagogue (ancien maître de Sibelius) Martin Wegelius qui le premier parla en 1904 d’ « impressionnisme musical » sans provoquer vraiment d’enthousiasme avant les années 1920. Avant cette acceptation plus large, on parla de « musique pittoresque » avant de diffuser le terme d’ « impressionnisme » et « d’art de la couleur » (Madetoja, respectivement en 1913 et 1918).

Madetoja encore, dans sa notice nécrologique voyait en Debussy « un des représentants les plus originaux, les plus novateurs et les plus géniaux des aspirations fiévreuses de notre époque. » Taneli Kuusisto statua en 1933 combien « la musique occidentale post-debussyste toute entière ou bien suit ses traces, ou bien se définit en réaction contre lui ».
Notes sur des acteurs finlandais ou étrangers marqués en Finlande par l’art du Français

Aino Ackté (de son vrai nom Achté), 1876-1944, soprano dramatique finlandaise. Etudes au Conservatoire de Paris. Ancienne première chanteuse à l’Opéra de Paris où elle débute dans le rôle de Marguerite en 1897. Debussy l’y écouta. Sa prestation dans La Statue, opéra de Ernest Reyer, provoqua des commentaires sévères du Français qui reconnaissait cependant « la pureté habituelle de sa voix ». Succès à Londres, à Paris, Dresde dans Salomé de .

Alexandra Ahnger (1859-1940). Chanteuse finlandaise formée à Paris et Dresde. A partir de 1906 elle enseigne à l’Institut de musique d’Helsinki. Fait partie des premières chanteuses finlandaises à interpréter Debussy à Helsinki, ici le 26 février 1913, avec notamment Air de Lia.

Elsa-Kaj Ålander. Cette chanteuse finlandaise défend Debussy à Helsinki : Nuit d’étoiles le 9 février 1916 (avec ).

. Contralto noire américaine (1897-1993) qui réalisa une immense carrière. Tournées en Europe dont la Scandinavie et la Finlande (1930). Mélodies de Debussy, avec son accompagnateur finlandais Kosti Vehanen, le 26 novembre 1930 ; Air de lia le 16 novembre 1931. Ses interprétations sont acclamées.

Edith von Bonsdorff (1890-1968). Célèbre danseuse et chorégraphe. Etoile dano-finlandaise des Ballets suédois à Paris notamment jusqu’en 1925 (arrêt des activités des Ballets), elle organise en 1926 (5 mars) un Cake-Walk dansé par Kaarlo Eronen, ancien danseur des Ballets Suédois également. Elle se produira ultérieurement au Théâtre suédois d’Helsinki sur Le Prélude à l’après-midi d’un faune (10 février 1928)

Alexander Borowsky (1889-1968), pianiste russo-américain de renom. Il joue en Russie, en Pologne, dans les Balkans et se rend à Paris (il joue sous la direction de Serge Koussevitsky) où il trouve le succès. Se produit en Europe. Début au Carnegie Hall en 1923. Revient jouer un peu partout en Europe. A Helsinki, il donne Bruyères, La Fille aux cheveux de lin, Général Lavine-eccentric, Jardins sous la pluie, le 7 octobre 1930.

Esther Bramsen. Elle chante Air de Lia, Romance, Fantoches et Les Cloches (accompagnée au piano par Leo Funtek) le 20 octobre 1921.

Ferruccio Busoni (1866-1924) pianiste et compositeur italo-allemand.
Professeur puis ami pour la vie de , pianiste remarquable, compositeur plus controversé, Ferruccio Busoni avait montré la partition des Nocturnes de Debussy à Sibelius bien avant la rencontre des deux compositeurs à Londres. En décembre 1904 Busoni dirigea Nuages et Fêtes à Berlin.

Madame Charles Cahier, alto, interprète à Helsinki Mandoline (24 mars 1915), Air de Lia (22 janvier 1919). Née en 1870 cette soprano américaine, de son vrai nom Sarah-Jane Layton Walker, fait ses débuts à l’Opéra de Nice en 1904 avant de chanter à l’Opéra de Vienne de 1907 à 1911 entre autres sous la direction de (Carmen, rôles wagnériens). Elle se produit au New York Metropolitan en 1913-1914 (elle est Azucena du Trouvère de Verdi).
Elle a épousé en 1905 un riche suédois et chante avec succès pendant la Guerre des pièces de Debussy. Elle participe à la création posthume du Chant de la Terre de Mahler en 1911 sous la baguette de Bruno Walter. Parmi ses élèves figurent deux célébrités : et . Elle décède en 1951.

Greta Carlson. Elle chante Les Angelus (avec Leo Funtek) à Helsinki le 16 septembre 1927.

Karl Ekman (1869-1947). Pianiste, organiste, professeur de piano et directeur de l’Institut de musique d’Helsinki. Chambriste, chef et critique musical (Hufvudstadsbladet). Il étudie auprès de Martin Wegelius (théorie), de Ferruccio Busoni (piano) et Richard Faltin (orgue). Il parfait sa formation à Berlin, Vienne, Paris et Rome au cours des années 1892-1895. Marié à Ida Ekman il l’accompagne souvent au piano.

Karl Ekman (1895-1961). Musicographe finlandais, fils de Ida Ekman et de Karl Ekman, élève de Busoni et ami de Sibelius. Il publie en 1935 la première biographie de ce dernier en finnois (traduite aussi en anglais).
Il considérait volontiers la musique française comme superficielle et le faisait savoir dans ses chroniques pour le journal de langue suédoise Hufvudstadsbladet auquel il proposait ses textes depuis 1920. Il associait l’impressionnisme à une sensibilité figée et n’accordait que peu de crédit à la musique de Debussy et d’une manière plus générale au modernisme musical.

Ida Ekman, née Morduch (1975-1942). Fameuse soprano finlandaise. Elle étudie à l’Institut de musique d’Helsinki, à Vienne et à Paris. Là elle chante avec l’Orchestre d’Helsinki lors de sa visite en 1900. Elle se produit beaucoup en lieder. Elle fut la première chanteuse finlandaise à proposer des chansons de Sibelius sur le continent.

Euterpe, magazine finlandais suédophone dont le fondateur, aussi compositeur, se nommait Karl Flodin (1858-1925) et dont l’épouse, la soprano Adée Leander-Flodin (1873-1935), avait étudié à Paris et même chanté à l’Opéra-Comique dans les années 1897-1898. Ils créent ensemble la mélodie de Sibelius Une libellule le 10 novembre 1904.

. Né en 1882 (et décédé en 1948) ce pianiste polonais connaît une renommée mondiale. Il laisse quelques pièces pour son instrument. Pour son premier concert officiel à Vienne en 1904 il joue au cours de la même soirée trois concertos pour piano (les premiers concertos de Brahms, Tchaïkovski et Liszt). Tournées dans le monde entier. Il se réfugie au Danemark durant la Première Guerre mondiale. Il interprète La Soirée dans Grenade les 5 décembre 1919 et 6 septembre 1922.

Leo Funtek. Finlandais de naissance slovène. Orchestrateur des Tableaux d’une exposition de Moussorgski en 1922. Il se produit en tant que premier violon dans le Quatuor à cordes de Debussy à Helsinki en 1914, 1920 et 1928. Il accompagne souvent au piano des chanteuses finlandaises qui non rarement incluent des airs de Debussy à leur programme. Figure active de la vie musicale de la capitale, né en 1885 et décédé en 1965, il a étudié à Leipzig puis est devenu premier violon au Philharmonique d’Helsinki puis directeur de l’orchestre de Viipuri. Professeur de violon et d’orchestration à l’Institut de musique d’Helsinki, il est appelé à l’Orchestre de la cour de Stockholm avant de venir diriger à l’Opéra finlandais.

Rudolf Ganz (1877-1972). Pianiste suisse, chef d’orchestre et compositeur. Cet élève de Busoni à Berlin enseigne ensuite à Chicago et dirige à Saint-Louis. Il défend la nouvelle musique notamment celle de Debussy et de Ravel qu’il présente aux Etats-Unis. Plus tard, il jouera Boulez, et Honegger.

. Pianiste allemand (1895-1956). Ses interprétations de Debussy étaient très appréciées. Premières tournées européennes en 1921. Il a enregistré l’intégrale piano de Debussy, de Ravel et de Mozart. En Finlande, il interprète Pagode et Reflets dans l’eau (7 octobre 1922), Hommage à Rameau et La cathédrale engloutie (10 octobre 1922), La fille aux cheveux de lin, Brouillards, Ce qu’a vu le vent d’Ouest, Reflets dans l’eau, Poissons d’or (12 octobre 1922).

Väinö Haapalainen sénior (1893-1945). Figure majeure de la vie musicale de la Finlande (surtout à Viipuri avant que la ville ne passe aux mains des Russes). Haapalainen a exercé comme organiste, altiste, chef d’orchestre, professeur, critique musical et compositeur. Elève de Erkki Melartin et Leo Funtek avant d’entamer une riche carrière.

Toivo Haapanen (1889-1950). Musicologue et chef d’orchestre finlandais ayant effectué ses études à Helsinki, Berlin et Paris. Premier chef de l’Orchestre symphonique de la Radio finlandaise de 1929 à 1950.

Anna Hagelstam : cf.

Arvo Hannikainen (1897-1942). Violoniste, pédagogue et chef d’orchestre finlandais. Une partie de sa formation se déroule à Paris avec Thibaud et Ysaÿe.

Ilmari Hannikainen (1892-1955). Pianiste et compositeur finlandais. Elève puis partenaire d’Alexander Siloti, avec lequel il joue.
A Helsinki, il propose : Reflets dans l’eau (3 novembre 1914, 21 novembre 1915) ; Reflets dans l’eau, Jardins sous la pluie, Clair de lune, Golliwog’s Cake-Walk (18 mars 1919) ; Clair de lune (24 janvier 1921) ; Les sons et les parfums tournent dans l’air du soir… (24 septembre 1921).
Séjour à Paris en 1919. Elève d’Alfred Cortot
Des éléments impressionnistes se trouvent donc dès ses premières œuvres : Feux follets (1914), Ensilumi (La Première neige, 1915), Suihkulähteellä (A la fontaine, 1916). Les pièces ultérieures associent aux influences pré-citées des éléments virtuoses proches de Liszt et Ravel, parfois de Rachmaninov.
On lui doit aussi Debussyn varjakuva (Debussy’s Silhouette), op. 20/4, 1921, partition évidemment très impressionniste. Proche encore est Kesätuuli (Vent d’été, op. 20/2).

Väinö Hannikainen (1900-1960). Harpiste et compositeur finlandais. Se perfectionne à Paris. Premier harpiste de l’Orchestre philharmonique d’Helsinki (1923-1957).

Petri Hiidenkari (né en 1957). L’influence de Debussy n’épargne pas ce compositeur (néo-impressionniste), élève de Paavo Heininen, qui à l’occasion du Concours international de violon de 1985, remporte un prix avec sa composition Hommage à C.D. composé la même année, proposant l’esprit impressionniste présent sous la forme d’une musique plutôt expressionniste. Hiidenkari a travaillé au studio expérimental de la Radio finlandaise.

Maikki Järnefelt-Palmgren (1871-1929), qui on le sait chantait à l’opéra, se produisit à Bayreuth. Son premier époux est Armas Järnefelt qui lui compose un certain nombre de chansons. En compagnie de son second mari, Selim Palmgren, elle interprète, de Debussy, en Finlande : Mandoline le 22 octobre 1913, le 24 octobre 1916, le 18 mars 1919 ; Les Cloches le 18 septembre 1924, le 20 septembre 1924. Elle fut l’élève de Mathilde Marchesi à Paris.

Jouni Kaipainen, né en 1956, élève de et de Paavo Heininen sera sans doute considéré comme l’un des créateurs majeurs de son pays. Les sources qu’il revendique sont multiples et variées mais aucune ne s’impose vraiment. De savoir qu’il a voué une admiration à Debussy (mais aussi à Ravel, Dutilleux, Boulez, Berio…) ne rapproche pas pour autant de manière significative sa musique de celle de Debussy en dehors peut-être d’une certaine coloration orchestrale.

Robert Kajanus (1856-1933). Chef d’orchestre et compositeur finlandais. Fondateur de la Société orchestrale d’Helsinki qu’il dirige pendant un demi-siècle. Champion de la musique de Sibelius, wagnérien ardent, défenseur de la musique finlandaise contemporaine, Kajanus domina la vie musicale à Helsinki. En janvier 1905 son ami Sibelius lui écrivit depuis Berlin : « Jette un coup d’œil aux Nocturnes de Debussy. Je pense que tu les trouveras dignes d’être exécutés ».
Evert Katila (1872-1945), critique majeur, compositeur et journaliste finlandais. Travaille pour Helsingin Sanomat et Sävelettären dont il est le fondateur en 1905. Assure diverses tâches administratives. Il laisse plusieurs partitions pour chœurs d’hommes.

(1900-1961). L’influence de Debussy marqua ce compositeur finlandais avant même qu’il ne se rende en France, son séjour parisien se situant en 1924-1925. Lors des comptes-rendus des exécutions de sa musique au cours des années 1920 et 1930 on parlait de son style comme relevant de « l’impressionnisme français », voire comme du « néo-impressionnisme », ces vocables incorporaient dans une certaine mesure les esthétiques de Ravel mais aussi de Chabrier, voire de Berlioz ! Notons avec Tyrväinen que le statisme souvent associé à l’impressionnisme ne se rencontre que très rarement dans la musique de Klami. Son Concerto pour piano n° 1 « Nuit à Montmartre » de 1924 est franchement inspiré par Ravel et eut beaucoup de mal à s’imposer en Finlande en 1928 à cause de ses traits considérés comme trop modernes au plan harmonique et de la marque du jazz qu’il contient. Le Kalevala fut aussi une puissante source d’inspiration pour ce compositeur qui évoluera ensuite vers un ardent et très intéressant néo-classicisme.

Compositeur, écrivain et chef d’orchestre finlandais, Heikki Klemetti (1876-1953) est le fondateur du fameux chœur d’hommes Suomen Laulu avec lequel il réalise de nombreuses tournées. Il a notamment publié une histoire de la musique.

Alma Kuula, cf. Alma Silventoinen.

(1883-1918). Créateur finlandais par trop méconnu tant une grande partie de son catalogue mérite une plus franche renommée. Lyrique et mélancolique, il donne une musique plutôt sombre mais bien ficelée. De son passage à Paris au cours des années 1909-1910 il découvre les oeuvres de d’Indy, Chausson, Dukas et bien sûr Debussy qui laisseront des marques sur sa production. Ce dernier influencera un certain nombre de musiques pour voix et orchestre comme les trois légendes : Merenkylpijäneidot (Servantes sur le rivage, 1910) pour soprano et orchestre ; Orjanpoika (Le Fils de l’esclave, 1910), pour soprano, baryton, chœur mixte et orchestre ; Impi ja Parajin poika (La Servante et le fils du boyard, 1911) pour soprano et orchestre. Toutes sur des textes de Eino Leino (1878-1926) issus du recueil Helkavirsiä (Chants de la fête du printemps). Avec des harmonies chromatiques et une coloration orchestrale marquée par le début du 20e siècle français. Encore une influence française dans le Stabat Mater de 1918 pour chœur mixte et orchestre à laquelle s’ajoute des traits venus de Wagner et de Bach.
Kuula ne cacha pas son enthousiasme pour Debussy lors de son séjour parisien en 1925. Il ressentit une puissante perception à l’écoute d’ Images pour orchestre, à Paris au cours de l’année 1913 comme indiqué par courrier à son collègue et ami Madetoja. Ainsi fut-il sans doute le premier compositeur finlandais à s’enflammer pour la musique du grand français.

Armas Launis (1884-1959), musicologue et compositeur finlandais a étudié avec Sibelius et Ilmari Krohn, il s’installe à Nice en 1930.
Son opéra Jehudith (1940) vaguement défendu, en partie, lors d’une retransmission radio en France en 1954, partage ses atmosphères entre le chromatisme wagnérien et des idées harmoniques et de thèmes brefs de Debussy et Ravel.

Helge Lindberg, baryton finlandais, 1887-1927, très populaire en Europe dans les années 1920. Egalement sculpteur. Il passe de nombreuses années à Vienne. Il chante Bach, Schoenberg, Kilpinen…

(né en 1958), est l’un des compositeurs finlandais vivants majeurs. Il développe un langage moderne et personnel. Toutefois il n’a pas toujours dédaigné citer d’autres musiques. Ainsi dans son Concerto pour piano repère-t-on des références à Debussy mais aussi à Sibelius. Pour le reste pas de rapprochement patent perçu avec le maître français.

Ernst Linko (1889-1960), compositeur, pianiste virtuose, enseignant, administrateur, a connu une vaste renommée pendant plusieurs décennies. Il a parachevé sa formation à Paris où il reviendra plus tard à l’occasion de tournées de concerts. Une part de sa réputation reposait sur ses interprétations de Bach, Beethoven et Brahms. Sa propre musique est d’obédience néo-classique revendiquée. De Debussy, il interprète à Helsinki 4 morceaux pour piano (4 février 1927), Estampes (21 novembre 1927).

. Grand compositeur finlandais (1887-1947). Elève de Sibelius en composition, également critique pour Uusi Suometar et Helsingin Sanomat, pédagogue (professeur d’histoire de la musique au Conservatoire d’Helsinki), il résida en France à plusieurs reprises (années 1910-1920). Ami de Kuula, il ne partagea pas sans réserve l’enthousiasme de son ami pour le compositeur français.
Cependant, Madetoja fut assurément le premier musicien finlandais à reconnaître à Debussy la stature d’un immense créateur, d’un authentique « maître », d’un « génie » même. Son intérêt pour le parcours de son collègue lui permit d’en percevoir, un des tout premiers, les différentes étapes stylistiques. Il avança avec raison en 1925 (et en 1928) que dans sa manière tardive Debussy (mort en 1918) se rapprochait de « la contemplation métaphysique » et « du thématisme ». Il ne cacha jamais ce qu’il ressentait et considérait comme « une poésie idyllique », des « paysages musicaux »… Il souleva aussi avec finesse l’opposition entre couleur et absence de réflexion, musique pure et description. Concepts nouveaux venant bousculer l’impact étroit et profond de la musique germanique sur les pays nordiques tels que défendus par Karl Ekman.

Aina Mannerheim. Belle sœur du futur maréchal de Finlande. Elle interprète à Helsinki le 20 septembre 1920 les Fêtes galantes (avec le fameux accompagnateur Kosti Vehanen au piano), elle donne aussi Romance (récitatif et air de L’Enfant prodigue) le 4 décembre 1925 (avec Ernst Linko).

(1868-1924). La popularité du pianiste et compositeur Oskar Merikanto fut exceptionnelle et à bien des égards largement supérieure à celle de son contemporain Jean Sibelius. En prenant connaissance de ses nombreux accompagnements pianistiques de chanteuses finlandaises il apparaît que les chansons de revenaient régulièrement. Ainsi contribua-t-il à la diffusion de la musique du maître français auprès du public local mais aussi sans aucun doute des acteurs de la vie musicale.
Milja Anne Aulikki Mikkola-Meurman (1906-1933). Soprano et pianiste finlandaise née à Turku. Chante Air de Lia (30 mars 1931) accompagnée de Kosti Vehanen.

Naema Nyberg. Avec Karl Ekman au piano elle chante Green le 23 novembre 1925.

Michele Orlando (1915-1951). Flûtiste italo-finlandaise. Elle a joué sous la direction d’Arturo Toscanini. Elle crée à Helsinki la Sonate pour flûte, alto et harpe de Debussy en 1929.

Selim Palmgren (Pori, 16 février 1878-Helsinki, 13 décembre 1951). Pianiste et compositeur, il est sûrement le musicien finlandais le plus connu après Sibelius son aîné de 13 années (au début du 20e siècle en tout cas). Après ses études à l’Institut de musique d’Helsinki (1896-1899), il parfait sa formation à Berlin auprès de Konrad Ansorge et Ferruccio Busoni puis en Italie (1906-1909). Il exerce le métier de chef d’orchestre et de pianiste concertiste à Turku (1909-1912). Pédagogue, il enseigne la composition et la théorie musicale à l’Eastman School of Music de Rochester, puis à partir de 1927 le piano et la composition au Conservatoire d’Helsinki avant de professer la composition à l’Académie Sibelius à partir de 1939.
Il est évident que sa musique a subi une nette influence de l’impressionnisme. Mais pas uniquement. Sa renommée repose sur ses œuvres pour le piano : 300 pièces pour l’instrument seul et 5 concertos. Globalement sa musique délivre une atmosphère sombre et romantique typique de son pays d’origine. Son Concerto pour piano et orchestre n° 2 « Le Fleuve » traduit sa fascination venue de l’enfance pour l’eau (il s’agit de la rivière Kokemäenjoki qui traverse sa ville natale, mais aussi des lacs comme le Katumajärvi) et des forêts.

De réels traits impressionnistes se trouvent dans son œuvre pour le piano, à côté de pièces pour virtuoses et d’autres davantage dans la lignée du national romantisme nordique. On citera par exemple Meri (La Mer) et Sota (Guerre) issues des 24 Préludes, op. 17 (1907). Et encore dans Toukokuun yö (Nuit de mai), op. 27/4 ; Iltaääniä, op. 47/1 (Bruits du soir), 1915 ; Kuutamo (Clair de lune) op. 54/3 ; Varjojen saari (L’Île des ombres), 1909, op. 28/2.
Cependant Erkki Salmenhaara dans Birth of a National and Musical Culture in Finland minimise l’importance de la musique française dans l’œuvre de Palmgren donnant comme argument le fait que ce compositeur ne mentionne pas une seule fois le nom de Debussy dans ses mémoires alors qu’il s’étend sur Schumann. Néanmoins, il est évident que c’est lui en quelque sorte qui importa l’impressionnisme en Finlande (musique pour piano et œuvres chorales) même s’il ne saurait être considéré comme un pâle épigone. On trouve chez lui, notamment dans ses 5 Concertos pour piano et orchestre les marques de Chopin, et Robert Schumann.
L’atmosphère de son opéra Daniel Hjort (créé à Turku en 1910) présente quelques analogies (lointaines) au plan psychologique avec Pelléas et Mélisande (créé en 1906).

Ernst Pingoud (1887-1942). Figure cosmopolite de la vie musicale finlandaise, de naissance russe, il s’ouvre sur la musique européenne au point que certains ne percevront guère d’éléments finnois dans sa production. Descendante du romantisme son orchestration riche ressort des influences venues de Tchaïkovski, Rachmaninov et aussi de Debussy et de . De Scriabine également. Ainsi que de l’expressionnisme.
Son Prologue symphonique op. 4 (1915) est nourri à la fois d’idées romantiques et impressionnistes, de même pour Confessions pour orchestre op. 5 (1915/1916), notable pour sa coloration impressionniste. Même influence pour La dernière aventure de Pierrot op. 6 (1916) pour l’atmosphère.

Agnes Poschner, soprano, 1880-1935. Artiste finlandaise, elle s’installe en Allemagne où elle chante dans différents opéras et enseigne à Leipzig. Elle étudie à Helsinki avec Emmy Achté puis à Paris. Son premier concert dans la capitale finlandaise se situe en 1903 avant d’y chanter en soliste avec l’orchestre symphonique en 1905 et 1909. Elle chante Mandoline (au piano Oscar Merikanto) à Helsinki le 23 septembre 1911.

Tauno Pylkkänen (1918-1980). Directeur artistique, critique musical et compositeur finlandais, élève en composition de Palmgren, Madetoja et Ranta à Helsinki. Son langage en appelle au courant romantique

Väinö Raitio (1891-1945). Condisciple de Ilmari Hannikainen (cf. supra). Il sera considéré comme un « compositeur moderniste ». Sa musique subira en partie l’influence de Debussy notamment celle de Pélleas. Il défend Arabesque 1 (29 mai 1912) lors d’une audition d’élèves du conservatoire.
Il séjourne à Paris en 1925-1926. On le considère comme un représentant de l’impressionnisme tout en écrivant une musique personnelle se rapprochant rapidement des fondamentaux de l’expressionnisme allemand. « La musique est couleur » dit-il quand même. Il admire Scriabine.

Lyyli Raunio. Fait travailler Clair de lune lors d’une audition d’élèves du conservatoire le 27 mai 1916.

Edouard Risler (1873-1929). Pianiste français, élève de Diémer et Dubois au Conservatoire de Paris puis de Klindworth et en Allemagne. Répétiteur à Bayreuth (1896-1897). Rencontre Cortot. Wagnérien convaincu. Il est aux côtés de Lamoureux lors de la première exécution de Lohengrin à Paris, donne la première à Paris de l’intégrale des sonates de Beethoven et le catalogue Chopin. Défend souvent le Clavecin bien tempéré de J.S. Bach. Interprète souvent en France et en Allemagne les musiques de Franck, Chabrier, Saint-Saëns, Liszt, Granados… A Helsinki, il interprète La Soirée dans Grenade le 16 mars 1909.

Emil Sauer. Pianiste et compositeur allemand (1862-1942). Elève de Nicolai Rubinstein au Conservatoire de Moscou et de Liszt à Weimar (1885). Enseigne au Conservatoire de Vienne dont il dirige le département de piano (1901-1907). Il laisse deux concertos pour piano, deux sonates pour piano, des pièces pour piano… Propose Clair de lune le 3 décembre 1911.

(1952). Son opéra L’Amour de loin (1999-2000) marque une grande date dans l’histoire de l’opéra finlandais. Commande du Festival de Salzbourg et du Théâtre du Châtelet de Paris il apparaît « comme une continuation du Tristan et Isolde de Wagner et du Pelléas et Mélisande de Debussy mais aussi du Saint François d’Assise de Messiaen. »

Erkki Salmenhaara (1941-2002). Longtemps qualifié d’enfant terrible de la musique finlandaise son style évolue vers davantage de simplicité et de tonalité et bientôt d’authentiques traits impressionnistes, puis minimalistes s’installent dans ses partitions. On songe par exemple à La fille en mini-jupe (titre inspiré par La fille aux cheveux de lin de Claude Debussy) de 1967. Il cite même son devancier… et d’autres encore, comme Beethoven. Dans son unique opéra intitulé Portugalin nainen (La Portugaise) de 1970-1972, d’après Robert Musil, il affiche une volonté de demeurer à distance des contrastes dramatiques et se rapproche vraiment de Pelléas et Mélisande avec son atmosphère vespérale peu active et son climat symboliste.

(né en 1958) jouit d’une très forte réputation mondiale en tant que chef d’orchestre exceptionnel ce qui n’a pas empêché récemment de le fêter en tant que compositeur (cf les articles mis en ligne sur ResMusica.com en 2011). S’il a longtemps joué la carte de la modernité, ses récentes musiques dénotent davantage d’attention au son, au thème et au discours musical. Son Concerto pour saxophone (son instrument) achevé en 1981 lui assura une grande réputation. Dans ses notes pour le programme Salonen cite ses sources majeures, à savoir les Français Debussy et Ravel, les modernistes italiens, les minimalistes américains et la Symphonie n° 7 de Sibelius.

Georg Schnéevoigt (1872-1947). Violoncelliste et chef d’orchestre finlandais d’immense renommée dans les pays du Nord de l’Europe. Il est le fondateur de l’Orchestre symphonique d’Helsinki. Ses relation conflictuelles avec Robert Kajanus n’étaient un secret pour personne. Il magnifie les musiques de Sibelius, Brahms, Bruckner et Mahler durant les années 1930 à une époque où ils ne jouissaient pas encore de la renommée qu’on leur accorde aujourd’hui.

Sigrid Schnéevoigt née Sigrid Sundgren Ingeborg (1878-1953). Pianiste finlandaise. Femme du chef Georg Schnéevoigt (mariage en 1898). Joue en récital et avec orchestre. Enseigne le piano à l’Académie Sibelius. Parmi ses élèves on trouve Ersnt Linko. A Helsinki, elle joue Arabesque, La Fille aux cheveux de lin, La Soirée dans Grenade (13 octobre 1911) ; Voiles, Le vent dans la plaine (26 janvier 1915, 15 octobre 1919).

-Hagelstam (1883-1946). Mezzo-soprano finlandaise. Sa réputation repose sur ses interprétations des chansons de Sibelius et des chansons françaises. Ses études se déroulent à Turku, Helsinki, Berlin et Paris. Elle se produit avec succès en Europe (dont Paris) et à l’Opéra finlandais d’Helsinki. Elle épouse l’attaché de presse finlandais à Paris Hagelstam qui l’accompagne au piano. En compagnie de Oscar Merikanto au piano elle chante Green et des extraits de L’Enfant prodigue le 20 septembre 1911 à Helsinki. Ariette oubliée (avec Kosti Vehanen) le 15 janvier 1915, L’Extase (20 janvier 1915) avec le même accompagnateur, que l’on retrouve dans Aria de Lia et Ariette oubliée (13 avril 1916), Green avec Oskar Merikanto (1er octobre 1918), Chevaux de bois avec Elis Mårtensen (4 octobre 1918), Romance et Fantoches avec Leo Funtek (23 mars 1920), même pianiste le 7 février 1923 dans En sourdine et Fantoches, idem le 28 octobre 1925 dans Romance, retour de Kosti Vehanen le 3 mars 1930 dans Ballade des femmes de Paris.

Alma Silventoinen (1884-1941). Soprano finlandaise chantant en concert et en oratorio. Femme du compositeur . Elle étudie à l’Institut de musique d’Helsinki de 1903 à 1908. Elle y a pour professeur Alexandra Ahnger et Abraham Ojanperä. Elle se perfectionne à Paris. Elle donne son premier concert à Helsinki en 1911. Complément d’études à Milan, Paris, Berlin et Rome. Chante en concerts dans toute la Finlande en compagnie de avec lequel elle se marie en 1914. Se produit en Finlande, à Saint-Pétersbourg, Pays Baltes, Milan, Allemagne. Elle enseigne aussi le chant. Elle fut la première chanteuse des œuvres de Debussy dans son pays.

Citons ses prestations à Helsinki : 2 Ariettes oubliées avec Oskar Merikanto (3 février 1911) ; Les Cloches et L’Ombre des arbres avec Toivo Kuula (31 octobre 1912) ; Clair de lune avec son mari (9 mars 1914) ; C’est l’extase amoureuse avec Ernst Linko (5 mars 1920) ; De Fleurs avec Leo Funtek (7 avril 1921) ; C’est l’extase amoureuse et Il pleure dans mon cœur avec Leo Funtek (3 novembre 1924).

Adelaina von Skilondz (1882-1969). Soprano coloratura d’opéra russe née à Saint-Pétersbourg où elle étudie le chant et commence sa carrière en 1904. Elle chante au Hofoper de Berlin jusqu’en 1914 puis s’installe à Stockholm où elle se produit à l’opéra jusqu’en 1920 et en concert jusqu’en 1930. Elle enseigne le chant. Kim Borg et figurent parmi ses élèves.

Elle Chante Air de Lia (avec Oskar Merikanto) le 2 février 1915, Clair de lune et Fantoches (même pianiste) le 6 octobre 1917, Fantoche (avec Karl Ekman) le 2 avril 1927. Ses interprétations reçoivent les faveurs du public finlandais.

Jenny Spennert (1879-1950), soprano ayant chanté à l’Opéra de Paris. Commence sa carrière en chantant des vaudevilles en Finlande, puis chante des opérettes et des opéras. Elle est chanteuse, actrice, danseuse à Helsinki, Paris et Saint-Pétersbourg. Après avoir étudié le chant à Paris, en Allemagne et à Londres, elle donne son premier concert à Helsinki en 1903. En 1911 elle chante à l’Opéra de Paris, à Berlin et à Stockholm. Puis au MET de New York. Concerts à Helsinki, se produit à l’Opéra finlandais (1912).
A son actif et avec Oskar Merikanto, La Mort des amants (14 octobre 1914, 22 mars 1916), Beau soir (14 mai 1920, 25 octobre 1923).

Irma Tervani (1887-1936). Chanteuse finlandaise : alto. Fille de Emmy Achté.
Sœur cadette de la célèbre Aino Ackté, soliste à l’Opéra de Dresde, appréciée pour son interprétation de Carmen. Elle chante La demoiselle élue à Leipzig.
Chante La Chevelure et Romance en 1912 (8 décembre) avec Oskar Merikanto à Helsinki. Signalons qu’elle a parachevé ses études à Paris, en Suède et à Dresde. Chante en Allemagne, en Finlande (Helsinki et Savonlinna)…

Bengt von Törne (1891-1967). Musicien finlandais élève de Sibelius. Oublié. Il écrivit un ouvrage intitulé : « Sibelius : A Close Up » en 1937. Il rapporta une conversation qu’il eut avec son maître au sujet de Debussy. Sibelius aurait affirmé que Debussy lui-même, qu’il connaissait personnellement, « savait qu’il n’était ni grand ni profond ». Etait-ce la phrase exacte ? von Törne avait-il exagéré son admiration pour Sibelius ? En tout cas ce passage provoqua diverses réactions, notamment une très violente de la part d’Adorno…

Tullio Voghera (1879-1943). Chef d’orchestre italien. Travaille au MET de New York durant les saisons 1909-1910 comme chef d’orchestre adjoint. Il enseigne le chant traditionnel italien à Björling dans les années 1930.

Karl Fredrik Wasenius (1850-1920). Editeur de musique finlandais (premières œuvres de Sibelius) et critique musical renommé (et redouté) dans la presse d’expression suédoise à Helsinki. Il signait ses papiers Bis. A joué de l’alto. Compositeur mineur. Il défendit l’œuvre de Sibelius.

Martin Wegelius (1846-1906). Pédagogue et administrateur finlandais renommé. Formation à Vienne et à Leipzig (conservatoire). Il fonde l’Institut de musique (conservatoire) d’Helsinki, professeur de composition, musicographe et plus accessoirement compositeur. Wagnérien engagé. Sibelius figure parmi ses nombreux élèves promis à un bel avenir. Dans son Histoire de la musique occidentale (1904) il mentionne Debussy dans le chapitre traitant de l’évolution de l’opéra français. Ses sources à cet égard sont d’origine allemande (Musik-Lexikon de Hugo von Riemann). Il ne lui consacre que quatre lignes tandis qu’il s’épanche davantage sur Mahler et Richard Strauss et plus encore au profit de Grieg et Tchaïkovski.

L’Orchestre Philharmonique d’Helsinki comptait 62 musiciens en 1912, 45 en 1914 (après le départ des musiciens allemands), 68 en 1919.

L’Orchestre de Riga, fondé par Schnéevoigt, grand concurrent de Kajanus, comprenait 60 musiciens en 1912.

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