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A Nantes, Orphée en noir et blanc

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Nantes. Théâtre Graslin. 4-III-2012. Christoph Willibald Gluck (1714-1787) : Orphée et Eurydice, opéra en 4 actes sur un livret de Raniero de Calzabigi. Mise en scène : Emmanuelle Bastet. Scénographie & costumes : Tim Northam. Lumières : François Thouret. Avec : Julie Robard-Gendre, Orphée ; Hélène Guilmette, Eurydice ; Sophie Junker, Amour. Chœur d’Angers Nantes Opéra (direction : Sandrine Abello), Orchestre National des Pays de la Loire, direction : Andreas Spering

Orphée et Eurydice constitue la troisième collaboration entre et Angers Nantes Opéra après une Etoile jubilatoire  et un remarquable Lucio Silla. La réalisatrice s’est, dans cette nouvelle production de la version révisée par Hector Berlioz, attachée à caractériser le voyage intérieur d’Orphée. Tout démarre mollement avec un dispositif minimaliste, une expression un peu forcée de la douleur du poète et une entrée fastidieuse du chœur, mais la cohérence du propos s’impose rapidement avec des idées intéressantes comme celle de transformer un Amour omniprésent en double, en conscience peut-être, d’Orphée : même costume, même coupe de cheveux. possède le sens de l’image poétique et sait jouer des ombres et des transparences.

Au deuxième acte, l’enfer est caractérisé uniquement par les brillantes lumières de François Thouret. Les protagonistes évoluent dans un univers clos dessiné en noir et blanc, à l’exception de l’acte des Champs-Elysées où le dispositif s’aère enfin et se colore de superbes teintes automnales.

Le final, reconstitution de la cérémonie funèbre où cette fois Orphée a rejoint Eurydice sous le linceul, est d’une force considérable et nous offre une belle source de questionnement, à l’image de l’ensemble d’une démarche très intelligente.

A la baguette, semble hésiter entre classicisme et romantisme et surprend par certains choix de tempi. Il tire toutefois parti des sonorités d’un orchestre une nouvelle fois irréprochable, avec mention pour le pupitre de cordes, pour apporter un commentaire pertinent au drame scénique. Le chœur, préparé par Sandrine Abello, fait pour sa part preuve d’une discipline exemplaire.

possède un instrument intéressant, qui a positivement évolué depuis ses débuts professionnels, et beaucoup de musicalité. Elle trouve toutefois ses limites dans les instants de bravoure où l’impact fait parfois défaut. Elle est davantage en valeur dans J’ai perdu mon Eurydice, détaillé avec intelligence. La fraîcheur du timbre de la jeune fait merveille en Amour, tandis qu’, après un air d’entrée en demi-teinte, exploite son charme scénique, la texture rare de sa voix et son tempérament scénique pour s’épanouir dans l’expression des tourments.

Crédit photographique : (Orphée) (Eurydice) © Jef Rabillon pour Angers Nantes Opéra

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Nantes. Théâtre Graslin. 4-III-2012. Christoph Willibald Gluck (1714-1787) : Orphée et Eurydice, opéra en 4 actes sur un livret de Raniero de Calzabigi. Mise en scène : Emmanuelle Bastet. Scénographie & costumes : Tim Northam. Lumières : François Thouret. Avec : Julie Robard-Gendre, Orphée ; Hélène Guilmette, Eurydice ; Sophie Junker, Amour. Chœur d’Angers Nantes Opéra (direction : Sandrine Abello), Orchestre National des Pays de la Loire, direction : Andreas Spering

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