Concerts, La Scène, Musique de chambre et récital

Récital Christian Gerhaher et Gerold Huber

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Munich. Prinzregententheater. 7-VII-2012. Ludwig van Beethoven (1770-1827) : An die ferne Geliebte, cycle de mélodies op. 98 ; Arnold Schönberg (1874-1951) : Livre des jardins suspendus, sur des poèmes de Stefan George, op. 15 ; Joseph Haydn (1732-1808) : Cinq mélodies anglaises ; Alban Berg (1885-1935) : Cinq Lieder d’après des textes de cartes postales de Peter Altenberg, op. 4 (réduction par Gerold Huber); Ludwig van Beethoven : Adelaide, op. 46. Christian Gerhaher, baryton ; Gerold Huber, piano

et avaient donné lors du Festival d’opéra de Munich en 2011 un récital Mahler en tout point exceptionnel et justement ovationné par une salle complète depuis des mois. Celui de 2012 a tout autant mis la billetterie en surchauffe, mais le résultat est sensiblement moins enthousiasmant. Le programme choisi correspondait pour l’essentiel à celui de leur plus récent disque, faisant cohabiter en première partie deux cycles distants de près d’un siècle, mais qui ont en commun l’importance de la pensée cyclique, à l’opposé des parcours unidirectionnels des cycles de Schubert – et aussi le caractère problématique de leurs textes, la poésie symboliste surchargée et vieillie de Stefan George ne valant pas forcément beaucoup plus que les naïfs textes choisis par Beethoven.
La voix chaleureuse et la diction précise de impressionnent toujours, mais la naïveté musicale et textuelle des mélodies de Beethoven et de Haydn, leur ancrage populaire, leur immédiateté lui conviennent beaucoup moins que Mahler ou Brahms – un peu de sourire intérieur, par exemple, n’aurait pas nui.
De manière plus surprenante peut-être, son interprétation du rare cycle de Schönberg ne convainc qu’à moitié : l’intelligence du texte est présente, celle de la musique aussi ; mais ces qualités peinent à s’accompagner d’une autre qualité indispensable pour aborder la musique de Schönberg, la capacité à dessiner des lignes, à faire naître le sensible et l’humain à partir des notes.
Le meilleur moment de la soirée est donc constituée par une version pour piano et voix des cinq brefs Chants sur des textes de carte postale de Peter Altenberg, admirable poète de la bohème viennoise de la Belle époque, qui vient couronner une soirée placée sous le signe de l’ancienne capitale impériale et royale. On y retrouve la musicalité discrète en même temps qu’impitoyablement précise de l’un des meilleurs pianistes actuels pour le lied, qui en a également réalisé la délicate adaptation ; on retrouve surtout enfin les qualités poétiques coutumières de Christian Gerhaher, inégalable peintre des clairs-obscurs.

Crédit photographique : Jim Rakete, Sony Classical

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Munich. Prinzregententheater. 7-VII-2012. Ludwig van Beethoven (1770-1827) : An die ferne Geliebte, cycle de mélodies op. 98 ; Arnold Schönberg (1874-1951) : Livre des jardins suspendus, sur des poèmes de Stefan George, op. 15 ; Joseph Haydn (1732-1808) : Cinq mélodies anglaises ; Alban Berg (1885-1935) : Cinq Lieder d’après des textes de cartes postales de Peter Altenberg, op. 4 (réduction par Gerold Huber); Ludwig van Beethoven : Adelaide, op. 46. Christian Gerhaher, baryton ; Gerold Huber, piano

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