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L’Orchestre national de France hors les murs

Concerts, La Scène, Musique symphonique

Paris, Eglise Saint-Eustache, 4-X 2012. Camille Saint-Saëns (1835-1921) : Concerto pour violon et orchestre n° 3 en si mineur op. 61 ; Gabriel Fauré (1845-1924) : Messe de Requiem. Fanny Clamagirand, violon ; Amel Brahim-Djelloul, soprano ; Edwin Crossley-Mercer, baryton. Orchestre national de France, Chœur de Radio France ; Matthias Brauer, chef de chœur ; Alain Altinoglu, direction

L’, sous la baguette d’, sort de ses salles de concert habituelles pour s’installer une soirée à l’église Saint-Eustache. En guise de première partie, la jeune violoniste parisienne interprète magistralement le Troisième Concerto de Saint-Saëns. Après avoir fait ses études à Paris et à Londres, elle remporte le Concours international Fritz Kreisler à Vienne, puis le prix Prince Rainier III de Monaco aux Violon Masters. Très à l’aise, elle semble connaître sur le bout des doigts cette œuvre exigeant à la fois une grande virtuosité et une qualité de mélodiste. Avec un son riche et ample, une technique impeccable, d’une fluidité rare, elle interprète chaque note à la perfection, dans une émotion parfaitement maitrisée. Son exécution dénote une grande assurance, mais aussi une certaine froideur. En tout cas, nous nous doutons que ce soit la disposition de l’orchestre, installé totalement à plat, qui a crée cette impression : l’acoustique du lieu forme une résonance ambigüe dans laquelle l’orchestre sonne en l’air, au-dessus de nos têtes, faisant ressortir le violon solo de manière assez déséquilibré. S’il y avait plus de fusion sonore entre celui-ci et l’orchestre, nous aurions certainement pu apprécier davantage le jeu de la musicienne.

Vient ensuite le Requiem de Fauré. Le , très naturel et lyrique, nous enchante par la beauté de ses voix extrêmement homogènes. Ce soir-la, jamais nous n’avons entendu un seul choriste forcer sa voix, et tout était là pour magnifier les délicates harmonies de Fauré. A la fin, le chœur dans son ensemble suspend la dernière note, sans aucune altération, et avec quelle beauté ! Dans « Pie Jesu », commence sobrement, sans vibrato, et amplifie progressivement l’expression. Quant à , le timbre et le coloris de sa voix sont idéalement adaptés à chaque morceau, dramatique, grave ou doux.

Le jeune et talentueux chef dirige l’ensemble avec une maîtrise étonnante ; son ascension fulgurante depuis ces dernières années atteste éloquemment de tout son talent et ce concert a une fois de plus confirmé l’excellence de son art.

Crédit photographique : © D.Champion

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