La Scène, Opéra, Opéras

Le Phaéton de Rousset au zénith

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Paris. Salle Pleyel. 25-X-2012. Jean-Baptiste Lully (1632-1687) : Phaéton, tragédie en musique en cinq actes et un prologue, sur un livret de Philippe Quinault. Avec Emiliano Gonzalez Toro, Phaéton ; Andrew Foster-Williams, Epaphus ; Ingrid Perruche, Clymène ; Isabelle Druet, Théone, Astrée ; Cyril Auvity, Triton, le Soleil, la déesse de la Terre ; Frédéric Caton, Mérops, Automne, Jupiter ; Gaëlle Arquez, Libye ; Benoît Arnould, Protée, Saturne ; Virginie Thomas, une heure, une bergère égyptienne. Le Choeur de chambre de Namur. Les Talens Lyriques : Christophe Rousset, direction.

Après le Festival de Beaune, de poursuivent à la salle Pleyel la représentation du Phaéton de Lully.

De toutes les tragédies en musique issues de la collaboration entre Lully et Quinault, Phaéton figure parmi les plus remarquables, et des plus acclamées du public de l’époque. Crée en 1683 au Château de Versailles, Phaéton rencontra un tel succès au Théâtre du Palais Royal à Paris, puis à l’Académie royale de musique de Lyon qu’il fut surnommé « l’opéra du peuple ».

Phaéton, fils du Soleil, aveuglé par le désir de briguer le trône d’Égypte, et pour prouver sa filiation, emprunte le char de son père. Mais n’ayant ni le pouvoir ni la légitimité de le conduire, Phaéton se laisse emporter par le char et multiplie les catastrophes sur la Terre. Jupiter se résout à frapper le char par la foudre pour arrêter le massacre, entraînant la chute et la mort de Phaéton. Allégorie de l’orgueil téméraire défiant le pouvoir royal souverain, le lien avec la disgrâce du surintendant Fouquet par Louis XIV, paraît évident aux yeux du public de l’époque.

Sous la direction de , le jeu de l’orchestre se fait à la fois moins incisif mais plus fluide et souple que dans la version de Minkowski. Les bois sont magnifiques, malheureusement on entend moins bien les clavecins. Unis au , homogène, nuancé, ils campent ensemble un décor sonore majestueux et brillant.
Il faut bien le dire, la distribution est royale, présentant de belles et fortes personnalités, même pour les rôles secondaires. (Phaéton), par son timbre et sa présence incarne un héro solaire, « ambitieux mais non brutal » comme le souhaitait Lully. Avec le ténor -tour à tour Triton et le Soleil- s’est dessiné entre eux une belle complémentarité vocale. Ce dernier, convaincant et énergique, a su apporter une gestuelle plus qu’appréciable, dans une version d’orchestre ne permettant que peu les jeux de scènes.

est une Clymène complexe dans son rôle de mère, dévorée d’ambition, tout en chargeant sa voix des fêlures et des craintes éprouvées pour l’avenir de son fils. L’émotion et la douceur sont apportées par la Théone d’, au timbre ample et à l’excellente diction. (Libye), vibrante et dramatique, nous a notamment offert d’excellents duos avec (Epaphus).

Voilà donc les éléments d’une soirée très réussie, qui nous a fait presque deviner les décors, ballets et costumes qui manquent tant…avec les yeux du cœur et de l’âme.

Crédit photographique : © Eric Layadieu

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Paris. Salle Pleyel. 25-X-2012. Jean-Baptiste Lully (1632-1687) : Phaéton, tragédie en musique en cinq actes et un prologue, sur un livret de Philippe Quinault. Avec Emiliano Gonzalez Toro, Phaéton ; Andrew Foster-Williams, Epaphus ; Ingrid Perruche, Clymène ; Isabelle Druet, Théone, Astrée ; Cyril Auvity, Triton, le Soleil, la déesse de la Terre ; Frédéric Caton, Mérops, Automne, Jupiter ; Gaëlle Arquez, Libye ; Benoît Arnould, Protée, Saturne ; Virginie Thomas, une heure, une bergère égyptienne. Le Choeur de chambre de Namur. Les Talens Lyriques : Christophe Rousset, direction.

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