Simphonie du Marais : Charpentier et les musiques pour Molière

Concerts, La Scène, Musique d'ensemble

Paris. Opéra Comique. 15-I-2013. Compositions de Marc-Antoine Charpentier pour les comédies-ballets de Molière. Marc-Antoine Charpentier (1643-1704) : Le Dépit amoureux, Ouverture ; Orphée descendant aux enfers, Prélude et intermèdes ; La Comtesse d’Escarbagnas, Ouverture ; Le Mariage forcé, Intermèdes nouveaux ; Le Malade imaginaire « avec les deffences », Prologue et 1er intermède ; Le Sicilien, Ouverture et Sérénade. Romain Champion, Géronimo, Scapacamond ; Vincent Bouchot, Marphurius, Polichinelle, la Vieille ; Florian Westphal, Sganarelle, un archer. La Simphonie du Marais : François Costa, Anne-Violaine Caillaux, violons ; Myriam Cambreling, alto ; Annablle Luis, basse de violon ; André Henrich, archiluth et guitare ; Yannick Varlet, clavecin ; Hugo Reyne, flûtes, hautbois, cromorne, direction et mise en espace.

Lorsque entreprit de composer les musiques des comédies-ballets écrites par , l’enjeu était de taille : il fallait non seulement être à la hauteur de son illustre prédécesseur, Lully, tout en relevant le défi d’écrire pour le théâtre comique, lui, jeune compositeur d’une trentaine d’années, qui commençait une carrière centrée sur la musique sacrée.

Avec le programme des « Musiques pour les comédies de », et célèbrent cette collaboration unique. Après les premières représentations du programme au Festival de la Chabotterie en 2011, un enregistrement salué par la critique, paru en 2012, sous le label Musique à la Chabotterie, 2013 sera l’année du succès parisien, avec une représentation sur la scène de l’Opéra Comique.

Voilà un moment très attendu pour les amateurs de l’enregistrement de 2012, qui rêvaient d’apprécier de visu le talent comique des solistes, mais aussi des musiciens, formant ainsi une véritable troupe, jouant aux confins du théâtre et de la musique. Pour ce faire, il fallait compter sur la mise en espace d’ : ici, orchestre et solistes sont mis sur un réel plan d’égalité. Les échanges comiques entre chanteurs et instrumentistes s’instaurent avec beaucoup de naturel, et l’on assiste à une véritable Comedia dell’Arte. L’orchestre est discret, mais espiègle, et souligne en musique les farces, les situations comiques, les jeux de scènes, sait parfaitement pointer le ridicule, hypertrophier l’émotion.

L’Orphée descendant aux enfers s’ouvre sur un orchestre au jeu doux et mélancolique, réhaussé par les deux premiers rôles du violon -François Costa- et de la flûte -Hugo Reynes-. Dans ce registre tragique, Romain Champion est excellent, notamment dans « Effroyables enfers ». Son timbre et à sa prestance font de lui un tragédien passionné, presque romantique.

Puis la tragédie se retire très vite au profit de la comédie, avec l’Ouverture de la Comtesse d’Escarbagnas, galopante, intégrant les intermèdes nouveaux du Mariage Forcé, où les trois solistes déploient tout leur talent de chanteurs, mais aussi de comédiens. Bien que les duos ne soient pas toujours homogènes au départ, les trios sont réussis, dans la diction, et le volume, et l’intention notamment dans le Songe et la Gavotte.

L’alchimie comique naît tout particulièrement du fameux tandem entre l’humour pince sans rire-Romain Champion- et le comique « bouffe » - et Florian Westphal-. Le balcon côté jardin de l’Opéra Comique sera à tout jamais marqué par cet improbable duo entre Romain Champion, amoureux transis, chantant la sérénade à la vierge -par tout à fait-effarouchée incarnée par .

La Simphonie du Maris nous a offert ces intermèdes et ouvertures de Charpentier de mains de maître, et avec une âme d’enfant, de quoi passer un excellent moment en leur compagnie.

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