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Paris, Salle Gaveau, les 12 et 13-IV 2013. Œuvres de Claude Debussy (1862-1918), César Franck (1822-1890), Gabriel Fauré (1845-1924), Camille Saint-Saëns (1835-1921), Olivier Messiaen (1908-1992), Maurice Ravel (1875-1937), Georges Bizet (1838-1875), Richard Wagner (1813-1883), Franz Liszt (1811-1886), Arnold Schoenberg (1874-1951), Jean-Sébastien Bach (1685-1750). Jean-Claude Pennetier, Boris Berezovsky, Claire Désert, Emmanuel Strosser, Florent Boffard, piano, Henri Demarquette, violoncelle, Quatuor Modigliani.

Devenue désormais un événement musical parisien traditionnel, la Folle Nuit à Gaveau a accueilli cette année encore des interprètes de grande qualité au cours de onze concerts d’une heure chacun, au prix modique de 10 euros pour le piano et 12 euros pour la musique de chambre. Nous avons assisté aux quatre premiers concerts.

Le vendredi 19 heures, en ouverture de la série, le offre un Quatuor de Debussy aux mille nuances, suivi du Quintette Fauré avec, au piano, . L’interprétation fait se confronter et s’allier à la fois deux générations de musiciens : le jeu assuré et plein de maturité de d’une part et la fraicheur juvénile et passionnée des Modigliani de l’autre. Le maître du piano guide les cordes tout en les laissant s’exprimer librement, conférant ainsi une grande harmonie à la musique ; ce furent donc de très beaux moments.

A 21 heures, et nous livrent un petit panorama de la musique française moderne avec Elégie de Fauré, Première Sonate de Saint-Saëns, Louange à l’Eternité de Jésus (extrait du Quatuor pour la fin du temps) de Messiaen et Sonate de Debussy. Ces deux musiciens de sensibilité très proche forment une heureuse entité musicale, la largesse et la profondeur du violoncelle trouvant son écho dans un piano au son et aux phrasés extrêmement clairs et rassurants. Pavane pour une infante défunte de Ravel et Cygne de Saint-Saëns complètent le programme avec une élégance rêveuse.

Le samedi 13, la 2ème Nuit commence à 13 heures. et proposent les chefs-d’œuvres français du piano à quatre mains : Dolly de Fauré, Ma Mère l’Oye de Ravel et Jeux d’enfants de Bizet. En parfaite synchronisation d’un bout à l’autre, ce qui est très rare, les deux pianistes se font les ambassadeurs du genre, transmettant à travers ces petites pièce la vision d’enfance de leurs compositeurs : rêverie, douceur, espièglerie, imaginaire, imitation du monde adulte… Après ces morceaux de caractère, joués dans une grande simplicité, l’interprétation d’une Danse slave de Dvorak en bis a eu une résonance très expressive.
Le récital de Florent Bouffard, samedi à 15h, est sans doute l’un des plus intéressants de la série. Sur le choix de son programme tout d’abord : il associe de grands maîtres du passé (JS Bach, Liszt et Wagner) à Schoenberg, en montrant de façon incontestable la continuité musicale entre ces créateurs, notamment entre la Cinquième Suite française de Bach et la Suite pour piano du compositeur de la Seconde école de Vienne. Sur le plan de l’interprétation ensuite : s’il exécute les Trois pièces avec un romantisme avéré (rappelons que l’œuvre à été écrite en 1909, avant que Schoenberg s’engage sur la voie de l’atonalité puis du sérialisme), il suggère clairement la sonorité du clavecin dans la Suite de Bach, par un apport acoustique assez uniforme et un son assez dur et « impersonnel ». Mais cette dureté évoque paradoxalement quelque chose de précieux et de chaleureux, tel que du bois de chêne ou d’ébène. Dans la « Gigue » finale, la différence de coloris dans cette texture sonore restreinte est si habilement rendue qu’un moment donné, nous avons nettement entendu le double clavier du clavecin.

Pour la Suite de Schoenberg, Florent Bouffard reste dans le même cadre sonore, mais en l’enrichissant plus ou moins selon les morceaux. Dans le bis, de nouveau Bach, un mouvement de la Troisième Sonate en trio : sous ses doigts, le piano sonne cette fois comme l’orgue. Avec une technique absolument infaillible, Florent Bouffard, grand maître en la matière, nous propose une fois de plus, un modèle d’interprétation des œuvres d’aujourd’hui. Avec lui, écouter la musique contemporaine devient un pur plaisir. Un musicien vraiment rare, à ne manquer sous aucun contexte.

Crédit photographique : © Jean-Philippe Raibaud; Florent Boffard © DR

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Paris, Salle Gaveau, les 12 et 13-IV 2013. Œuvres de Claude Debussy (1862-1918), César Franck (1822-1890), Gabriel Fauré (1845-1924), Camille Saint-Saëns (1835-1921), Olivier Messiaen (1908-1992), Maurice Ravel (1875-1937), Georges Bizet (1838-1875), Richard Wagner (1813-1883), Franz Liszt (1811-1886), Arnold Schoenberg (1874-1951), Jean-Sébastien Bach (1685-1750). Jean-Claude Pennetier, Boris Berezovsky, Claire Désert, Emmanuel Strosser, Florent Boffard, piano, Henri Demarquette, violoncelle, Quatuor Modigliani.

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