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Harmonies vénitiennes à la biennale d’Art Vocal

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Paris. Cité de la Musique. 04-VI-2013. Andrea Gabrieli (1533-1585) : Intonatione d’organo ; Toccata d’organo ; Giovanni Gabrieli (1553-1612) : Canzon sesta a 7 voci ; In ecclesiis a 14 voci ; Canzon nona a 8 sopra fa sol la ré ; Santus a 12 voci in 3 cori ; Canzon settima a 7 voci ; Claudio Monteverdi (1567-1643) : Kyrie extrait de la Missa in illo tempore a 6 voci ; Gloria et Credo extraits de la Selva Morale e spirituale ; Agnus Dei extrait de la Mussa a 4 da cappella ; Adoramus Te a 6 voci. Ensemble la Fenice : William Dongois, cornet ; Stéphanie Pfister, Katharina Heutjer, violons ; Stéfan Legée, Franck Poitrineau, trombones ; Krzysztof Lewandowski, basson ; Nicolas Achten, théorbe et orgue ; Frédéric Rivoal, orgue ; Claire Lefilliâtre, soprano ; Renaud Tripathi, haute-contre ; Hans Jörg Mammel, ténor ; Marc Mauillon, baryton ; Nederlands Kamerkoor ; Jean Tubéry, direction.

Pour la 6e biennale d’art vocal de la Cité de la Musique, l’ et le nous plongent dans la splendeur de la musique sacrée baroque vénitienne. En reconstituant une messe concertante pour orgue, voix et instruments, ils relèvent l’audacieux défi de donner à entendre la musique de la Basilique Saint-Marc au début du XVIIe siècle.

Cette cérémonie sacrée, reconstituée à partir des pièces du propre et de l’ordinaire d’Andrea et , ainsi que , est avant tout la musique d’un lieu : une basilique construite avec deux tribunes d’orgue de chaque côté du choeur et un vaste Pulpitum magnorum cantorum face à la nef. Les compositeurs surent tirer profit de ce potentiel architectural et acoustique en produisant une musique polychorale d’une rare complexité, contrastante et concertante. Les jeux de réponses entre les différents choeurs et instruments, la multiplicité des sources sonores fascinent le fidèle qui se perd dans l’immensité des Mystères Divins.

Il fallait tout la ferveur de pour donner à ce programme l’unité nécessaire à cette cérémonie sacrée reinventée. Les intonations d’orgue d’ plongent d’emblée la salle dans le recueillement, par le jeu à la fois calme et brillant de Frédéric Rivoal. C’est aussi l’harmonie des sept timbres instrumentaux dans les Canzoni sesta a 7 voci, soulignant toute la fantaisie des contrepoints.

Les voix, bien sûr, quoiqu’un peu couvertes par les instruments au début, surprennent et fascinent avec les jeux sonores liés aux pièces elles-mêmes, mais aussi aux changements fréquents de configuration.

Du recueillement du Kyrie de Monteverdi, au Gloria tourbilonnant, puis au Credo impeccablement précis, choeur et solistes nous restituent la complexité de cette musique avec une grande exigence en matière d’équilibre des voix et de diction. Pour le Sanctus, les solistes vont même chanter face à face dans les balcons de la salle de concert de la Cité de la Musique.

Une belle réussite.

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Paris. Cité de la Musique. 04-VI-2013. Andrea Gabrieli (1533-1585) : Intonatione d’organo ; Toccata d’organo ; Giovanni Gabrieli (1553-1612) : Canzon sesta a 7 voci ; In ecclesiis a 14 voci ; Canzon nona a 8 sopra fa sol la ré ; Santus a 12 voci in 3 cori ; Canzon settima a 7 voci ; Claudio Monteverdi (1567-1643) : Kyrie extrait de la Missa in illo tempore a 6 voci ; Gloria et Credo extraits de la Selva Morale e spirituale ; Agnus Dei extrait de la Mussa a 4 da cappella ; Adoramus Te a 6 voci. Ensemble la Fenice : William Dongois, cornet ; Stéphanie Pfister, Katharina Heutjer, violons ; Stéfan Legée, Franck Poitrineau, trombones ; Krzysztof Lewandowski, basson ; Nicolas Achten, théorbe et orgue ; Frédéric Rivoal, orgue ; Claire Lefilliâtre, soprano ; Renaud Tripathi, haute-contre ; Hans Jörg Mammel, ténor ; Marc Mauillon, baryton ; Nederlands Kamerkoor ; Jean Tubéry, direction.

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