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Requiem de juin à Paris, version I

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Paris, Opéra Bastille. 11-VI-2013. Giuseppe Verdi : Requiem. Kristin Lewis, soprano ; Violeta Urmana, mezzo-soprano ; Piotr Beczala, ténor ; Ilar Abdrazakov, basse. Choeur et Orchestre de l’Opéra national de Paris (chef de choeur : Patrick Marie Aubert), direction : Philippe Jordan

Enième Requiem de Verdi cette saison. C’est un peu oublier que ce compositeur a écrit bien d’autres choses, dont un ultime chef d’oeuvre, les Quattro Pezzi Sacri, dont on attend toujours l’exécution à Paris en cette année de bicentenaire. Néanmoins devant l’avalanche de propositions de cette messe des morts, il est tentant d’en faire un palmarès. En attendant la version Gatti / ONF le 18 juin prochain, celle entendue ce soir à Bastille se positionne bien en tête de peloton.

A tout seigneur tout honneur, le choeur, « personnage » essentiel de l’oeuvre. Pour une fois, pas d’assemblée d’amateurs de plus ou moins bon niveau. Pas d’acoustique tournoyante (type Basilique de Saint-Denis ou église de la Madeleine). Le spectateur entend tout, y compris le monumental Tuba mirum, ce soir littéralement apocalyptique. Sachant allier puissance (dans le Tuba mirum cité ou le Dies irae) et précision (Lacrimosa, Agnus Dei, Sanctus), le Choeur de l’Opéra national de Paris – au grand complet – préparé par Patrick Marie Aubert donne de son meilleur. Coté soliste, le bilan est mitigé. Ces messieurs, Piotr Beczala et sont excellents. , plus à l’aise dans la tessiture de mezzo-soprano, ne peut masquer une certaine fatigue vocale. possède les notes et la puissance requises, mais reste un peu en dehors du style verdien, poitrinant parfois à l’excès (Libera me final).

L’Orchestre de l’Opéra national de Paris et sont les autres vainqueurs de la soirée à l’applaudimètre. Plénitude sonore des cuivres, tapis homogène des cordes – dont un remarquable pupitre de violoncelles, mordant des bois, tout y est, jusqu’à la précision des timbales et grosses caisses, qui savent se montrer puissantes sans être assourdissantes. En optant pour des tempi larges, non seulement ne bouscule jamais ses troupes mais laisse l’ensemble respirer. Refusant toute théâtralité, il livre une version qui submerge le public par son épanchement romantique. Public qui, en réservant de longues minutes de rappel, ne s’est pas trompé en ayant eu l’impression d’assister à un grand concert.

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Paris, Opéra Bastille. 11-VI-2013. Giuseppe Verdi : Requiem. Kristin Lewis, soprano ; Violeta Urmana, mezzo-soprano ; Piotr Beczala, ténor ; Ilar Abdrazakov, basse. Choeur et Orchestre de l’Opéra national de Paris (chef de choeur : Patrick Marie Aubert), direction : Philippe Jordan

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