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Dijon, Auditorium, 17-I-2014. Albert Schnelzer (né en 1972), A Freak in Burbank (2008). Edvard Grieg (1843-1907), Concerto pour piano en la mineur, op. 16 (1870), en trois mouvements. Jean Sibelius (1865-1957), Symphonie n° 6 en ré mineur, op. 104 (1923), en quatre mouvements. Chamber Orchestra of Europe. Piano : Alice Sara Ott. Direction musicale : Thomas Dausgaard.

alice sara ottLes performances du en résidence à Dijon sont toujours égales dans la catégorie « Excellence », mais il est intéressant d’observer comment cet ensemble sait s’adapter aux tempéraments des différents chefs qui le font travailler.

Ce concert pourrait être placé sous le signe du combat, ou, mieux encore, de la foi en la communication par la musique, car les deux œuvres pour orchestre et le concerto de Grieg sont remplis de cette force de conviction qui ne peut que plaire au public : celui-ci est totalement acquis à cette cause à la fin du spectacle, au point d’applaudir avant la fin du dernier accord !

Cette saison nordique nous permet de découvrir , jeune compositeur suédois présent dans la salle ; sa pièce A Freak in Burbank est réellement étourdissante : nerveuse, quasiment diabolique, elle fait allusion, dixit son auteur, à la fois à Tim Burton cinéaste original, et à Joseph Haydn. Cette composition qui conserve l’effectif symphonique du compositeur du XVIIIe siècle, utilise surtout les compétences des cordes, mais d’une façon contemporaine : traits incisifs avec peu d’archet, rafales de pizzicati, virtuosité dans des traits improbables. A la manière du compositeur autrichien, quelques beaux soli de bois émaillent le propos. Le dynamisme du chef sert admirablement celui-ci, et laisse l’impression d’une pièce fermement écrite.

est sans aucun doute une virtuose exceptionnelle : sa technique est sans défaut, les difficultés inhérentes au Concerto en la mineur le démontrent assez. Son interprétation reflète une personnalité volontaire et engagée qui sert assez bien le caractère romantique de cette œuvre. Cette frêle jeune femme aux pieds nus, très séduisante, cache une détermination et une force étonnante, on aimerait parfois plus de douceur et moins d’apprêt dans l’expression des rubato ; mais il est vrai qu’il y a une logique et une cohérence certaines entre les réponses de l’orchestre et le piano, et le caractère emporté et vigoureux domine largement.

On est charmé par la fraîcheur de la symphonie de Sibelius, que le compositeur qualifiait lui-même de « pure eau de source ». Le début exploite avec poésie les cordes aigües, et la transparence de l’interprétation laisse admirer les lignes mélodiques qui s’entrecroisent, notamment dans les gammes de l’allegro moderato. Les soli des bois renforcent avec bonheur le côté bucolique et l’aspect d’un tableau au pastel que suggère toute l’œuvre. conduit cette symphonie tambour battant, en en faisant un récit qui se déroule sans accrocs avec des rebondissements heureux : on reçoit avec joie ce bonheur qui promet une fin de soirée optimiste !

Crédit photographique : © www.alice-sara-ott.com

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Dijon, Auditorium, 17-I-2014. Albert Schnelzer (né en 1972), A Freak in Burbank (2008). Edvard Grieg (1843-1907), Concerto pour piano en la mineur, op. 16 (1870), en trois mouvements. Jean Sibelius (1865-1957), Symphonie n° 6 en ré mineur, op. 104 (1923), en quatre mouvements. Chamber Orchestra of Europe. Piano : Alice Sara Ott. Direction musicale : Thomas Dausgaard.

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