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L’Amérique du 20e siècle à La Folle Journée de Nantes

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Le 20e anniversaire de La Folle Journée de Nantes, qui s’est déroulé du 29 janvier au 2 février (du 24 au 26 janvier dans les 10 villes en région), a été célébré par un grand panorama du 20e siècle américain sous le thème : « Des canyons aux étoiles ». Avec un taux de fréquentation à 97 % (144.468 billets délivrés sur 150.000 disponibles), c’est le 2e plus grand grand succès de l’histoire du festival après l’édition consacrée à Chopin (98 %). L’appréhension liée à la programmation extrêmement audacieuse s’est évanouie dès l’ouverture de la billetterie, avec un nouveau public constitué de jeunes.

Marc ROGERCe rajeunissement du public est la répercussion directe de la programmation organisée autour de 4 axes : Les racines du nouveau continent (chanson traditionnelle et héritage européen, avec Foster, Ives, Gershwin ; puis, Bernstein, Cage, Reich, Glass, Adams…) ; Les Etats-Unis terre d’accueil (des musiciens européens réfugiés ou immigrés en Amérique comme Dvorák, Rachmaninov, Prokofiev, Korngold, Stravinsky, Schoenberg…) ; Les institutions américaines comme maître d’ouvrage (commandes des institutions américaines : Ramifications de Ligeti, Symphonie de Psaumes de Stravinsky, Métaboles de Dutilleux, Des Canyons aux Etoiles de Messiaen, œuvres de Berio, Pärt, Murail…) ; et le cinéma (Korngold, Herrmann, Mancini…). Avec, en complément, du jazz, du negro-spiritual, du blues, des comédies musicales.

Ce qui a caractérisé le plus cette édition est certainement le nombre très important des pièces et des compositeurs très rarement voire jamais joués en France. On a pu entendre par exemple (1867-1944. Extraits de Four Sketches op. 15 et The Hermit Thrush at Morn op. 92 n° 2 par Etsuko Hirose et Deux pièces op. 102 par ) ; Quatuor à cordes n° 3 en la mineur op. 33  d’Ernö Dohnanyi (1877-1960) par le  ; Extraits des Prélude op. 10 à 13 d’Abram Chasins (1903-1987) par le jeune pianiste allemand Joseph Moog ; des œuvres chorales de (né en 1957. Oh Graveyard, Evening Morning Day, For Love is Strong…) par Vox Clamantis ; The Ambient Air de Louise Talma (1906-1996) par J. Hurel (flûte), A. Tomescu (violon), H. Demarquette (violoncelle) et M.-C. Girod (piano) ; Le Ballet mécanique de de George Antheil (1900-1959) pour le film de Fernand Léger et Dudley Murphy, avec la participation de Man Ray, « premier film sans scénario », avec quatre pianos et autres instruments sur scène, n’avait pas été présenté depuis de très longues années.

Marc ROGERNous avons également découvert des facettes inconnues de certains musiciens souvent avec surprise, étonnement et émerveillement. Ainsi, , connu pour son interprétation de Liszt, propose un récital « américain » éminemment virtuose (The Sanctuary de Jósef Hofmann 1876-1957 ; Sonate op. 26 de 1910-1981 ; et Un Américain à Paris de 1898-1937 arrangé par William Merrigan Daly 1887-1936). La pianiste japonaise Etsuko Hirose, au jeu très fin et délicat, libère une énergie tout à fait inattendue dans The Alcotts de (1874-1983) et dans la Sonate n° 1 op. 22 de Alberto Ginastera (1916-1983). Avec Different Trains de (1936-), musique minimaliste comportant une partie enregistrée, le ouvre un nouvel horizon dans son répertoire. Romain Guyot et présentent eux aussi un nouveau visage en interprétant le Concerto pour clarinette, respectivement d’ (1910-2004) et d’ (1900-1990). , infatigable ambassadrice des pièces méconnues, essentiellement françaises, aborde des compositeurs américains aux styles fortement influencés par le postromantisme et par Debussy, (Three Tone Pictures op. 5 de , 1884-1920 ; Etude de concert op. 36 d’ 1960-1908 ; Cinq pièces op. 6 d’Arthur Foote, 1853-1937).

C’est aussi l’occasion de découvrir ou mieux connaître de jeunes interprètes : si Rémi Geniet, Francesco Tristano, le Quatuor Tana ou le Trio Les Esprits sont déjà familiers pour les mélomanes, des noms tels que Joseph Moog et (piano), (violon) (violoncelle), entre autres, sont à peine connus en France.

N’oublions pas les interprètes venus directement d’Amérique : La jeune violoniste Tai Murray fascine la salle dans un programme de musiques répétitives (Cage, Adams, Copland, Bernstein avec Shani Diluka au piano) et dans Sérénade pour violon et orchestre de Bernstein avec l’Orchestre Poitou Charentes dirigé par Jean-François Heisser ; le musicien électro mexicain travaille sur le son et la sonorité en transformant en direct ceux du piano interprété par Vanessa Wagner (Cage, Adams, Glass, Morton Feldman 1926-1987) ; le quatuor vocal propose une autre approche musicale avec « Barber Shop », lieu social et convivial où les hommes pratiquent un ensemble vocal en se faisant coiffer. , sous la direction de Everett MacCorvey, provoque un électrochoc avec ses negro spirituals. En effet, lors du concert final, les musiciens font chanter toute la salle dans une vaste explosion de joie.

Marc ROGERPendant que se déroulent tous ces concerts dans les différentes salles, des orchestres d’harmonie ou des élèves de conservatoires de la région exécutent, dans le grand hall baptisé pour l’occasion « Central Park », des standards comme West Side Story, Star Wars ou des numéros de ou de Gershwin.

Voici un panorama rapidement brossé de la Folle Journée américaine, d’une telle densité (227 concerts payants et 34 gratuits ainsi que 47 conférences et 20 concerts hors les murs par 1800 artistes) qu’il a fallu laisser de côté de nombreux concerts. L’année prochaine, on remontera le temps, en revenant à l’année 1685, celle de la naissance de Jean-Sébastien Bach, de Georg Friedrich Haendel et de Domenico Scarlatti.

Crédit photo : Central Park, Ballet mécanique, © Marc Roger

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Le 20e anniversaire de La Folle Journée de Nantes, qui s’est déroulé du 29 janvier au 2 février (du 24 au 26 janvier dans les 10 villes en région), a été célébré par un grand panorama du 20e siècle américain sous le thème : « Des canyons aux étoiles ». Avec un taux de fréquentation à 97 % (144.468 billets délivrés sur 150.000 disponibles), c’est le 2e plus grand grand succès de l’histoire du festival après l’édition consacrée à Chopin (98 %). L’appréhension liée à la programmation extrêmement audacieuse s’est évanouie dès l’ouverture de la billetterie, avec un nouveau public constitué de jeunes.

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