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Le dernier concert de Claudio Abbado

À emporter, CD, Musique symphonique

Anton Bruckner (1824-1896) : Symphonie n°9 en ré mineur. Orchestre du Festival de Lucerne, direction : Claudio Abbado. 1 CD Deutsche Grammophon 479 3441, code barre 0 28947 93441 7. Enregistré en concert à Lucerne les 23, 24 et 26 août 2013. Durée : 63:09

 

bruckner_9_abbadoLorsque salue le public le 26 août 2013 au terme de trois soirées où il a dirigé « son » dans l’Inachevée de Schubert en sorte de préambule à la Symphonie n°9 d’, il ne pense pas qu’il vient d’achever ainsi son immense carrière. La maladie l’empêchera de poursuivre ses multiples projets, il décèdera le 20 janvier 2014.

Qu’une œuvre testamentaire telle que la Symphonie n°9 de Bruckner soit la conclusion d’une telle carrière (lire notre hommage  et le coffret symphonique en 41 CDs de DG) est évidemment un évènement artistique et médiatique en soi. Et si Deutsche Grammophon ne s’était pas montré intéressé à publier la très réussie Symphonie n°1 de Bruckner par les mêmes interprètes (1 CD Accentus Music), le label n’a pas voulu manqué l’occasion d’ores et déjà historique que représentait cette publication.

Réalisé à partir des trois concerts publics qui se sont tenus les 23, 24 et 26 août, cet enregistrement fait partie de ces ultimes concerts qui sont la culmination d’une carrière de maestro par l’émotion qu’ils dégagent et la parfaite affinité entre le répertoire, les musiciens et leur chef. Un autre exemple récent est le Requiem de Berlioz par Colin Davis (2 SACDs LSO Live, Clef d’Or ResMusica 2013).

Alors que Wilhelm Furtwängler à la tête de l’Orchestre Philharmonique de Berlin en 1944 donne à entendre la fin de la civilisation européenne dans une interprétation insurpassée par sa violence cataclysmique et sa hauteur métaphysique (1 CD Société Wilhelm Furtwängler ou Music & Arts, de préférence à l’édition DG au son étouffé), transmet une expérience intime où l’on ressent son vécu d’homme confronté à la maladie et à la mort et qui pourtant s’accomplit jusqu’au bout dans une aventure – la musique – qui le dépasse. se réalise ainsi avec ses musiciens une dernière fois, et l’orchestre lui répond avec une dynamique et une clarté instrumentale magnifiques. De Furtwängler à Abbado, deux époques, deux approches, une même démonstration de la force transcendante et collective de cette musique. Une leçon de vie par la musique.

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