Requiem de Mozart à Notre-Dame

Concerts, La Scène, Musique d'ensemble

Paris, cathédrale Notre-Dame de Paris, 24-IX-2014. Wolfgang Amadeus Mozart : Misericordias domini K. 222. Ave Verum K.618. Requiem K.626. Henryk Górecki, Totus Tuus. Andreea Soare, Soprano. Agata Schmidt, mezzo soprano. Oleksiy Palchykov, ténor. Andriy Gnatiuk, basse. Southbank Sinfonia Orchestra. Maîtrise Notre-Dame de Paris. Direction : Lionel Sow.

sowÀ la cathédrale Notre-Dame de Paris, c’est lors du commencement de la nouvelle saison que l’on saluait la fin d’une longue collaboration : celle du chœur de la maîtrise avec le chef . Ensemble, ils ont offert une interprétation du Requiem de Mozart fine et subtile, à laquelle manquait cependant un brin de panache.

Ouverture de saison, cérémonie, hommage : ce moment de musique s’ouvrait ainsi sous les tristes auspices de l’annonce de la mort de l’otage français en Algérie. C’est avec émotion que le Recteur-Archiprêtre de la cathédrale Notre-Dame de Paris, dans quelques mots d’introduction, lui dédiait le Requiem.

L’interprétation de l’œuvre phare de Mozart fut globalement convaincante et solide, sans réserver néanmoins de grandes surprises. L’orchestre londonien , plutôt discret, laissa la part belle au chœur. On se régale particulièrement des parties lentes, telle l’Ave Verum qui ouvrait le concert avant de laisser place au Requiem : une immense délicatesse, un recueillement nu, lisse et parfait comme un monument de pierre, renonçant à une emphase dont l’œuvre n’a de toute façon nullement besoin. La direction de semble, à raison, renoncer à tout excès de pathos, ce que le chœur a rendu à merveille grâce à une complicité manifeste avec son chef. Un choix que n’ont pourtant pas suivi tous les quatre solistes de l’Atelier lyrique de l’Opéra de Paris : la soprano et le ténor était très clairement du côté de l’opéra, avec un grain de voix très vibré et chargé de couleurs presque verdiennes. On salue la belle performance d’Andriy Gnatiuk pour la partie de basse, avec un rendu très sonore mais jamais forcé.

Après ce beau, mais un peu sage, Requiem, l’étonnement résulta sans doute davantage du choix du programme : ne pas conclure en apothéose sur les derniers accords glorieux de ce tube intemporel qu’est devenu le Requiem, mais par une œuvre de Górecki. Une audace rare — celle de terminer un tel concert par une œuvre contemporaine —que de nombreux spectateurs comptaient bien bouder, puisqu’une grande partie d’entre eux était déjà sur le chemin de la sortie lorsque les premières notes de Tutus Tuus, chant à capella, ne captivent l’assemblée toute entière. Les spectateurs pressés se sont arrêtés sur leur route, comme pris par ce chant délicieusement modal et archaïsant qui s’accordait si bien avec l’endroit, d’une pureté et d’une simplicité poignante.

Une belle rencontre entre une œuvre des plus célèbres du répertoire et la relève, encore trop méconnue, du XXIe siècle.

Crédit photographique : Lionel Sow © Eric Mangeat

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