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L’art sublime de Fauré servi au mieux par le Quatuor Giardini

À emporter, CD, Musique de chambre et récital

Gabriel Fauré (1845-1924) : Quatuor avec piano n° 1, op. 15. Mel Bonis (1858-1937) : Quatuor avec piano n° 1, op. 69. Quatuor Giardini. 1 CD Evidence Classics. Réf. : EVCD004, code barre : 3 149028 062328. Enregistré à l’Arsenal de Metz en décembre 2013. Notice trilingue (français-anglais-japonais). Durée : 55’15

 

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fauré_giardiniLes premiers Quatuors avec piano de et bonifiés par la lecture du .

Le Premier Quatuor pour piano et cordes de fut élaboré, non sans difficultés, sur une longue période puisqu’il le commença en 1876 pour ne l’achever qu’en 1879. Sa création se déroula le 14 février 1880 à la salle Pleyel lors d’un concert de la Société nationale. A cette époque il venait de découvrir la musique de Richard Wagner (La Tétralogie). Toutefois, les auditeurs contemporains de sa présentation publique furent particulièrement frappés à la fois par le charme de ses longs thèmes, effectivement de toute beauté, et par sa négociation personnelle, subtile et élastique constante au profit d’une écriture ductile et voluptueuse tout au long de ses quatre mouvements. Qu’il suffise de rappeler combien ce Quatuor op. 15 se trouvait en accord parfait avec ces mots du musicologue Emile Vuillermoz selon lesquels : « Fauré obtient ainsi une étoffe d’une richesse et d’une somptuosité rares ». De toute urgence, il faut soit découvrir ce chef-d’œuvre soit le retrouver dans cette interprétation que l’on peut considérer comme une généreuse invitation à venir partager.

La seconde partition revient à Mélanie « Mel » Bonis, une des rares compositrices à avoir pu s’exprimer, en dépit de l’extrême musèlement des velléités d’expression personnelle des femmes. À côté d’un parcours socio-familial traversé d’obstacles incessants, a livré un certain nombre de musiques méritoires et méritantes et de plus, souvent séduisantes. Cette habile condisciple de Debussy au conservatoire composa son Quatuor pour piano et cordes n° 1, son opus 69, entre 1900 et 1905, soit à l’âge de quarante ans. Lorsqu’il le découvrit en création, Camille Saint-Saëns, misogyne bien connu, ne put s’empêcher de reconnaître : « Je n’aurais jamais cru qu’une femme fut capable d’écrire cela. Elle connaît toutes les roueries du métier. » Là encore le fournit un beau travail d’interprétation en soulignant, avec un dosage parfait, les qualités de cette musique souvent teintée de nostalgie (Andante) mais aussi ailleurs capable de communiquer l’enthousiasme et la lumière (Finale. Allegro ma non troppo). Deux reflets précieux d’une époque culturelle éblouissante.

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