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La Tonhalle de Zurich en tournée européenne

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Lyon. Auditorium. 28-II-2015. Sergueï Rachmaninov (1873-1943) : Concerto pour piano n°3 en ré mineur op.30 ; Igor Stravinsky (1882-1971) : L’Oiseau de feu (suite de 1919) ; Maurice Ravel (1875-1937) : La Valse, poème chorégraphique pour orchestre. Yuja Wang, piano ; Orchestre de la Tonhalle de Zurich, direction : Lionel Bringuier.

TonhalleGrâce à l’orchestre de la , emmené par la baguette de , musique russe et musique française se conjuguent en une soirée fulgurante.

C’est le rêve, à peine avouable, de tout critique : un concert où coïncideraient la qualité musicale du programme, le professionnalisme des instrumentistes, la profondeur de l’interprétation des œuvres, et l’enthousiasme du public. Cette invraisemblable conjonction d’astres, un orchestre invité l’a fait advenir à Lyon ; on aurait peine à décrire l’euphorie qui s’est emparée de la salle de l’Auditorium, où peu de sièges demeuraient vides, après les dernières notes de La Valse de Ravel. Une musique, dira-t-on, dont les vigoureux élans sont propres à susciter l’exaltation – encore faut-il que la réalisation en soit parfaite. Et ce soir, malgré un tempo délibérément nerveux, nulle excessive volonté d’éblouir n’a altéré la rigueur de l’orchestre de la ; bien au contraire, des grondements introductifs au cataclysme final, tous les choix musicaux ont été conformes à l’esprit de l’œuvre, jusqu’aux désinences mêmes des phrases les plus ordinaires, toujours soignées, toujours précises, et surtout, délicieusement décadentes.

L’inspiration de l’orchestre et de son chef débordant d’énergie n’était pas moins patente dans la deuxième suite extraite de L’Oiseau de feu, qui a fort heureusement apporté des instants d’apaisement. Plus encore que la Danse des sujets du roi Kachtcheï, presque trop étourdissante, c’est la Berceuse qu’on se rappelle (avec son merveilleux solo de basson), ou encore la Ronde des princesses : ces deux numéros ont permis d’apprécier aussi le coloris de l’orchestre, la variété de sa palette de nuances aussi bien que son art de l’évocation.

La première partie de la soirée était consacrée au « Rach 3 », avec en vedette. En résidence à Zurich cette année, elle accompagne l’orchestre dans sa tournée française, allemande et autrichienne. Son interprétation du concerto, même si elle n’échappe pas entièrement au reproche, habituel tant cette pièce est redoutable, de manquer de puissance (surtout dans le développement du premier mouvement), réserve toutefois d’excellents moments. semble en effet posséder un don spécial pour le scherzando, auquel contribue bien sûr son agilité technique : grâce et malice sont deux belles qualités de son jeu. Consciente de cette prédilection esthétique, elle n’a pas hésité à faire le choix de la « petite » cadence, qui est aussi légère et bondissante que l’autre (la première qu’avait composée Rachmaninov) est majestueuse. Un bis dans le style jazz a confirmé le goût de la pianiste, original et prometteur, d’une musique facétieuse, loin de tout snobisme corseté.

Crédit photographique : L’orchestre de la Tonhalle répète à l’Auditorium © DR

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Lyon. Auditorium. 28-II-2015. Sergueï Rachmaninov (1873-1943) : Concerto pour piano n°3 en ré mineur op.30 ; Igor Stravinsky (1882-1971) : L’Oiseau de feu (suite de 1919) ; Maurice Ravel (1875-1937) : La Valse, poème chorégraphique pour orchestre. Yuja Wang, piano ; Orchestre de la Tonhalle de Zurich, direction : Lionel Bringuier.

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