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Capriccio Stravagante virtuose en trio au festival Terpsichore

Festivals, La Scène, Musique de chambre et récital

Paris. Salle Érard. 21-XI-2015. Œuvres de Marchetto Cara (1465?-1525?), Bartolomeo de Selma y Salaverde (1595?-1638?), Giulio Caccini (1551-1618), Diego Ortiz (1510?-1570?), Cipriano de Rore (v. 1540-v. 1578), Girolamo dalla Casa (15..-1601), Pierre Sandrin (1490?-1561?), Giovanni Battista Spadi (actif entre 1610 et 1640), Marin Marais (1656-1728) et Johann Sebastian Bach (1685-1750). Capriccio Stravagante Trio : Julien Martin, flûte à bec ; Josh Cheatham, basse de viole ; Skip Sempé, clavecin.

Terpsichore2015-21nov15-3754-┬®MassimoPolvaraSuite du festival baroque Terpsichore, avec un concert de en formation trio, autour des virtuoses itinérants. Une notion bien floue, prétexte à un moment musical des plus agréables.

Quand on se plonge dans la biographie des compositeurs de la Renaissance et de l’époque baroque, on constate aisément que rares sont ceux qui n’ont pas exercé leur art dans plusieurs villes ou pays. Le thème du concert, « les virtuoses itinérants », a ainsi du mal à faire sens, surtout sans aucune explication ou note d’intention dans le programme.

Une première partie est consacrée à des pièces italiennes du XVIe siècle et de la première moitié du XVIIe. Plusieurs configurations, du clavecin seul au trio, pour plusieurs types d’œuvres : madrigaux mis en musique, comme le très vocal Ben qui si mostra’l ciel de Girolamo dalla Casa d’après Cipriano de Rore, variations sur un thème connu, comme celles de sur Doulce mémoire, canzonas, sans oublier les Recercadas (« ricercari » en bon français) d’Ortiz. Les trois musiciens forment un ensemble remarquable, donnant l’impression d’une tranquille virtuosité et d’une grande intelligence du discours musical. Skip Sempé concilie parfaitement liberté du jeu et solidité du continuo. , à la flûte à bec renaissance soprane puis alto, est remarquable dans sa capacité à enchaîner les ornements sans perdre la phrase (ainsi dans le Vestiva i colli de Selma y Salaverde) et à jouer les diminutions avec naturel. Le son est beau, sans abuser du vibrato. Quant à , il s’illustre par un jeu paraissant parfois presque sans effort, précis et fluide.

En deuxième partie, le gambiste et le claveciniste restent en scène pour une suite en sol mineur de , extraite du Livre 5. Un peu discrète par rapport au clavecin dans le prélude, la viole est plus présente mais d’une manière presque martiale dans l’allemande, et un peu rude dans la gigue « La Pagode ». Beaucoup de finesse et de sensibilité dans la sarabande, mais le rythme si particulier de la danse ne transparaît presque pas. Le son de est très beau, le jeu très juste, et le caractère inégal si bien rendu qu’on ne le perçoit pas de prime abord.

rejoint ses compères pour la dernière partie, la sonate pour flûte de Bach BWV 1035, transcrite à la tierce. Là aussi l’ensemble est très bon, dans une partition qui laisse peu de liberté aux interprètes. Le son plus plein de la flûte à bec alto baroque convient parfaitement à l’œuvre, et lui confère une certaine gravité à laquelle la flûte traversière ne nous avait pas habitués.

Une prestation de haute volée, à la Salle Érard, cadre parfait pour la musique de chambre.

Crédits photographiques : Josh Cheatham, Julien Martin et © Massimo Polvara

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