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A Nice Jacques Lacombe offre une Mer haute en couleurs

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Nice, Opéra Nice Côte d’Azur ; 4-XII-2015. Paul Dukas (1865-1935) : La Péri ; Béla Bartók (1881-1945) : Concerto pour alto ; Maurice Ravel (1975-1937) : La Valse ; Claude Debussy (1862-1918) : La Mer. Magali Prévot, alto ; Orchestre philharmonique de Nice, direction : Jacques Lacombe.

J.LACOMBE

et l’ : une collaboration très prometteuse, qui, espérons-le, perdurera malgré le triste horizon politique qui se profile.

Après une brève allocution de qui signait ici sa troisième collaboration avec l’, le concert s’est ouvert sur La Péri, un ballet que Dukas composa à la demande de Diaghilev et qui fut créé un an à peine avant le scandale du Sacre du Printemps. Restée dans l’ombre du célèbre Apprenti Sorcier (1897), cette œuvre étonnante est le fruit d’un mariage improbable (on y retrouve l’influence debussyste mêlée à quelques réminiscences wagnériennes) qui n’est pourtant pas dénué d’intérêt.

Malheureusement, depuis le parterre, le résultat s’avère déstabilisant : outre quelques imprécisions, l’orchestre ayant mis un certain temps à trouver ses marques, les pupitres se juxtaposent plus qu’ils ne fusionnent, si bien que la dimension coloriste de l’œuvre en est sérieusement amoindrie. On se montrera toutefois magnanime, l’acoustique de ce théâtre à l’italienne n’étant sans doute pas étrangère à ce problème.

Venait ensuite l’emblématique Concerto pour alto de , qui, disons-le franchement, nous laissa un peu sur notre faim. De façon surprenante, Magali Prévot ne paraissait pas des plus à l’aise dans son rôle de soliste, un certain relâchement se faisant parfois sentir entre ses interventions qui elles-mêmes, auraient mérité un engagement plus palpable, ou du moins une assurance renouvelée. En conséquence, l’orchestre n’a pas pu éviter quelques décalages – minimes, certes – et en dépit d’un deuxième mouvement expressif, où la soliste, menant l’ensemble des musiciens, offrit un réel moment de poésie, on est ressorti avec l’impression persistante que l’alchimie, ce soir-là, n’était pas au rendez-vous. C’est d’autant plus curieux que Magali Prévot – super-soliste de l’orchestre philharmonique – jouit d’une solide technique et d’une expérience qui lui permettraient tout à fait de saisir l’œuvre à-bras-le-corps : souhaitons-lui que ce soit le cas une prochaine fois.

La seconde partie, résolument française, permit à l’orchestre de déployer pleinement ses potentialités (d’autant plus perceptibles que le second balcon révéla une acoustique beaucoup plus appréciable) : après une version contrastée et sans mièvrerie de La Valse qui dévoila une grande homogénéité entre les différents pupitres, le programme se terminait en beauté avec La Mer de Debussy. D’une direction souple, presque dansante, parfois prolixe mais jamais incohérente, Jacques Lacombe a su éviter avec habileté l’écueil ô combien courant de l’imprécision, veillant au contraire à ce que les couleurs mouvantes ne nuisent jamais à l’intelligibilité des phrasés ou à la clarté des attaques, notamment celles des cuivres et des bois – irréprochables.
Le fameux adage « le meilleur pour la fin » ne pouvait donc trouver meilleure application et le public n’a pas boudé son plaisir.

Crédit photographique : Jacques Lacombe © ostr.ca

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Nice, Opéra Nice Côte d’Azur ; 4-XII-2015. Paul Dukas (1865-1935) : La Péri ; Béla Bartók (1881-1945) : Concerto pour alto ; Maurice Ravel (1975-1937) : La Valse ; Claude Debussy (1862-1918) : La Mer. Magali Prévot, alto ; Orchestre philharmonique de Nice, direction : Jacques Lacombe.

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