Albert Roussel et Bohuslav Martinů magnifiquement servis par Jakub Hrůša

Concerts, La Scène, Musique symphonique

Paris. Maison de la Radio, auditorium. 8-I-2016. Bohuslav Martinů (1890-1959) : Double concerto pour deux orchestres à cordes, piano et timbales H. 271 ; La Bagarre (Vrava) H 155. Albert Roussel (1869-1937) : Bacchus et Ariane, suite n° 2 (Acte II) ; Symphonie n° 3 en sol mineur op. 42. Pierre Boulez (1925-2016) : Domaines, version pour clarinette seule. Nicolas Baldeyrou, clarinette. Orchestre Philharmonique de Radio France, direction : Jakub Hrůša.

HRUSA Jakub 2013 (Crédit Prague Philharmonia)_0Un programme intelligent, rapprochant le maître, , et l’élève, , et une direction musicale d’une belle vitalité mais aussi très précise : ce concert dédié à deux compositeurs trop peu joués a été servi par un Philharmonique de Radio France en grande forme sous la direction inspirée du jeune chef tchèque .

Le concert s’est ouvert sur un hommage à tout récemment disparu : une interprétation par , clarinette solo de l’orchestre, de la pièce Domaines ici donnée dans sa version pour clarinette seule, le soliste évoluant entre six pupitres où sont disposés les six « Cahiers » de la partition de .

Dispositif assez particulier aussi pour le Double Concerto de Martinů : deux ensembles de cordes répartis à droite et à gauche du chef, un piano dont l’exécutant lui fait face et le groupe des timbales à côté du piano. Commande de , composée en 1938, c’est une œuvre en trois séquences vif-lent-vif qui s’ouvre par un premier mouvement très dynamique, spectaculaire même. Dès cet instant, on peut admirer la direction de (né en 1981) dont la gestique allie à la fois une très grande précision dans les indications et un caractère presque dansé. On a souvent l’impression de voir sortir la musique de ses mains !

Après le disciple, le maître. C’est une des œuvres les plus connues d’ qui est donnée ce soir : Bacchus et Ariane composée entre 1930 et 1933. Elle demande un orchestre très complet avec cor anglais, contrebasson, tuba, célesta et permet d’admirer de nouveau la direction précise et vivante du chef. Les fortissimi sont éclatants et la magnifique texture orchestrale d’Albert Roussel est très lisible et bien mise en valeur.
Retour à Martinů, pour une brève Bagarre, écrite « en souvenir de Lindberg au Bourget » (même si la pièce est en fait légèrement antérieure, puisque composée en 1926). C’est sans doute le caractère héroïque de sa partition, aux structures et rythmes puissants, que le compositeur a voulu ainsi souligner.

Le concert s’achève en feu d’artifice par la très belle Troisième Symphonie d’Albert Roussel, trop peu donnée au concert alors qu’elle est de nature à faire briller un orchestre : ici le Philharmonique de Radio France dont Jakub Hrůša fédère les musiciens en une véritable fête sonore. Plusieurs solistes de l’orchestre brillent, notamment la flûte, le hautbois et le violon solo d’Amaury Coeytaux. Il faut enfin rendre hommage au timbalier, très sollicité et brillant dans les quatre œuvres du programme.

Crédits photographiques : © Prague Philharmonia

Banniere-ClefsResmu-ok

Mots-clefs de cet article
Reproduire cet article : Vous avez aimé cet article ? N’hésitez pas à le faire savoir sur votre site, votre blog, etc. ! Le site de ResMusica est protégé par la propriété intellectuelle, mais vous pouvez reproduire de courtes citations de cet article, à condition de faire un lien vers cette page. Pour toute demande de reproduction du texte, écrivez-nous en citant la source que vous voulez reproduire ainsi que le site sur lequel il sera éventuellement autorisé à être reproduit.