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Munich célèbre Chostakovitch par Jansons

Concerts, La Scène, Musique symphonique

Munich. Philharmonie. 12-II-2016. Bohuslav Martinů (1890-1959) : Mémorial pour Lidice; Dmitri Chostakovitch (1906-1975) : Symphonie n° 7 op. 60. Orchestre Symphonique de la Radio Bavaroise ; direction : Mariss Jansons.

mariss jansons DROn sait que , avec ses orchestres successifs, a enregistré l’une des principales intégrales des symphonies de Chostakovitch (chez EMI). Depuis la fin de cette grande entreprise, il n’est pas pour autant passé à autre chose et continue activement à parcourir ce répertoire. Le public de Munich connaît l’importance de cette relation au long cours et a rempli, pour deux concerts successifs, les quelque 2400 places de la Philharmonie de Munich.

Avant d’en venir à la pièce maîtresse de la soirée, a choisi d’interpréter, en guise de « pièce surprise » comme il en a programmé cette saison dans tous ses concerts munichois, une pièce de Martinů presque exactement contemporaine de la Symphonie n° 7 de Chostakovitch et comme elle marquée par l’expérience traumatisante de la seconde guerre mondiale. Le choix programmatique est habile, l’œuvre n’a pas la force de ce qui suit, mais elle mérite d’être connue parmi les réactions musicales à l’horreur nazie.

Arrivés à l’œuvre majeure du programme, Mariss Jansons et l’orchestre de la Radio Bavaroise livrent un concert tel que seul un long partenariat comme le leur, depuis 2003, permet d’atteindre. La force de Jansons, c’est sa maîtrise constante du discours musical au-delà de toutes les ruptures et détours qui caractérisent l’œuvre : il y a chez lui de la réserve dans l’ironie, de l’intensité émotionnelle dans les décibels déchaînés, de la violence dans les plus délicats pizzicati, sans qu’il soit besoin de grands gestes. Et cet orchestre lui offre des soli merveilleux (flûte, hautbois, clarinette !), et des cordes idéales, transparentes sans être éthérées, avec toujours une lumière dans les violons qui prévient efficacement les excès de pathos que certains chefs en quête de sensations fortes infusent dans une telle œuvre au détriment de sa fière dignité. Entre Kirill Petrenko à l’Opéra et Mariss Jansons, le public munichois a décidément bien de la chance avec ses orchestres.

Crédit photographique : Mariss Jansons (c) DR

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