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Spectacle de l’École de Danse de l’Opéra : une belle soirée équilibrée

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Paris. Palais Garnier. 18-IV-2016. Conservatoire, extrait de l’Acte I. Chorégraphie: Auguste Bournonville. Musique: Holger Simon Paulli. Les Forains. Chorégraphie: Roland Petit. Argument: Boris Kochno. Musique: Henri Sauguet. Piège de Lumière. Musique: Jean-Michel Damase. Chorégraphie: John Taras. Ecole de danse de l’Opéra National de Paris. Direction : Elisabeth Platel. Orchestre des Lauréats du Conservatoire ; direction musicale : Guillermo Garcia Calvo.

571770660000000000000001_MEDIUMTrès belle soirée pour cette cuvée du Spectacle de l’École de Danse de l’Opéra National de Paris, qui reste un rendez-vous incontournable annuel pour prendre la température du niveau de l’école et essayer de découvrir les nouveaux talents de demain.

La soirée s’ouvre avec un extrait du Conservatoire de Bournonville. C’est effectivement sage de commencer par cette pièce dont le vocabulaire est un peu étranger à l’école française : tout ne convainc pas tant il s’agit d’affaire de style plutôt que de technique à proprement parler. Ce sont les plus jeunes (le groupe des huit jeunes danseurs) qui, paradoxalement, semblent le plus à l’aise comme si l’empreinte de la rigidité du haut du corps n’avait pas encore entaché leur danse. En effet, les trois solistes, bien que très joliment dansant dans cette noblesse de ton, perdent cette fraîcheur et cette spontanéité qui sont le vocabulaire même de Bournonville.

Placée sous l’idée des allers-retours, cette soirée se poursuit dans un dialogue avec elle-même en proposant Les Forains, désormais bien ancré dans l’histoire de l’École de Danse. Les jeunes danseurs s’y amusent enfin, semblant relâcher la tension de l’épreuve de la première pièce, qui devait leur être bien inconfortable, tant leur plaisir est ici évident. La pièce se prête évidemment à la connivence avec le public ; exposant les vicissitudes du monde forain, sa tristesse profonde oscille avec la nécessité de donner du bonheur à son public : le chemin de croix de tout artiste certainement.

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Enfin, Piège de Lumière ; on ne redira jamais assez le petit bijou qu’est cette pièce où, il y a quelques années déjà brillait un de nos plus grands danseurs actuels. La musique, la chorégraphie, la mise en scène et le sujet sont en adéquation totale pour faire une pièce provoquant de fortes émotions en lien avec une poésie ineffable. On perçoit déjà les danseurs au potentiel énorme, à la technique assurée et qui embrasent la scène en un rien de temps.
Finalement, cette soirée aura ressemblé, toutes proportions gardées, à ce qu’est actuellement la compagnie de l’Opéra : un rien scolaire et poussive dans l’académique et qui semble trouver ses repères et sa définition dans le néoclassique.

Crédits photographiques : Les Forains ; Piège de Lumière © Francette Levieux/ Opéra National de Paris

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Paris. Palais Garnier. 18-IV-2016. Conservatoire, extrait de l’Acte I. Chorégraphie: Auguste Bournonville. Musique: Holger Simon Paulli. Les Forains. Chorégraphie: Roland Petit. Argument: Boris Kochno. Musique: Henri Sauguet. Piège de Lumière. Musique: Jean-Michel Damase. Chorégraphie: John Taras. Ecole de danse de l’Opéra National de Paris. Direction : Elisabeth Platel. Orchestre des Lauréats du Conservatoire ; direction musicale : Guillermo Garcia Calvo.

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