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Raretés schubertiennes par Christian Gerhaher

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Munich. Prinzregententheater. 25-VII-2016. Munich Opera Festival. Franz Schubert (1797-1828) : An den Mond in einer Herbstnacht D 614 ; Hoffnung D 295 ; Im Jänner 1817 D 876 ; Abschied D 475 ; Herbst D 945 ; Über Wildemann D 884 ; Der Wanderer D 649 ; Der Wanderer an den Mond D 870 ; Der Zwerg D 771 ; Abendstern D 806 ; Im Walde D 834 ; Nach einem Gewitter D 561 ; An die Nachtigall D 196 ; Totengräber-Weise D 869 ; Frühlingsglaube D 686 ; Nachtviolen D 752 ; Abendlied für die Entfernte D 856 ; Wehmut D 772 ; Der Strom D 565 ; Der Hirt D 490 ; Lied eines Schiffers an die Dioskuren D 360 ; Nachtgesang D 314 ; Der Sänger am Felsen D 482. Christian Gerhaher, baryton ; Gerold Huber, piano.

Gerhaher chantant Schubert à Munich, c’est une sorte d’évidence, mais il faut se méfier des impressions de familiarité.

Pour son récital quasi-annuel au Festival d’opéra de Munich, Gerhaher et son pianiste ont choisi un programme à leur image, qui ne recule pas devant les Lieder les plus connus, mais va aussi chercher dans ceux qui ne figurent dans aucune anthologie, dans toutes les périodes de la courte vie de Schubert. Ils ont donné à leur programme le titre d’un Lied célèbre, Nachtviolen, où la contemplation des fleurs – la modeste julienne des dames, non la violette ! – appelle le poète à une mélancolie, leur couleur sombre s’associant à la nuit. Le poète, c’est Johann Mayrhofer, l’un des amis que Schubert a abondamment mis en musique : on a souvent moqué la qualité littéraire toute relative de leurs vers, voire fait de leurs visions poétiques l’incarnation d’un certain sentimentalisme petit-bourgeois, mais ce serait ne rien comprendre à l’œuvre de Schubert que de croire que leur mélancolie, leur lien à la nature, à la nuit, au silence, ne sont pas en harmonie profonde avec les sources intimes de sa musique. Ne serait-ce que comme résistance aux bouleversements du temps, celui de la révolution industrielle et de la réaction metternichienne.

Ce programme, que Gerhaher et Huber ont enregistré il y a quelques années, prend au sérieux ce sentiment du monde et de la nature, avec une première partie particulièrement sombre et une seconde, ouverte significativement par Après l’orage, avec quelques rayons de lumière. Les contraintes du concert obligent parfois à forcer un peu quand le disque est si constamment maîtrisé ; mais l’essentiel n’en est pas menacé, et surtout pas cette éloquence à la fois simple et visionnaire, dont An die Nachtigall est un merveilleux exemple. Il est presque inutile de souligner l’intelligence du travail d’accompagnement de , tant la délicatesse de son jeu modèle précisément chaque atmosphère ; il sait aussi faire la différence entre les Lieder proprement chambristes, où le piano est un alter ego, et ceux qui restent sur une forme plus modeste et traditionnelle d’accompagnement. Un duo unique dans le monde du Lied d’aujourd’hui, par l’égalité de talent entre partenaires, par la modestie que donne le travail acharné, par l’adéquation idéale avec chacune des mélodies qu’ils entreprennent d’interpréter.

Crédit photographique : DR/Bayerische Staatsoper

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Munich. Prinzregententheater. 25-VII-2016. Munich Opera Festival. Franz Schubert (1797-1828) : An den Mond in einer Herbstnacht D 614 ; Hoffnung D 295 ; Im Jänner 1817 D 876 ; Abschied D 475 ; Herbst D 945 ; Über Wildemann D 884 ; Der Wanderer D 649 ; Der Wanderer an den Mond D 870 ; Der Zwerg D 771 ; Abendstern D 806 ; Im Walde D 834 ; Nach einem Gewitter D 561 ; An die Nachtigall D 196 ; Totengräber-Weise D 869 ; Frühlingsglaube D 686 ; Nachtviolen D 752 ; Abendlied für die Entfernte D 856 ; Wehmut D 772 ; Der Strom D 565 ; Der Hirt D 490 ; Lied eines Schiffers an die Dioskuren D 360 ; Nachtgesang D 314 ; Der Sänger am Felsen D 482. Christian Gerhaher, baryton ; Gerold Huber, piano.

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