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L’American Ballet Theatre ressuscite la Belle au bois dormant

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Danse. 4/IX/16. Paris, Opéra Bastille. American Ballet Theatre. La Belle au bois dormant. Chorégraphie : Marius Petipa (1890) et Alexei Ratmansky. Musique : Piotr Ilyitch Tchaikovski. Costumes d’après Léon Bakst. Mise en scène : Alexei Ratmansky. Direction artistique : Kevin McKenzie. Décors : Richard Hudson. Costumes : Richard Hudson. Lumières : James F. Ingalls. Orchestre de l’Opéra national de Paris. Direction musicale : David LaMarche. Avec Hee Soo, Princesse Aurore ; Marcelo Gomes, Prince Désiré ; Devon Teuscher, Fée des lilas ; Nancy Raffa, Carabosse ; les Principals, Solistes et danseurs de l’American Ballet Theatre et avec la participation des élèves de l’École de Danse de l’Opéra national de Paris.

Deux mois après le New York City Ballet, Paris accueille l’autre compagnie de ballet new-yorkaise, l’, avec une reconstitution de La Belle au bois dormant. Cette fastueuse production signée se veut au plus près de la version originale chorégraphiée par en 1890 au Théâtre Mariinsky.

Pour faire revivre le Grand Siècle dans sa version originale, , artiste en résidence à l’ depuis 2009, s’est inspiré de la correspondance entre Petipa et Tchaikovsky, mais aussi de l’étude de la notation du mouvement par Stepanov. Il puise ainsi aux sources même de la dramaturgie et de l’écriture chorégraphique du chorégraphe français. Une version vintage nettoyée des prouesses techniques ajoutées au fil des productions, en Russie comme en Occident. Conçu alors pour des corps plus lourds et moins agiles, la prestation paraît, de ce fait, un peu pauvre, en particulier au premier acte, habitués que nous sommes aux performances physiques et aux superlatifs techniques. Les variations des six fées qui distribuent chacune un don à la Princesse Aurore manquent particulièrement de fluidité et de légèreté, jusqu’à la spectaculaire arrivée de la fée Carabosse dans son char noir et argent, digne du meilleur Walt Disney.

Cette impression est cependant vite effacée par l’excellence du troisième acte, le plus abouti techniquement et par l’ensemble de la production, absolument brillante.

Pour les décors, Alexei Ratmansky et Kevin McKenzie, le directeur artistique de la compagnie, ont scrupuleusement suivi les cartons dessinés par Léon Bakst lors de la création du ballet. Intérieur du palais de style Renaissance aux colonnes torsadées, forêt romantique permettant d’apercevoir au loin les tours d’un château burgrave… C’est la même chose pour les costumes, qui vont des coiffures à la Fontange de la cour de Louis XIV au premier acte aux robes à panier XVIIIe du dernier acte, sans oublier la fantaisie débridée des costumes des autres personnages de . Mention spéciale également à la superbe Fée des Lilas (Devon Teuscher), que n’aurait pas renié l’excentrique Delphine Seyrig mise en scène par dans le film Peau d’Ane. Foisonnante et authentique, cette production puise en effet dans tous les styles voulus par Tchaikovsky et Petipa.

L’American Ballet Theatre relève avec bravoure le défi posé par une production aussi spectaculaire, bien aidé par les élèves de l’École de danse de l’Opéra de Paris, en particulier dans la Valse des fleurs ou les Pages violonistes du deuxième acte. A qui sait attendre, le troisième acte met particulièrement en valeur les danseurs américains, emmenés pour cette troisième représentation de la série par la danseuse d’origine coréenne , en Princesse Aurore à la technique très sûre et par le brésilien , un très altier Prince Désiré. Éblouissants dans le Grand Pas de Deux, ils sont quelque peu éclipsés par le duo de la Princesse Florine et de l’Oiseau Bleu formé par Cassandra Trenary et Gabe Stone Shayer. Elévation, charme, moelleux, ce sont eux qui attirent tous les regards…

Photos : © Ula Blocksage / Opéra national de Paris

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Danse. 4/IX/16. Paris, Opéra Bastille. American Ballet Theatre. La Belle au bois dormant. Chorégraphie : Marius Petipa (1890) et Alexei Ratmansky. Musique : Piotr Ilyitch Tchaikovski. Costumes d’après Léon Bakst. Mise en scène : Alexei Ratmansky. Direction artistique : Kevin McKenzie. Décors : Richard Hudson. Costumes : Richard Hudson. Lumières : James F. Ingalls. Orchestre de l’Opéra national de Paris. Direction musicale : David LaMarche. Avec Hee Soo, Princesse Aurore ; Marcelo Gomes, Prince Désiré ; Devon Teuscher, Fée des lilas ; Nancy Raffa, Carabosse ; les Principals, Solistes et danseurs de l’American Ballet Theatre et avec la participation des élèves de l’École de Danse de l’Opéra national de Paris.

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  • Oliver Smith

    Bakst a conçu les décors pour la version de Diaghilev à Londres et il avait également signé une version pour Ida Rubinstein (aux Etats-Unis je crois)

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