Le L.A. Dance Project fait éclore les projets de Millepied

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Paris. Théâtre des Champs-Élysées. 15-IX-2016. L.A. Dance Project. Quintett (1993). Chorégraphie, scénographie, lumières : William Forsythe, en collaboration avec Dana Caspersen, Stephen Galloway, Jacopo Godani, Thomas McManus et Jone San Martin. Musique : Gavin Bryars (« Jesus’ Blood Never Failed Me Yet »). Costumes : Stephen Galloway. Duets (première européenne) Moon, Star, White. Chorégraphie : Martha Graham. Musique : Cameron McCosh (extraite du documentaire de 1957 sur Martha Graham A Dancer’s world : Martha Graham and her dance company). Helix (première européenne). Chorégraphie : Justin Peck. Musique : Esa-Pekka Salonen. Costumes : Janie Taylor. On The Other Side (création 2016). Chorégraphie : Benjamin Millepied. Musique : Philip Glass. Décors : Mark Bradford. Costumes : Alessandro Sartori. Avec les danseurs du L. A. Dance Project.

À peine délié de ses engagements au Ballet de l’Opéra de Paris, revient à Paris avec un programme éclectique du , sa compagnie contemporaine de création et de répertoire aux dimensions nettement plus modestes.

C’est pour cette structure, modelée à son image, que le chorégraphe a préféré créer son dernier ballet On The Other Side, dont il présente la première française au Théâtre des Champs-Élysées. Musicalité, sens du rythme et sensualité caractérisent ce dernier opus. Avec huit danseurs caméléons totalement adaptables, il crée un hommage à l’œuvre du peintre Mark Bradford, qui signe la toile peinte du décor. Tâches multicolores parfois éclairées comme à la lumière vacillante d’une bougie, ces danseurs s’assemblent en duos ou en trios, avant de former des bouquets jaillissants comme des feux d’artifice. La musique de n’est pas non plus étrangère à la réussite de cette nouvelle pièce jubilatoire.

Le programme mixte que Benjamin Millepied propose à l’occasion de cette création française permet aussi de voir des raretés, comme Duets, trois duos de . Jamais dansés sur une scène européenne, ces duos ont été spécialement adaptés pour la caméra par la chorégraphe en 1957 à l’occasion d’un documentaire sur sa compagnie. On y retrouve des échos lointains de la technique du release et de la dramatisation théâtrale familière de la chorégraphe américaine. Méconnaissables, d’une neutralité physique étonnante, vêtus de tee-shirt en soie légère sur un short ou un académique noir, les danseurs du donnent à ces duos une nouvelle modernité, extrêmement rafraîchissante !

Autre rareté, Helix, de . Fait d’accélérations et de fulgurances, ce ballet compact et intense est une nouvelle pépite du jeune chorégraphe résident au New York City Ballet. Des oppositions, une construction géométrique, des costumes prolongés par des jambières bleues électrique, c’est une forme d’électrochoc.

La soirée s’était ouverte sur Quintett, une pièce de extrêmement inventive et subtilement mélancolique. Sur une ritournelle lancinante de , cinq interprètes d’exception y déploient les élans d’une conversation qui ne s’interrompt jamais. Faisant preuve de fluidité, de poésie et de technicité, ces interprètes hors pair se montrent décidément éblouissants dans ce répertoire contemporain.

Photos : © Laurent Philippe

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