Grand théâtre de la mort du Roi-Soleil par Raphaël Pichon

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Œuvres de Louis Chein (1637-1694), Jean Colin (16..-1694 ?), Michel-Richard de Lalande (1657-1726), Charles d’Helfer (1598-1661), André Danican Philidor (1652-1730) et anonymes.
Céline Scheen, dessus ; Lucile Richardot, bas-dessus ; Samuel Boden, haute-contre ; Marc Mauillon, taille ; Christian Immler, basse-taille. Orchestre et chœur Pygmalion ; Raphaël Pichon, direction. Bertrand Couderc, lumière. Stéphane Vérité, réalisation. 1 DVD harmonia mundi 2018. Enregistré à la Chapelle Royale de Versailles en novembre 2015. Durée :1:41:31

funerailles louis XIV HMImpressionnantes par leur jeu sur les ténèbres et la lumière, tant à l’image que dans les choix musicaux, ces « Funérailles Royales de Louis XIV » témoignent de la grande richesse musicale de la fin du règne.

Ce qui frappe d’emblée le regard et l’écoute, c’est le travail réalisé sur la lumière et sa cohérence avec le traitement des timbres musicaux et leur disposition dans l’espace. On est souvent à la limite de l’obscurité, plus proche du clair-obscur des débuts du baroque pictural que de la lumière du Roi-Soleil. Les effets de la spatialisation étaient d’abord conçus pour les spectateurs, assis comme pour un office dans la Chapelle Royale. Mais la captation tire parti de ces difficultés pour tenter de rendre la magie de ce concert très théâtral. ne cherchait pas une reconstitution historique des obsèques du Roi-Soleil, qui ont donné lieu à de multiples cérémonies, de Versailles à Saint-Denis, du 1er septembre au 23 octobre 1715, mais une évocation esthétique et musicale, à travers des œuvres qui auraient pu accompagner le défunt Louis XIV dans cet imposant cérémonial et suggérer l’émotion saisissante qu’il a pu procurer.

Les moments spectaculaires, comme l’introduction en plain-chant, la magie d’une voix de basse dans l’obscurité d’un balcon, la marche cadencée des percussions éclairées par le portail qui s’entrouvre, les visages des chanteurs magnifiés par les bougies ou la lumière du Dies Irae final, ne l’emportent pas sur la profonde émotion musicale de l’interprétation. Les très belles nuances offertes par les chœurs et l’orchestre sont sublimées par les solistes, , céleste mais incarnée, , à la voix puissante et habitée, , expressif et serein, , beau timbre et phrasé remarquable, , profond et émouvant. Après du plain-chant anonyme, prière qui pose le cadre du cérémonial, le De profundis de Jean Colin offre une polyphonie émouvante. La Marche pour le Convoy du Roy de Philidor relance la théâtralité, puis , également avec un De profoundis, donne l’occasion d’apprécier les différents pupitres de l’orchestre, les chœurs et les solistes. Baignés de douces lumières que l’on doit à , les choristes sont ensuite au service de compositeurs moins connus, Louis Chein ou . Lalande conclut par une musique d’une très grande richesse, qui renvoie au grandiose du règne autant qu’aux ténèbres et à la foi.

L’évolution des configurations musicales, la mise en valeur des solistes comme des choristes, que soulignent des bougies qui ménagent leur part d’ombre, font de la captation de ce concert un spectacle spirituel inattendu.

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