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Josef Keilberth et le romantisme germanique, une adéquation parfaite

À emporter, CD, Musique symphonique

Joseph Keilberth dirige Mozart, Beethoven, Weber, Schubert , Schumann, Wagner, Bruch, Cornelius, Goetz, Brahms, Wolf, Reger, Pfitzner, R. Strauss. Orchestres divers, direction : Joseph Keilberth. 10 CD Profil Hänssler. Enregistrements entre 1940 et 1960 à Bayreuth, Munich, Bamberg, Berlin, Salzbourg. Notice bilingue allemand-anglais. Durée totale : 10:09:24

 

keilberthDouble célébration : on fête le cent-dixième anniversaire de la naissance de (né le 19 avril 1908) et l’on pleure les cinquante ans de sa mort le 10 juillet 1968 lorsqu’il s’effondra dans la fosse de l’Opéra de Munich durant le deuxième acte de Tristan und Isolde.

À soixante ans, un interprète majeur du grand répertoire germanique disparaissait au sommet de son art qui s’était pleinement réalisé dans une ardente collaboration avec le Festival de Bayreuth. Warner a édité voici peu un abondant coffret (22 CD) reprenant toutes les gravures, 78 tours et microsillons, qu’il consentit à Telefunken. L’hommage concocté par Profil y herborise aussi, mais celui que l’art de haute volée de Keilberth interpelle passera sur ces quelques doublons (Suite de Ballet, Variations Hiller de Reger où ses talents de conteur et d’architecte se marient, Inachevée de Schubert, 2e de Brahms orageuse avec Berlin, une Pastorale anthologique avec les bois sudètes des Bamberger) d’autant que le reste des gravures provient de concert épars et pour certains assez rares : si la 9e de Bruckner avec Berlin, désespérément sombre et minérale, est un sommet connu, le Concerto de Schumann avec (son plus bel enregistrement de l’œuvre, Keilberth était un accompagnateur inspirant) et la 4e Symphonie du même avec l’Orchestre de la Radio de Cologne tiennent simplement du génie par leur pouvoir suggestif, leur sens des atmosphères, la tension qu’ils produisent. Magnifique, tout comme les extraits symphoniques tirés des représentations de Bayreuth (Vaisseau fantôme, Tannhäuser, Tétralogie).

Plus rares, les 78 tours remontant à l’époque pionnière où Keilberth présidait aux destinées de la Philharmonie allemande de Prague, qui déjà documentent son amour pour l’œuvre de Reger : leurs Poèmes d’après Böcklin sont magiques, tout comme l’habillage de la Sérénade de Wolf, mais les Préludes de Palestrina, ciselés, sont tout aussi magnifiques et rappellent que Keilberth fut aussi un défenseur acharné du chef d’œuvre de Pfitzner.

Album passionnant, qui fera la paire avec l’hommage officiel de Warner, rendant justice à l’art d’un chef inspiré trop longtemps considéré de ce côté-ci du Rhin comme un honnête Kappelmeister : écoutez son Inachevée de Schubert pour vous en convaincre.

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