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La Batsheva Dance Company prend corps à Chaillot

Danse , La Scène, Spectacles Danse

Paris. Théâtre national de la danse de Chaillot. 16-X-2018. Batsheva Dance Company : Venezuela. Première française. Chorégraphie : Ohad Naharin. Lumières : Avi Yona Bueno (Bambi). Conseil musical : Nadav Barnea. Costumes : Eri Nakamura. Assistant à la chorégraphie et aux costumes : Ariel Cohen. Répétititrice : Natalia Petrovna, assitée de Omri Mischael. Avec Etay Axelroad, Billy Barry, Yael Ben Ezer, Matan Cohen, Ben Green, Chiaki Horita, Chun Woong Kim, Rani Lebzelter, Hugo Marmelada, Eri Nakamura, Nitzan Ressler, Yoni (Yonatan) Simon, Kyle Scheurich, Maayan Sheinfeld, Hani Sirkis, Amalia Smith, Imre Van Opstal, Erez Zohar

Venezuela_30 © AscafPrésente tout le mois d’octobre au Théâtre de Chaillot avec quatre spectacles, la n’a pas oublié de venir de Tel Aviv avec sa dernière création, Venezuela. Un titre énigmatique pour un spectacle sombre et intense.

C’est une pièce de deuil et de combat. De deuil, car elle est sombre et enterre en quelques sortes nos illusions d’occidentaux dans un « No future » assez universel. De combat, car dans sa structure, ses choix musicaux et l’engagement de ses danseurs, elle recèle assez de pugnacité, d’énergie et d’intensité pour vaincre tous les périls. Il semble en tout cas que ce soit le message qu’, le célébrissime Mr Gaga, directeur artistique de la en Israël, veuille faire partager avec ce spectacle, l’un de ses plus aboutis jusqu’alors. La structure du spectacle, construit en trois parties symétriques, s’appuie sur la répétitivité des séquences pour appuyer son propos universaliste et alarmant. Les nations sont-elles menacées ? Allons-nous tous devenir des survivants ?

Pour porter ce message fort et symbolique, les remarquables danseurs de la Batsheva Dance Company, vêtus de noir, reproduisent à deux reprises la séquence initiale du spectacle, d’environ 25 minutes. Cette structure en trois parties semblables n’apparaît, bien évidemment, qu’à l’issue du spectacle, auquel il permet de croître en intensité. L’originalité de chaque séquence réside dans le choix des musiques dominantes, chants grégoriens pour la première, musique d’origine indienne pour la seconde et enfin, moyen-orientale pour la dernière et troisième partie. Avec ces trois inspirations, semble explorer trois spiritualités différentes, chrétienne, bouddhiste et juive ou musulmane. C’est ce qui rend le spectacle à la fois universel et profond, malgré les incursions dans le rap qui amoindrissent la pertinence du propos.

L’autre originalité de ces boucles chorégraphiques, qui pourraient sembler répétitives, repose sur le choix des interprètes. À chaque séquence, les solistes qui interprètent ces phrases de mouvements sont différents. Cela donne lieu à des solos intenses, mis en valeur par des danseurs habités. C’est la grande force de cette compagnie, d’apparence si diverse, mais délibérément engagée.

Crédits photographiques : © Ascaf

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